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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 23 septembre 2009
Sa note : 11/20

LINE UP

-Jonatan Johansson
(guitare+chant)

-Matti Jalava
(guitare)

-Mikko Josefsson
(batterie)

TRACKLIST

1)They Are the Dead
2)Grim Death Awaits
3)Carved in Dead Flesh
4)Through the Throats of Liars
5)Ritual Desecration
6)Obscure Rites
7)Cthonic
8)Eyes Burning Red

DISCOGRAPHIE


Vorum - Grim Death Awaits
(2009) - death metal - Label : Woodcut Records



Le death-metal de la vieille école n'en finit plus d'envahir nos platines. Et en ce moment, on ne peut pas dire que ça soit réjouissant, dans la majorité des cas tout du moins. Cette espèce de pulsion de vouloir sonner « comme les grands anciens », que ça soit la production, les riffs, la façon de chanter ou l'approche générale, semble ne pas perdre sa force quand bien même tout a déjà été dit dans le style. Affirmons-le sans crainte : faire du death old-school de nos jours vous condamne presque certainement à un anonymat implacable. Ce dont Vorum se cogne probablement.

Car faire du death-metal old-school implique une certaine tournure d'esprit sans doute un peu fataliste et une attitude défensive consistant à délivrer - même implicitement - un message du type « ouais, nous sommes old-school donc démodés, mais on s'en fout, on fait la musique qu'on aime et si t'aimes pas c'est le cadet de nos soucis, qu'est-ce qu'il y a, tu as un problème ? Vas-y sors, viens te battre, sale poseur trend amateur de neo-metal de mes deux». Sans rentrer dans cette rhétorique subtile avec Vorum, on peut sans trop de crainte affirmer que le message est similaire avec cette démo de vingt minutes pour huit titres, tant Vorum semble n'avoir aucune considération pour ce qu'il s'est passé dans le monde musical extrême après 1995. La production rappelle Dismember et Entombed, les compositions sont coincées dans le même schéma, même si certains passages lents rappellent presque Bethlehem ou plus récemment - mais c'est aussi un groupe old-school, pas de panique - Hail Of Bullets.

Malgré la faible durée des titres et de l'ensemble de la démo, le groupe ne tombe pas dans le grind abscons en faisant de la musique comme un éjaculateur précoce fait l'amour. Non, ici, les titres sont juste courts, mais pas épileptiques. Certes Vorum affectionne le blast beat et l'énergie, mais reste dans le pré carré du death-metal. Par contre, on l'a dit, Vorum n'hésite pas à mettre un pied dans l'univers doom, lent et pesant, avec ces accords qui s'éternisent comme sur "They Are the Dead", "Eyes Burning Red" ou encore certaines intros. Vorum ne tombe pas non plus dans le black-metal, malgré une pochette qui lui rend clairement hommage, avec typographie gothique et croix à l'envers de rigueur sur fond noir. L'ensemble est relativement inspiré et efficace, et ne dure pas assez longtemps pour provoquer l'ennui. Mais le classicisme de l'oeuvre l'empêche de la rendre remarquable : il y a juste assez de talent ici pour provoquer quelques écoutes sympathiques avant que le nom de Vorum ne soit à nouveau renvoyé dans l'inconnu.


Des groupes comme Vorum, lorsque l'on est chroniqueur principalement death-metal, on en voit défiler toute l'année, chaque année, depuis des années. Et immanquablement, tous restent cantonnés à l'underground local de leur pays d'origine. Cela n'en fait pas pour autant des mauvais groupes, mais il y a une certaine logique derrière tout cela. Si le death-metal semble être un genre toujours aussi actif et populaire, très peu nombreux sont les fans prêts à se dévouer à une formation en particulier tant le choix est vaste - et redondant. Vorum ? Un de plus, tout simplement.


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