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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Eric Forrest
(chant)

-Tim Gutierrez
(instruments)

-Kevin 131
(instruments)

TRACKLIST

1)A Beautiful Sickness
2)Planet Dead
3)9mm Movie
4)Scene of the Crime
5)Entrance Wound
6)Long Silent Voices
7)Dementia Pugilistica
8)Taste of the Lie
9)Highwire Act
10)Warhead (Venom Cover)

DISCOGRAPHIE


Project : Failing Flesh - A Beautiful Sickness
(2004) - thrash metal - Label : Candlelight



Eh bien vive le thrash: surtout quand il est fait par maître Eric Forrest (ex-Voïvod, E-Force), et que le résultat donne un mélange finalement inattendu de violence maîtrisée et de surpassement de style pour atteindre des sphères plus ambientes et expérimentales. Un premier essai qui se veut évidemment super convaincant, et même au niveau du concept –plutôt étrange- tout est étudié. On pourrait presque penser que Project: Failing Flesh réinvente ou plutôt remanie les acquis d’un style musical qui ne demande qu’à devenir amorphe et instablement destructeur.

De manière très variée d’un titre à l’autre, l’album est composé de dix titres qui abordent un thrash puissant ô combien précis, produit d’une main de maître. Produit, enregistré et mixé directement par Kevin131, donc pas de pression d’un quelconque label, le son de A Beautiful Sikness est tout simplement excellent: aiguisé, précis, profond. On retrouve tout le long de cette œuvre des influences magistrales comme Meshuggah, Strapping Young Lad, et bien sûr Voïvod, notamment dans des titres comme "Dementia Pugilistica". Mais Project: Falling Flesh ne s’arrête pas à l’exécution d’un art instrumental qu’il maîtrise déjà. "Planet Dead" montre déjà quelques composantes d’ambiance angoissantes. "9MM Movie", qui se suit comme la B.O. d’un film, fait appel à un violon malade, tordu par un impact de balle qui a dû faire mal à certains.

Des essais instrumentaux modernes viennent faire vivre au son de pianos et d’orchestre le titre "Long Silent Voice". La fin n’a plus rien à voir avec le début, mais tout est mené de main de maître pour que le son et l’image collent parfaitement dès la première écoute. Les trois malades mentaux se permettent aussi d’inclure à leur musique une dimension indus/electro. "Taste Of The Lie" est un excellent titre qui va dans ce sens, proposant une lourdeur à la SUP et un jeu de voix torturé dans les tons saturés. Les rythmiques et l’ambiance continuellement décollée grâce à cette présence sonore cybernétique nous enferment dans un monde froid et médical, comme le reste de l’album, d’ailleurs.

Même dans des titres plus classiques, Project: Failing Flesh montre toute son aptitude à y inclure un fond à la fois lourd et malade. La puissance du chant de Forrest n’est plus à prouver, et convient particulièrement au concept de l’album, très médical et malsain. Certains auraient peut-être, compte tenu du style musical frôlant le death metal, attendu un chant plus caverneux ou truqué. Finalement, on se rend vite compte que ces artifices sont dispensables et que la seule hargne vocale du sieur suffit à insuffler la dose suffisante au décollage immédiat. Déjà, Project: Failing Flesh met un grand coup avec ce A Beautiful Sikness, même si la pochette est plutôt banale et ne représente que partiellement l’étendue de la richesse musicale proposée dans cette galette. Il n’en reste pas moins qu’une porte est largement ouverte, et que si ce n’est pas celle de la révolution totale, elle permettra à l’agressivité et aux idées futures originale de se propager dans notre monde, pas encore assez malade ni torturé génétiquement.




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