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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Les Claypool
(chant+basse)

-Larry Lalonde
(guitare)

-Brain
(batterie)

TRACKLIST

1)Intro
2)Electric Uncle Sam
3)Natural Joe
4)Lacquer Head
5)The Antipop
6)Eclectic Electric
7)Greet the Sacred Cow
8)Mama Didn't Raise No Fool
9)Dirty Drowning Man
10)Ballad of Bodacious
11)Power Mad
12)The Final Voyage of the Liquid Sky
13)Coattails of a Dead Man

DISCOGRAPHIE


Primus - Antipop
(1999) - rock fusion funk metal - Label : Interscope



Primus, un mythe de la scène fusion américaine, complètement à part grâce à leur univers délirant, symbolisant l'absurdité de la société américaine. Un peu comme les Simpsons mais en version funky. Antipop, déjà rien que ce titre en dit long, donc non, il n'y aura pas de ballades à deux francs comme sur les derniers albums (j'allais dire de m**de) des Red Hot Chili Peppers. C'est l'album le plus accessible pour débuter dans l'univers Primus, le plus «normal» en quelque sorte. Les débuts de Primus avec Tim Alexander à la batterie étaient nettement plus barrés en tout cas, et les puristes regretteront certainement que le groupe se soit assagi dans ses expérimentations.

Peu importe, profitons-en pour apprécier les structures "couplet - refrain" à leur juste valeur... Enfin, si on peut appeler ça des refrains, bien sûr! Le gars qui veut chantonner du Primus sous sa douche, je lui souhaite bien du courage. Ça groove comme jamais entre la basse grondante et ses slaps exagérés, la voix de canard de Les Claypool, les bidouillages de la guitare (avec un jeu bien plus diversifié que celui de Tom Morello, enfin ça c'est pas dur) et les syncopes de la batterie. Primus a toujours eu beaucoup de succès aux USA, leurs albums se classant en tête des charts à chaque fois et bizarrement, le phénomène n'a jamais suivi en Europe. La présence d'invités divers et variés a été bien mise en avant, sûrement dans un but lucratif. Chaque chanson a été ainsi produite par une personnalité différente du show-biz américain. On retrouve pêle-mêle Tom Morello, Fred Durst, Tom Waits et Stewart Copeland (batteur de Police et qui sera présent aux côtés de Les Claypool dans le groupe Oysterhead).

On serait tenté de classer Primus dans la catégorie fourre-tout "fusion", et ce malgré quelques riffs heavy de temps à autres. Les premiers titres sont vachement tubesques, plus axés sur les rythmiques bétons que sur la musique à proprement parler. Comment rester insensible au groove vicieux de "Natural Joe" ou au refrain complètement débile d'"Antipop"? Un des points d'orgue de l'album, "Eclectic Electric", renoue avec des sonorités psychédéliques. Sur fond de rythme reggae et de basse grondante, la progression du morceau est remarquable, jusqu'à son explosion. C'est là où apparaissent deux invités de marque: James Hetfield et son pote barbu, l'ex Faith No More Jim Martin! Ces deux là savent ce que le mot heavy veut dire et ils en profitent pour placer quelques riffs courts mais bien puissants. On aurait pu s'attendre à ce qu'ils en fassent des tonnes, mais non, on se contentera de cette (trop) brève apparition. N'oublions pas que Primus n'a jamais été et ne sera jamais un groupe de metal! Donc aucun invité présent ne dénature l'album, ça sonne comme du Primus 24H/24!

Tout avait si bien commencé, mais passé "Eclectic Electric", la seconde moitié de l'album s'avère nettement moins intéressante. Les morceaux sont groovy et sympas, certes, mais pas plus ("Power Mad", "Dirty Drowning Man", "Ballad Of Bodacious"), ils n'apportent pas grand chose. La machine tourne un peu à vide, la recette s'épuise. Le riff lourdingue de "Mama Didn't Raise No Fool" fait même carrément penser à du sous-Rage Against The Machine période Evil Empire (c'est dire le niveau!). Reste la façon originale de Larry Lalonde de jouer ses solos de guitare, cela permet de rendre les morceaux un peu moins creux.

Heureusement, les deux derniers titres sont plus osés et sortent de la routine groove «commercial»: "The Final Voyage Of The Liquid Sky", davantage «planante» et les délires à la Tom Waits sur "Coattails Of A Dead Man", sorte de manège qui n'en finit plus de tourner. Pas de prises de tête donc, Antipop est simple et direct, idéal en fond sonore lors d'un barbecue. Il devrait plaire aux amateurs de musiques à la limite du n'importe quoi, tout en gardant une certaine cohésion et tout en étant facile d'accès, comme les premiers Red Hot Chili Peppers, Infectious Grooves ou Freak Kitchen. A la suite d'Antipop, Primus splittera. Les Claypool se consacrera à d'autres projets et le groupe se reformera quelques années plus tard sous son line-up d'origine, avec Tim Alexander à la batterie.




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