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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 15 septembre 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Michael Seifert
(chant)

-Uwe Lulis
(guitare)

-Simone Wenzel
(guitare)

-Timo Göttlich
(basse)

-Gerd Lücking
(batterie)

TRACKLIST

1)War
2)Arise
3)Asgard
4)Odin
5)Runes
6)Bolverk
7)Thor
8)Evil
9)Loki
10)Prelude
11)Ragnarök
12)Einherjar

DISCOGRAPHIE


Rebellion - Arise : From Ginnungagap To Ragnarök
(2009) - heavy metal speed metal - Label : Massacre



Formé par Uwe Lulis suite à son éviction des rangs de Grave Digger en 2000, Rebellion a connu des débuts plutôt difficiles. On se souvient encore de la satisfaction un peu mesquine de Chris Boltendahl à l'évocation de la médiocrité de McBeth, le premier album du groupe. Sauf que la saga sur les Vikings entamée en 2005 semble avoir agi comme un déclic sur Lulis qui a retrouvé son savoir-faire en termes de riffs qui arrachent et de soli épiques le pied sur les retours. A tel point qu'aujourd'hui, c'est Grave Digger qui regarde dans le rétro…

Contrairement aux deux premiers volets, point de petite intro cette fois, on attaque direct avec "War". Pas de surprise à l'horizon : c'est heavy, c'est carré, c'est puissant, c'est allemand quoi… et c'est surtout très proche de Miklagard, le précédent album. La raison officielle du renvoi de Lulis par Boltendahl, c'était qu'il proposait toujours le même type de riffs ; sur ce point, on ne saurait lui donner tort. On pouvait trouver encore un peu de variété, limitée certes mais bien réelle, sur Sagas Of Iceland, le premier volet de la trilogie entièrement composé avec le second guitariste de l'époque Bjorn Eilen (rapport de cause à effet ?) ; mais depuis que Lulis a repris seul en main le processus de composition, il est clair que le champ d'action de Rebellion s'est rétréci et que les morceaux s'avèrent un peu plus répétitifs. Arise : From Ginnungagap To Ragnarök n'échappe pas à cette tendance, et plusieurs titres rappellent fortement leurs aînés. Ainsi, les refrains de "War", "Odin" et "Bolverk" font respectivement penser à ceux de "On The Edge of Life", "Kiew" et "Ulfberth", tous présents sur Miklagard. Certes, Rebellion ne tombe pas dans le piège de la copie carbone, mais le couperet n'était pas loin.

Néanmoins, il serait injuste d'affirmer que Lulis n'a fait aucun effort pour apporter un peu de sang neuf. Dès le début, Rebellion surprend son monde avec "Arise". L'espace de quelques instants, les guitares rentrent dans le rang et sont reléguées au second plan par une petite mélodie de piano entêtante, la batterie se fait plus sobre et moins bourrine, et voilà un titre beaucoup plus fluide qu'à l'accoutumée. La preuve que Lulis peut aussi composer des morceaux sans passer en force, comme il l'avait déjà montré chez Grave Digger avec "Baphomet" ou avec "Canute The Great" sur Sagas Of Iceland. Puisqu'il est question de force, on notera au contraire un certain durcissement sur plusieurs titres, comme le faiblard "Asgard", qui voit Seifert quitter momentanément son registre à la Matt Barlow pour s'aventurer dans un registre grave et ultra-agressif. Et que dire de "Evil", qui donne carrément dans le thrash ! Mais la grosse surprise, on la retrouve sur "Thor", titre lent, sombre et théâtral qui voit Rebellion utiliser des claviers et des chœurs emphatiques sur un formidable pré-refrain. Neuf minutes qui s'achèvent sur un excellent passage final, qui fait penser à la musique d'un péplum comme Gladiator.

Maintenant, soyons honnête: juger Rebellion sur le critère du renouvellement n'est sans doute pas l'approche la plus pertinente, car il ne s'agit pas d'un groupe sur lequel on jette une oreille par hasard. Celui qui fait la démarche d'écouter un album de Rebellion sait forcément qu'il s'agit du groupe d'Uwe Lulis, guitariste emblématique de l'âge d'or de Grave Digger, et qu'il va y retrouver une série d'éléments indissociables de l'identité musicale du maestro : du riff tranchant avec un son de guitare assez cradingue, de la rythmique tagada, de la double pédale à gogo, du refrain puissant à gueuler sous la douche le matin, du solo épique pied sur les retours cheveux aux vent… Et tant mieux parce que c'est carrément ça qu'on aime chez Uwe ! Et même si on sait qu'il faudra se coltiner des morceaux lourdingues comme "Bolverk" ou "Loki", ce n'est pas grave, on se rattrapera avec "War", "Odin", "Prelude" ou "Runes". Ou mieux encore, avec "Ragnarök", sur laquelle Uwe prend carrément feu en nous offrant un refrain atomique et un solo dont il a le secret. Ou "Einherjar", la power ballad glorieuse pour les camarades morts au combat, qui renvoie Hammerfall et son "Glory To The Brave" au bac à sable pour fillettes.


Avec Arise : From Ginnungagap to Ragnarök, Rebellion nous livre un album classique et parfaitement révélateur de son niveau : sans génie mais extrêmement costaud, avec une patte immédiatement reconnaissable. Une bonne conclusion à cette trilogie sur les Vikings qui, si elle n'atteint pas le niveau de la Middle Age Trilogy de Grave Digger en raison de son côté un peu trop redondant, vaut largement le détour à condition de savoir où on met les pieds. Mais si vous êtes amateurs de heavy à l'allemande, ne passez surtout pas à côté de cette collection de morceaux de bravoure.


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