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CHRONIQUE PAR ...

72
Bap
Cette chronique a été mise en ligne le 12 septembre 2009
Sa note : 17/20

LINE UP

-Mariusz Duda
(chant+basse+guitare+percussion)

-Maciej Szelenbaum
(piano+claviers+flûte)

-Michal Lapaj
(orgue)

-Maciej Meller
(e-bow)

-Wawrzyniec Dramowicz
(batterie+percussions)

TRACKLIST

1)Prebirth
2)The New Beginning
3)Out on a Limb
4)Summerland
5)Lunatic Soul
6)Where the Darkness Is Deepest
7)Near Life Experience
8)Adrift
9)The Final Truth
10)Waiting for the Dawn

DISCOGRAPHIE

Lunatic Soul (2008)
Fractured (2017)

Lunatic Soul - Lunatic Soul
(2008) - rock prog atmosphérique - Label : Kscope




En l’espace de quatre ans et trois albums, les Polonais de Riverside sont devenus une valeur montante et sûre de la scène progressive et après avoir bouclé leur trilogie en 2007 quoi de plus naturel pour Mariusz Duda, chanteur, bassiste et compositeur du groupe de se lancer dans un projet solo. Mais le défi n’est pas si évident, il faut savoir se détacher suffisamment du groupe d’origine pour gagner en identité. Pari gagné ?


À l’instar de Riverside, Lunatic Soul n’est pas très bavard et préfère s’aventurer dans les méandres de l’instrumental sur fond de mysticisme ambiant. L’écoute de l’album est très fluide et sa durée (quarante-cinq minutes) contribue à cette sensation de flottement. Pour ce faire, Mariusz Duda, multi-instrumentaliste hors pair, manie guitare acoustique, basse, clavier et percussion avec un feeling propre à lui, sans démonstration inutile, ici tout sert la musique et l’émotion. Son ultime instrument reste cependant sa voix qui est tout bonnement douce et belle. Il a su tout de même s’entourer de quelques confrères polonais comme entre autres Wawrzyniec Dramowicz d’Indkuti et Maciej Meller de Quidam, sans doute pour combler son manque de maîtrise du clavier et de la flûte! Le leader de Riverside propose donc à travers ce Lunatic Soul une musique aérienne aux atmosphères oppressantes qu’il avait déjà plus ou moins abordée dans les titres d’intro et d’outro de Second Life Syndrome, le second album du groupe. C’est d’ailleurs peut-être dû à cette excursion que Mariusz Duda a décidé d’y revenir plus tard ? Grand bien lui a pris car le mariage des styles reste assez original et intime.

Ici point de guitare électrique, de chant menaçant ou de morceaux longs: place à la douceur. Dès les premières notes de "Out on a Limb" le sentiment d’évasion opère et la voix du Polonais y est pour beaucoup : suave et chaleureuse, elle transporte l’auditeur, soutenue par une batterie tribale et des nappes de claviers aux sons énigmatiques, on se croirait presque dans la BO de Christophe Colomb. Ce début d’album donne le ton et s’aventure dans des morceaux relativement lents aux ambiances riches et diablement envoutantes. Situés en milieu d’album, les morceaux "Near Life Experience" et "Where the Darkness Is Deepest", sombres et instrumentaux font la part belle à l’expérimentation : encore une fois l’impression de naviguer en eaux troubles est forte, tout le contraire de "Adrif", belle mélodie tristounette mais qui rappelle trop les débuts d’un certain Riverside. Arrive ensuite l’envolée de l’album, le rayon de soleil qui perce un ciel trop voilé : "The Final Truth", bombe mélodique toute en retenue qui explose en une apothéose finale salvatrice et d’une rare intensité, prouvant à nouveau l’étendue des qualités vocales du Polonais. L’album conclut comme il débute par un titre simple mais efficace.


Pas besoin d’en parler pendant des heures pour comprendre que cet album est tout simplement beau et mystérieux. Mariusz Duda a gagné son pari et réussit là où Steven Wilson à échoué avec son Insurgentes, il signe un album très personnel et suffisamment éloigné de Riverside pour gagner en intérêt. Si la grâce de l’acoustique et la sensualité vocale vous interpellent, cet album sera une offrande venue du ciel.


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