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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 10 septembre 2009
Sa note : 16/20

LINE UP

-Mortuus
(chant)

-Morgan
(guitare)

-Devo
(basse)

-Lars Broddesson
(batterie)

TRACKLIST

1) Nowhere, No-One, Nothing
2) Funeral Dawn
3) This Fleshly Void
4) Unclosing the Curse
5) Into Utter Madness
6) Phosphorous Redeemer
7) To Redirect Perdition
8) Whorecrown
9) Chorus of Cracking Necks
10) As a Garment

DISCOGRAPHIE


Marduk - Wormwood
(2009) - black metal - Label : Regain Records



Marduk a longtemps eu la réputation méritée de stakhanoviste du black avec sa sortie rituelle tous les 18 mois. À cela s’ajoutait une intense routine dans les compositions marquées au fer rouge de la patte Marduk (enfin, Morgan plutôt, tête pensante unique du groupe) qui commençait à lasser un public pourtant fan. Mais depuis le départ de Legion au chant, les choses semblent s’être emballées et avoir changées, aussi surprenant que cela puisse paraître de la part du groupe. 3e album avec Mortuus au chant, il scelle définitivement le nouveau Marduk. Plus sombre, plus noir, plus... black metal.

Et c’est une excellente nouvelle pour nous autres fans du genre. Là où il était devenu un lieu commun de mettre Marduk dans la catégorie black brutal certes, mais policé, il faut admettre que le groupe a su se renouveler pour proposer une musique bien plus organique et personnelle. Relever un tel challenge au bout du 11e (!) album est un magnifique exploit qui ne saurait être passé sous silence tant il est rare. Il est néanmoins évident car une composition comme "Funeral Dawn", au nom si bien choisi, avec ses claviers et riffs lancinants et ses gratouillages ultra rapides et rafraîchissants sur les cordes de guitare semblait totalement improbable du temps d’un Panzer Division Marduk. Il faut croire que Mortuus a apporté avec lui des idées de Funeral Mist (son groupe personnel). En plus de son chant très... obsédant, possédé, bref sérieusement hypnotique. Il s’agit là peut-être de sa meilleure performance vocale à ce jour tout simplement.
Cette performance à saluer est accompagnée d’une ribambelle de riffs vraiment bons et furieusement black metal. Tantôt agressifs, tantôt glaciaux, tantôt inquiétants, tantôt dangereux et bouillonnants, ils sont en permanence black metal et inspirés. Honnêtement, il est difficile d’imaginer être en présence de Marduk. Pourtant la patte Morgan est là, ces pointes de mélodies toujours présentes, ça ne fait aucun doute. À cela vous pouvez ajouter des blasts écrasants qui prouvent que le nouveau batteur sait taper très très vite et très très bien. Il est notablement à l’aise dans un registre bien plus posé couramment utilisé le long de la galette, aussi rassurant sur la technique du bonhomme que bienvenu pour l’auditeur. Encore plus étrange, la basse est incroyablement mixée en avant, audible à chaque instant avec un son bien rond et puissant pour laisser la place à des lignes indéniablement inspirées et... vraiment de basse. Surprenant album vous dis-je.
Ce dernier paragraphe va servir à donner les bons points. À "Into Utter Madness" d’abord, qui propose non seulement de petites mélodies, des blasts supersoniques qui mettent dans les cordes, mais surtout un riff tourbillonesque original et absolument délicieux ! Sans compter sur la fin avec la basse en star. Étonnant, vraiment étonnant. L’autre diablesse s’appelle "Whorecrown" avec cette fois une mélodie vraiment évidente, douce (! encore) qui monte en puissance pour un résultat absolument addictif pas très loin d'une "Glorification of the Black God" de Heaven Shall Burn.... Le dernier salut sera distribué à "Phosporous Redeemer", mais uniquement à sa ligne de basse omniprésente et entêtante. Vraiment du lourd. Bien sûr, le riff qui enrobe tout ça est très bon, sinon ça ne vaudrait pas le coup. Cela permet de passer sur le côté plus purement technique de la production, véritablement aux oignons avec un son de guitare un poil sec, polaire comme il se doit et noir. La batterie est bien définie, suffisamment organique mais sans génie. Et encore cette basse donc, ronde, ronde, ronde !

Un album réellement classe et surprenant de la part de Marduk. Sans réelle fausse note à part de menues baisses de régime coupables comme la légèrement chiante "To Redirect Perdition" dont le mid tempo ne tape vraiment pas dans le mille, il propose avant tout une dose de riffs black metal propre à rassasier le plus exigeant. Avec un souffle suffisamment nouveau pour contenter ceux qui attendent de l’évolution de la part du groupe aussi. Il se permet même le luxe d’être plus black metal et en cela plus réjouissant pour les amateurs du genre que les précédents avec Legion au chant. Une réussite en somme.


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