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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 10 septembre 2009
Sa note : 17/20

LINE UP

-Max
(chant)

-Rom
(guitare)

-Matthieu
(basse)

-Mike
(batterie)

TRACKLIST

1)Trapped Outside
2)The Call
3)Eternal Sleep
4)The Child and the Beast
5)No Prayer...
6)...Only Feelings
7)Ajna
8)Burnout
9)Bad Seed
10)Apology

DISCOGRAPHIE

Apology (2009)

Om Mani - Apology
(2009) - postcore metal prog free metal - Label : Autoproduction



Il est des promos qui sont une surprise totale, bonne ou mauvaise, un déferlement musical qui étonne et réjouit le chroniqueur. Il est des promos qui ne surprennent pas : on sait à quoi s'attendre, généralement quelque chose de médiocre. Les raisons sont nombreuses mais souvent les mêmes : le groupe, une pochette signée Luis Royo, un label dont le nom signifie la démarcation entre deux pays... Mais parfois, il est des promos dont quelque chose fait que l'on s'apprête à écouter quelque chose d'énorme. Et parfois, ça ne trompe pas.

Quand un groupe annonce avoir partagé la scène avec des groupes comme Psykup, Hacride, Sybreed, Manimal, ou encore The Ocean, on peut s'attendre soit à un petit groupe de province habitué aux salles de sa région ou bien, mû par un espoir fou et irrationnel, à un groupe pratiquant une musique similaire à tous ces groupes, chose pas forcément évidente, tant ceux-ci pratiquent chacun une musique bien différente. Dès l'écoute de "Trapped Outside", titre d'ouverture de cet Apology, on est fixé : oui, Om Mani (en sanskrit dans le texte) arrive à faire le lien entre ces groupes. Les polyrythmies héritées de Meshuggah sont au rendez-vous, les riffs sont lourds et gras, entre metal et postcore, tandis que Max, chanteur polymorphe, attaque l'auditeur à la trente-cinquième seconde, balançant un chant saturé au grain se rapprochant de celui de Samuel Bourreau d'Hacride ou de Reno de Kruger, avant de partir dans des lignes en voix claire qui ne sont pas sans évoquer Tool.

Apology propulse ainsi l'auditeur dans un foisonnement saturé, où la musique montre une violence toute en breaks, en contretemps, en riffs syncopés ("Anja") mais aussi en lourdeur malsaine (le long et envoûtant "No Prayer..."), mais aussi accalmies respiratoires aux montées en puissance efficaces ("Eternal Sleep"). De plus, le nom et le logo du groupe faisant référence au mantra du bodhisattva Avalokitesvara, on peut s'attendre sans trop de surprise à ce que la musique soit imprégnée d'une touche orientale. Et le groupe de s'y atteler, soit par l'utilisation de mantras profonds et odieusement de la part de Max ("Trapped Outside", "Apology") ou encore de tablas de la part du batteur Mike ("Bad Seed"), percussions qui renvoient évidemment à Tool, même si l'ambiance dégagée par le groupe se détache du quartet californien. Om Mani fait évoluer sa musique d'un titre à l'autre, au sein même de ses titres, multipliant les références et les étiquettes précises. Il est alors aisé d'admettre celle qu'il s'est lui-même collé, celle de « free metal ».

Le titre "The Call" voit la présence de Samuel Bourreau en guest et les duos vocaux entre Sam et Max (hé hé) sont un bonheur. Si les passages violents rappellent Hacride (tant pour les riffs et le jeu de batterie que pour la voix de Sam), les couplets tranchent complètement, menés par la voix claire de Max, soutenue par les hurlements de Sam soit en question/réponse, soit sous-mixés et placés en arrière-plan. On se retrouve alors avec un titre qui, placé dans l'ensemble de l'album, ne fait pas tâche par les influences/références qu'on lui trouve. Au contraire, il parvient à sa rattacher au reste des compositions. Outre le très « neurosien » "No Prayer...", s'il est un titre qui se démarque du reste de l'album, c'est bien le titre éponyme, tout d'abord par sa longueur approchant les dix minutes, mais aussi par sa diversité perdue dans une impression de flot continu. On passe de plans groovy à des déferlements de breaks de batterie tant que le chant alterne ses registres avec brio puis répète son refrain, inlassablement. Une vraie réussite.


Pour ne rien arranger, il s'agit du premier album du groupe. Autant dire qu'avec un tel niveau, l'avenir est plus que prometteur pour les lillois d'Om Mani. On ne peut que leur souhaiter de trouver au plus vite un label, tant cet "Apology" fait preuve d'une maîtrise technique et artistique presque écœurante. En attendant ce jour, puisse-t-il être le plus prochain possible, l'album est mis à disposition en téléchargement légal. Une initiative plus que respectable et qui, on l'espère, jouera un facteur promotionnel positif.


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