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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Mike Sifringer
(guitare)

-Harry Wilkens
(guitare)

-Olly Kaiser
(batterie)

-Andre Grieder
(chant)

-Christian Engler
(basse)

TRACKLIST

1)Cracked Brain
2)Frustrated
3)S.E.D.
4)Time Must End
5)My Sharona
6)Rippin' You Off Blind
7)Die A Day Before You're Born
8)No Need To Justify
9)When Your Mind Was Free

DISCOGRAPHIE


Destruction - Cracked Brain
(1990) - thrash metal - Label : Noise Records



Tiens, un nouvel album de Destruction ! Mais sans déconner, est-ce que ça intéresse encore quelqu’un ? Même si elle est encore vivante, la scène thrash s’est déjà auto-consumée en un temps record (à peine 6 ans), et les Allemands, malgré des débuts très prometteurs, n’ont jamais réussi à s’imposer comme des piliers du genre. En plus, histoire d’en rajouter une couche, Schmier, le charismatique capitaine du bateau et chanteur/bassiste de son état, a été envoyé par-dessus bord suite à une mutinerie menée par son fidèle lieutenant Mike, pour cause de relations houleuses avec le nouvel équipage. Pas très rassurant tout ça…

Malgré les critiques des fans de la première heure, Destruction poursuit et assume l’évolution amorcée sur le précédent album. Cette fois c’est sûr, le thrash direct et sans concessions des débuts, directement hérité d’un Kill’em All, a définitivement été rangé au placard. Place désormais à des morceaux plus techniques et mieux construits, dans la lignée de ce que propose la nouvelle vague du thrash US. C’est bien simple, si la voix de Grieder n’était pas aussi neutre et sans relief, on pourrait presque se dire : « Tiens, il est sympa ce nouveau Testament, bien meilleur que Practice What You Preach » ! Mais attention, il n’est pas question de plagiat ici ; seulement d’une capacité indéniable à écrire des morceaux courts mais catchy, avec des riffs et des parties de batterie nettement moins linéaires que les stéréotypes du thrash.

Et il faut bien avouer que cette formule fonctionne agréablement bien. Des morceaux comme "Cracked Brain" ou "Frustrated" foutent la pêche et restent tout à fait écoutables pour le profane qui s’y risque pour la première fois. Il faut dire que, cerise sur le gâteau, Destruction dispose enfin d’un son correct, enfin pour l’époque bien sûr ; si vous faites écouter ça à un jeune élevé au grain Slipknot, il vous répondra que la prod’ a autant de pêche que le dernier Herbert Léonard. Mais comparé aux premiers enregistrements du groupe, c’est la fête au village ! De plus, à l’image d’un Anthrax, la bonne humeur est de mise avec cette reprise sympathique et survitaminée de "My Sharona" (celle-là même qui a été parodiée par l’infâme Mickaël Youn dans son tristement célèbre "Comme Des Connards").

Bon, maintenant que le badaud est appâté, je dois l’avouer : j’ai piteusement menti en affirmant qu’il n’y avait pas de plagiat. Parce qu’effectivement, le refrain de "Die a Day Before You’re Born", c’est un copier-coller sans vergogne de celui de "Disciples of the Watch" de Testament, que tous les fans des Californiens auront immédiatement reconnu. Faut dire aussi que c’est pas très malin de repomper un morceau aussi emblématique, un moins connu aurait tout aussi bien fait l’affaire !

En dépit d’un dernier titre plutôt raté (le seul de l’album), qui clôt cet opus sur une légère fausse note, et d’un chant pas spécialement enthousiasmant, on a ici affaire à un album fort appréciable. Les quelques incartades en territoire heavy, comme "Time Must End" ou "No Need to Justify", sont une franche réussite et apportent pour une fois un peu de variété à l’ensemble. Même si Cracked Brain ne remportera pas le premier prix de l’originalité, son virage thrash US parfaitement négocié devrait pouvoir lui ouvrir les portes vers un public plus large et redonner un second souffle à la carrière des Allemands.

Ah oui, j’oubliais un petit détail qui a son importance : en fait, l’album s’est complètement ramassé et Destruction s’est fait jeter comme un malpropre par son label, provoquant ainsi le split du groupe qui avait déjà perdu pas mal de fans suite au départ de Schmier. Ah, saloperie de destin…




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