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CHRONIQUE PAR ...

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Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 29 août 2009
Sa note : 17/20

LINE UP

-John Garcia
(chant)

-Josh Homme
(guitare)

-Nick Oliveri
(basse)

-Brant Bjork
(batterie)

TRACKLIST

1)Thumb
2)Green Machine
3)Molten Universe
4)50 Million Year Trip (Downside Up)
5)Thong Song
6)Apothecaries Weight
7)Caterpillar March
8)Freedom Run
9)800
10)Writhe
11)Capsized
12)Allen's Wrench
13)Mondo Generator
14)Yeah

DISCOGRAPHIE


Kyuss - Blues For The Red Sun
(1992) - stoner desert rock - Label : Dali Records



Blues For The Red Sun ou la naissance d'un mythe. Ou plutôt la naissance d'un son. Certains diront même que le second album de Kyuss engendra le « stoner rock », ce qui n'est pas loin de la vérité. Josh Homme et sa bande préféreront l'étiquette « desert rock » : quelques minutes d'écoute suffiront à comprendre pourquoi. A grands renforts de guitares dopées aux basses et de batterie qui pilonne, Blues For The Red Sun brosse à gros riffs le portrait d'un désert Californien brûlant, habité par une poignée de gentils allumés venus faire vivre le rock n' roll à leur façon.


Peu d'albums portent aussi bien leur nom que ce Blues For The Red Sun. Offrande au dieu soleil californien, réinterprétation du blues-rock par une bande de « stoners » accablés de chaleur et de substances, venant tromper leur ennui dans les generator parties, le successeur de Wretch est caniculaire. Les guitares sous-accordées de Josh Homme, parfois gorgées de fuzz, balancent en ronronnant quantité de riffs incandescents qui oscillent entre le blues-rock de Led Zep, le metal sombre et lourd de Sabbath et les longues jams sessions empreintes de psychédélisme des seventies. Complétant le peu de fréquences basses qu'ils restent entre Homme et la frappe lourde du dieu du groove Bjork, la basse d'Oliveri vient peupler les morceaux de lignes simples mais d'une efficacité redoutable. Et c'est sur ce paysage chauffé à blanc que l'énervé Garcia viendra poser ses lignes de chant à l'énergie toute punk.

La réussite de Blues For The Red Sun, et dans une plus large mesure celle de Kyuss, tient sans doute dans la capacité qu'à eu Chris Goss à poser ce son si particulier sur disque sans que cela devienne de la bouillie et qui deviendra l'empreinte du groupe. Il ne reste alors qu'à déguster les pépites qui parsèment l'album. Le début en est rempli jusqu'à la gueule : "Thumb" lance le rouleau compresseur, "Green Machine" et son riff implacable vient achever les survivants et "50 Million Year Trip" alterne les démarrages rageurs et les passages plombés. Le milieu de l'album est moins riche en « tubes immédiats » et se laissera apprivoiser plus tard. Homme empile les guitares acoustiques sur la superbe "Capiszed", qui vient mourir au pied de la très catchy "Allen's Wrench" : batterie écrasante qui file à toute allure, riff qui suit et Garcia qui envoie! Puis c'est deja "Mondo Generator" et son jam psyché qui ferme la marche dans un tourbillon de poussière.


Certes moins réussi que ces deux successeurs (car moins cohérent et homogène), Blues For The Red Sun marquera pourtant à jamais l'histoire du rock. Avec un son proche de l'avion de chasse et une capacité hallucinante à écrire des morceaux catchy, les Kyuss parviennent, dans une ambiance de jam session, à réinventer le rock en lui insufflant l'atmosphère brulante de Palm Desert.


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