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CHRONIQUE PAR ...

71
Arroway's
Cette chronique a été mise en ligne le 14 août 2009
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Peter Meynckens
(chant)

-Ian van Gemeren
(guitare+chœurs)

-Sven Deckers
(guitare)

-Sven Janssens
(basse)

-Tom van Oosterwijck
(batterie)

TRACKLIST

1)Incognation
2)Demons Shelter Within
3)Ashes to Flesh
4)A Nation in Atrophy
5)The Midnight Grotesque
6)Prophet Set to Witness
7)Ever-arch-i-tech-ture
8)Threnody for an Ending
9)Ravager 1.6.6.3
10)Of Genesis and Apocalypse
11)Foreboding
12)Shackles Cross
13)The Omniscient

DISCOGRAPHIE


Axamenta - Ever-Arch-I-Tech-Ture




Ever-Arch-I-Tech-Ture n’est pas intrinsèquement surprenant. Mais que cette première affirmation ne vous détourne pas d’un album techniquement très bien mené, aux compositions intéressantes et aux mélodies implacables. Quelques ingrédients pour vous offrir un petit avant-goût: speech mélodique, rythmes progressifs et interpellations violentes, une once d’agressivité, un soupçon de machiavélisme et de dramatique.


Plus étonnant en vérité est le saut accompli entre Ever-Arch-I-Tech-Ture et son prédécesseur. Certes, Codex Barathri nous avait été délivré avec une application et un sérieux qui inspiraient un respect forcé, pour un résultat final plus que convenable, mais purement et classiquement black mélodique. Pour ce nouvel opus, exit les fades références au démoniaque. Dès le premier titre "Incognation" l’atmosphère se pose différemment moderne, au son autrement plus mature mais aux prouesses techniques décidément présentes. Soudain les cascades de notes tombent, les riffs déferlent avec aisance et les claviers, essentiels à la cohérence de l’album, poursuivent leurs modulations expressives. Certains pourraient leur reprocher, certes, de sombrer parfois dans le cliché du mélodique – en jouant par exemple en lieu et place d’un véritable orchestre - mais il serait injuste de mal juger ces passages qui s’écoutent finalement agréablement. Et puis la voix se pose, crache, sature un peu plus l’atmosphère.

Le tempo suit de manière générale une allure effrénée où s’enchainent des riffs en rafale. L’appréciation globale de l’album nécessitera sûrement d’ailleurs un peu de recul : la saturation à profusion, le rythme soutenu auquel se succèdent les titres mais peut-être surtout des parties vocales particulièrement écorchées, aux médiums incisifs, constituent autant d’éléments à assimiler. Aux franges de certains morceaux des passages aux accents plus clairs jouent les intermèdes : bouquet de notes fraîchement égrenées au début de "Demons Shelters Within" ou épanchement dramatique présageant "Of Genesis and Apocalypse" - pour mieux enchaîner sur un riff destructeur et enragé, une succession de breaks résolument affirmés. Des atmosphères planantes ou prétendument mystérieuses font quelques incursions remarquées, habitées de soli lancinants de guitares toujours bien inspirées, particulièrement sur "A Nation in Atrophy" ou "Of Genesis and Apocalypse".

On remarquera évidemment la prestation vocale de M. Daniel Gildenlöw (Pain of Salvation) en tant qu’invité. "Threnody for an Ending" est un interlude à mi-parcours qui ne passera pas inaperçu à double titre. Les lignes vocales ont été arrangées et interprétées par D. Gildenlöw qui module comme à son habitude les tons pop-dramatiques et agressivement accrochés ; la guitare décline subtilement ses riffs électriques ; le tout pour un morceau suintant le spleen mélancolique et un déchirant désespoir. On entendra également avec plaisir le chant clair de Peter Meynckens sur l’excellent "Ashes to Flesh", très bien équilibré, émotionnel – et aux accents gildenlowiens serait-on tenté d’ajouter - ainsi que sur le morceau final "The Omniscient". L’album est finalement un ensemble bien équilibré et homogène. Le groupe délivre avec discernement une énergie à la fois agressive et réfléchie, même si certains passages particulièrement denses pourront paraître manquer de relief ou de nuance.


Ever-Arch-I-Tech-Ture est un album de qualité qui résistera sans aucun doute, et même prendra avantage, à des écoutes répétées. Le style est plus affirmé que par le passé, les compositions suggèrent une orientation intéressante, le tout est servi par une interprétation technique irréprochable. On regrette que le départ du chanteur en 2008 pour des raisons médicales ait freiné l’élan du groupe, cela dit sans le stopper complètement puisque que trois membres de l’ancien line-up ont formé He Came From The Sun dont on attend qu’il succède dignement à Axamenta.


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