3575

CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 11 août 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Mathieu
(chant)

-Franck
(guitare+chœurs)

-Yann
(guitare)

-Mika
(basse)

-Julien
(batterie)

TRACKLIST

1)When Time Elapses
2)Blistering Hate
3)Existence Asleep
4)The Decline and the Fall
5)Lam-Tsol Oua
6)Through Dark Skies
7)Opposites from Within
8)Echoes of Distress
9)Pure

DISCOGRAPHIE


Eryn Non Dae. - Hydra Lernaia
(2009) - postcore torturé - Label : Metal Blade Records



Eryn Non Dae. est un groupe pénible quand on rédige ses chroniques sur PC. La correction automatique balance systématiquement une majuscule après un point donc on est obligé de les virer au fur et à mesure. C’est chiant, et en temps normal ça énerverait juste un peu. Sauf que vu qu’on rédige traditionnellement une chronique avec l’album sur les oreilles, ce léger détail donne soudainement envie de tailler un chaton avant de se défenestrer les veines. Ou le contraire. Bref, Hydra Lernaia n’est pas un album à écouter quand on est contrarié.

L’EP The Neverending Whirl Of Confusion avait déjà posé les bases : en bon groupe d'obédience postcore, END. tape dans les recoins noirs de l’âme. Les accords dissonants, les plans de batterie asymétriques, les hurlements possédés de Matthieu (aussi balaise techniquement qu’effrayant émotionnellement), les changements brutaux d’ambiance, tout ça donne une bande-son de l’apocalypse qui perturbe méchamment l’auditeur. On se retrouve noyé sous un torrent de ténèbres épileptiques d’autant plus menaçantes que le son de l’album est absolument énorme, véritable bloc soutenu par une basse qui secoue les tripes. Les arpèges inquiétants de "Existence Asleep" étaient déjà suffisamment tordus comme ça, mais renforcés par les infrasons de Mika ils en deviennent insidieux, poisseux. Ils raclent l’âme. Cette composante infectieuse – tel le souffle de l’Hydre de Lerne qui donne son nom à l’album – vient même affecter les plans plus groovy, donnant une teinte désespérée à des passages qui auraient pu être catchy autrement. La partie centrale de "Through Dark Skies" fait partie de ceux-là : on secoue la tête mais on ne peut pas se laisser aller complètement, surtout quand le plan qui suit voit Matthieu sangloter « I lost all my faith, I lost all my hope » avec une telle sincérité qu’on a presque envie de couper le disque pour abréger ses souffrances.

Les parties groovy en question rappellent fortement Hacride et ne sont pas les seules : impossible d’écouter l’interlude calme et ambiancé "Lam-Tsol Oua" sans penser à "Ultima Necat", l’avant-dernier titre du légendaire Amoeba. Mais END. a son univers à lui, et exprime sa singularité via d’autres voies. La rage presque punk ouvrant le monument d’ambiances et de dynamique qu’est "When Time Elapses" n’a rien à voir avec les Poitevins, de la même manière que le blast ouvrant "Through Dark Skies". C’est d’ailleurs dans ce genre d’exercice ultraviolent qu’END. assure le plus, et on pourra d’ailleurs leur reprocher de ne pas laisser assez souvent la folie furieuse prendre le dessus sur le mal-être. Leurs enchaînements entre plans déstructurés, plans groovy et ambiances nostalgiques ont beau être extrêmement maîtrisés ils sont trop systématiques au final, et END. semble s’enfermer dans un cadre un peu trop restreint. Le titre final "Pure" justifie ainsi assez mal ses onze minutes et finit par tourner en rond, ne voyant son salut arriver que grâce à un passage typé drone (que des infrabasses) qui survient malheureusement trop tard. Cette cohérence presque excessive est très perceptible dans la deuxième moitié de l’album, et c’est bien parce que le titre "Echoes of Distress" donne plus dans l’hystérie que dans la souffrance qu’il relance la machine. Mais le tout est tellement carré par ailleurs...


Les END. avaient affirmé leur identité avec l’EP, ils la confirment avec cet album, véritable concentré de dépression. L’exercice force le respect tant la forme obtenue est pure et dense mais c’est aussi leur limite, et on espère que le groupe saura évoluer vers de nouveaux horizons à l’avenir. Hydra Lernaia reste en tout cas un album assez imparable dans son genre... demandez à mon PC que je viens de fracasser contre le mur en pleurant.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1