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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 09 août 2009
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Travis Neal
(chant)

-Dino Cazares
(guitare)

-Joe Payne
(basse)

-Tim Yeung
(batterie)

TRACKLIST

1)Facebreaker
2)The Battle of J. Casey
3)Undivine Prophecies (Intro)
4)Bringer of Plagues
5)Redefine
6)Anarchaos
7)Monolithic Doomsday Devices
8)Letter to Mother
9)Enemy Kill
10)Darkness Embedded
11)The End Begins

DISCOGRAPHIE


Divine Heresy - Bringer of Plagues
(2009) - death metal metalcore - Label : Century Media



On pourrait croire que beaucoup de choses ont changé pour Divine Heresy. Depuis la sortie de Bleed The Fifth le groupe a gagné un bassiste, changé de label, défrayé la chronique en se séparant de son chanteur à grand fracas, récupéré un nouveau chanteur... sans oublier que son statut reste incertain maintenant que le père Cazares est reparti dans Fear Factory. Tout ça fait une bonne petite dose de bouleversements, ce qui rend d'autant plus surprenante la similitude musicale entre Bringer of Plagues et son prédécesseur.

À ceux ne connaissant pas Divine Heresy on dira d'imaginer un crossover death / metalcore : death à cause des riffs épileptiques d'un Cazares poussé dans ses retranchements par un batteur proprement inhumain de vélocité et de violence, metalcore pour les plans plus catchy et syncopés qu'on trouve ici et là et bien entendu pour les refrains en chant clair qui émaillent la galette. Ça cogne donc très fort tout en étant truffé de plans hyper fédérateurs, la maîtrise technique du tout faisant souvent presque peur (pensez à un Fear Factory encore plus carré et rapide...). Or on l'aura compris, le problème est que cette définition s'applique d'une manière indifférenciée à tout ce que le groupe a pu pondre depuis sa création. Divine Heresy ne s'est jamais cherché : ils ont affirmé une identité forte dès le début et n'en bougent pas. Bien évidemment la présence de Travis Neal derrière le micro fait varier un peu le tout, mais pas tant que ça. Son chant clair plus mainstream et plus maîtrisé que celui de Vext évoque parfois Chester Bennington, il dispose d'un registre de hurlement aigu à la suédoise bien extrême (celui qu'il utilise dans The Bereaved) qu'il distille de temps en temps... mais son registre hurlé principal est strictement identique à celui de son prédécesseur, au point que faire la différence est presque impossible. Plus ça change, plus c'est la même chose...

Cette dernière référence est voulue : Bringer Of Plagues souffre du syndrome The More Things Change..., à savoir un deuxième album qui blaste bien mais n'apporte rien par rapport au premier. Une fois encore l'auditeur se mange le titre le plus brutal en premier avec "Facebreaker" le bien nommé. Une fois encore il déguste la ballade vers la fin, merci "Darkness Embedded", compo pop/métal plate où Neal assure néanmoins gravement. Une fois encore il pense à Fear Factory à certains moments tout en se disant que ça n'est quand même pas de la repompe abusive, grâce à "Enemy Kill" et ses arpèges à la "Descent". Et une fois encore il admet que tout ça est hyper bien torché mais manque un peu d'âme et de variété. Nul doute que l'amateur de brutalité sera heureux : les plans de moissoneuse-batteuse de Tim Yeung dans "Redefine" rappellent ce que Gene Hoglan ou Kevin Talley ont pu sortir de plus impressionnant. De même, les breaks mélodiques semblent plus poussés qu'avant pour un contraste encore plus affirmé. Le renforcement de l'influence Cradle of Filth qu'on trouvait déjà sur Bleed The Fifth est également notable, qu'il s'agisse des intros symphoniques à la "The End Begins" ou des riffs thrash mélo à la "The Battle of J. Casey". En bref les proportions des composantes varient un peu mais aucune n'a été retirée ou ajoutée.


Si vous n'avez jamais écouté Divine Heresy, cet album constitue une bonne porte d'entrée et risque fort de vous mettre une grosse claque. Sa puissance intrinsèque, le niveau indécent des musiciens et sa volonté affichée de faire très mal vous impressionneront probablement. Si vous êtes de ceux qui pensent qu'un groupe qui tourne en rond dès son deuxième album est un phénomène plutôt inquiétant, Bringer Of Plagues ne va pas vous rassurer. Loin de là.


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