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CHRONIQUE PAR ...

42
Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 08 août 2009
Sa note : 11/20

LINE UP

-Ruby Roque
(chant)

-Dikk
(guitare)

-Filipe Sousa
(guitare)

-Ares
(basse)

-Tiago Lopes
(batterie)

TRACKLIST

1)Atheos
2)Symphony for the Fallen
3)Thy Eclipse
4)Rebel Blood
5)Firethrone
6)Medeusa
7)Ignis Bellum
8)Ruby Light of the West
9)Fang & Claw
10)Eternal Exile
11)Unspoken Vow
12)Eden’s End
13)Heretica

DISCOGRAPHIE


Witchbreed - Heretic Rapture
(2009) - gothique - Label : Ascendance Records



Aaah le Portugal, son Fado, ses morues... Voilà, cela, c’est fait. Hors de question d’être original dans une introduction, non ? Autant reprendre les vieilles recettes éculées, cela remplit les cinq ou six lignes nécessaires rapidement. C’est facile, pas de prise de tête à la recherche de la créativité, et surtout c’est passe partout, sans prise de risque. Autant dire que ce n’est que du bonheur quoi. Pour le chroniqueur, sûrement, pour le lecteur, qui en a un peu ras-le-bol de lire partout la même introduction, peut-être moins.

Impossible de savoir si Witchbreed suivit ce cheminement mental quand le groupe portugais composa les chansons sur son premier album Heretic Rapture, mais il faut bien admettre que le résultat final donne quelques indices. Sans être non plus un monument de banalité, Heretic Rapture ne surprend pas par son originalité. Disons simplement que tout cela était attendu, simplement en lisant un peu l’histoire du groupe. Witchbreed fut formé par Dikk (il y a un énorme travail d'érudit à faire sur les pseudonymes ridicules des musiciens de metal) et Ares, qui fut bassiste chez Moonspell depuis leurs débuts jusque Irreligious. Ils cherchent donc immédiatement une chanteuse, parce que le groupe veut faire du metal gothique (surprenant, isn’t it ?) avec du chant féminin (oh ben quelle audace, c’est complètement inattendu) et des claviers partout. Vous voyez le tableau, maintenant ?

Cela résume assez bien tout ce que contient Heretic Rapture. Précisons que Ruby Roque chante, non pas en lyrique, avec un timbre rock. Elle manie bien puissance et modulation, mais par contre son chant manque de mélodieux. Les lignes de chant, surtout sur les refrains, ne sont pas spécialement mélodiques et sans relief. Les arrangements sont un peu vides aussi, le fond est rarement consistant. Le clavier est souvent utilisé pour faire office de simulacre d’orchestre symphonique, mais sa présence ne suffit pas à enrichir les compositions. Vous pouvez rajouter la-dedans une rythmique thrash en staccato utilisée quelque fois en introduction des morceaux, histoire de les lancer directement sans fioriture, et quelques lignes de chant death. La rythmique est d’ailleurs une composante paradoxale de l’album: le batteur varie les patterns régulièrement, mais a le compteur bloqué au mid-tempo sur la plupart des chansons.

La pauvreté des arrangements, la rythmique qui ne change pas, des lignes de chant plates, ajoutez à cela que les riffs ne sont pas particulièrement mémorables, et vous obtiendrez la recette parfaite pour un disque en dessous du moyen. Quelques titres sauvent la donne: le titre d’introduction, qui pourrait bien être tiré d’une bande originale de film. Ce n’est pas original certes, mais réussi dans le cas qui nous occupe. La dernière composition, nimbée dans une atmosphère martiale mystérieuse, surprend. Sans parler des quelques fois où, enfin, les compositions se font un peu plus riches: quelques nappes mélodiques sur "Thy Eclipse", l’emballement lors de la conclusion de "Medeusa", la progression rythmique sur "Unspoken Vow", qui d’ailleurs est la plus riche de toutes, grâce aux arrangements symphoniques.


Heretic Rapture est un disque prévisible, qui, malgré quelques rares bonnes surprises, reste dans la grosse masse des albums pas très originaux, pas très bien fichu, pas très riches. Un disque moyen donc, pas à la hauteur de ce que faisait Ares avec Moonspell et qui, s'il est plaisant le temps d’une ou deux écoutes, n’a pas une espérance de vie bien longue.


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