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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 août 2009
Sa note : 18/20

LINE UP

-Gavin Hayes
(chant+guitare)

-Mark Engles
(guitare)

-Drew Roulette
(basse)

-Dino Campanella
(batterie+claviers)

TRACKLIST

1)Pariah
2)Drunk Slide
3)Ireland
4)Stamp of Origin: Pessimistic
5)Light Switch
6)Gathering Pebbles
7)Information
8)Stamp of Origin: Ocean Meets Bay
9)Saviour
10)R U O K ?
11)I Don’t Know
12)Mourning This Morning
13)Stamp of Origin: Take a Look Around
14)Long Days and Vague Clues
15)Cartoon Showroom
16)Quotes
17)Down to the Cellar
18)Stamp of Origin: Horizon

DISCOGRAPHIE


Dredg - The Pariah, The Parrot, The Delusion
(2009) - post rock pop rock - Label : Ohlone Recordings



Dredg c’est un peu l’histoire de la cigale. Je fais ma larve pendant 20 ans et je joue de la mélodie en sortant. Prometteur avec Leitmotif, confirmateur avec El Cielo mais portant en lui les mêmes défauts que Leitmotif, à savoir une tendance à ennuyer par alternance au cours de l’album, décevant avec Catch Without Arms trop catchy et sans rythme, le groupe a fini sa période larvaire. Et la sortie est spectaculaire. Enrobé comme jamais d’une parure douce et suave, le 4e album de ces grands espoirs (déjà adoubés) délivre enfin la pop post rockée délicate qu’on attendait d’eux.

Le début ne laisse pas planer le doute longtemps avec ses vocalises attirantes. Il se passe d’ores et déjà quelque chose de différent par rapport aux autres albums. Et pas uniquement ceux de Dredg. Ce n’est rien, quelques dizaines de secondes, et pourtant il y a un clic qui se fait dans notre tête. Début de l’addiction ou simple feu de paille, on note pour plus tard. L’album poursuit son cours, on remarque lors de cette 1ère flânerie déjà de menus détails qui nous accrochent tels le début rapide et doux de "Information" ou les violons de "Long Days and Vague Clues" ou la montée en puissance de "Quotes". L’alternance avec des passages plus musclés, bien que rares, procure un souffle bienfaiteur aussi. Toujours doux et soyeux cependant. Enfin, les diverses transitions et bonnes idées qui jonchent la galette de part en part viennent également remplir notre carnet.

Parmi les nombreuses choses qui commencent à s’imprimer dans notre cerveau sans vraiment prendre forme, il y a le fait que le chant est plus maîtrisé désormais. Plus présent aussi, mais pas trop imposant. Et il y a aussi quelque chose derrière là-bas ... si, un truc. Tout est si mélodieux, mielleux, satiné. C’est vraiment ça qui marque à cette première écoute. Pourtant rien n’est encore venu saisir l’auditeur au tympan. Cet album est bien plus pernicieux que cela et il fait son oeuvre au cours du temps pour le plus grand bonheur de ses adorateurs. Les écoutes se répètent sans vraiment qu’on s’en rende compte et la magie opère. Petit à petit tous ces détails mis dans un coin de la tête inconsciemment font surface. Toutes ces mélodies reviennent en tête, aguicheuses et addictives. C’est là qu’on se rend compte de la force gigantesque, et cachée, de cet album.

Il délivre sa drogue douce subrepticement, par dose jamais fatale mais continue, et son plaisir est toujours renouvelé. Arrivé à ce point il n’y a probablement pas de retour possible à moins de se lancer dans le jeu de l’overdose si stupide. The Pariah, The Parrot, The Delusion berce, cajole et réjouit avec maestria. Toutes ses mélodies semblent composées à la note juste, placées au moment opportun. Peut-être de rares fois il semble y en avoir, un poil, trop. Rien qui ne vienne foncièrement ternir un tableau idyllique bourré d'idées judicieuses et justes. À l’évidence, cet album est de la trempe des albums de chevet qui vous accompagnent très longtemps, ceux qu’on réécoute toujours avec un petit pincement au coeur, comme lorsqu’on revoit un être cher depuis longtemps éloigné. Il prend aux tripes et c’est une énorme qualité.


Que ce soit un indispensable coule de source si vous aimez le rock qu’il soit pop ou post. Qu’il faille l’écouter au moins une fois même si le genre est une sphère nébuleuse pour vos oreilles, oui, aussi. Ce type d’album est précieux et des exploits de cette trempe n’arrivant pas souvent, autant en profiter. Bien sûr, il peut probablement énerver car il est trop mou ou douçâtre. L’auteur de cette chronique ne le pense pas le moins du monde.


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