3546

CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 27 juillet 2009
Sa note : 12/20

LINE UP

-Athera
(chant)

-Cyrus
(guitare)

-Elvorn
(guitare)

-Memnock
(basse)

-Tjodalv
(batterie)

TRACKLIST

1)The Urge
2)Live My Dreams
3)Attitude
4)Elegy and Suffering
5)Sick Bastard
6)Another Turn
7)Mr Stranger
8)Character Flaw
9)The One After All

DISCOGRAPHIE

Cut From Stone (2007)
Attitude (2009)

Susperia - Attitude
(2009) - heavy metal thrash metal - Label : Candlelight



«Kickstart my heart, hope it never stops! » C’est par ces mots que Nikki Sixx raconta en musique l’overdose qui faillit l’emporter en 1987 et la piqure d’adrénaline qui permit à son cœur de repartir. Il y a fort à parier que cette chanson est devenue la préférée d’Athera, vocaliste de Susperia qui a survécu à un arrêt cardiaque et à un quadruple pontage coronarien en début d’année. Mais la vie est plus forte et la musique en est la plus belle preuve, comme le prouve la sortie de cet Attitude quelques mois plus tard.

Cinquième album (sans compter un EP) déjà au compteur pour ce combo né sur des bases très black metal. Ses créateurs viennent en effet de la scène Norvégienne des années 90, le batteur Tjodalv ayant martyrisé les futs de Dimmu Borgir jusqu’à l’album Spiritual Black Dimensions et le guitariste Cyrus ayant fricoté avec Satyricon ou encore Old Man´s Child. Ne connaissant pas les précédents méfaits du groupe, votre serviteur s’attendait naïvement à retrouver ces influences dans la musique de Susperia. Quelle erreur ! Le black metal est justement l’une des seules choses que l’on ne trouve pas sur cet album. Lorsque les premiers titres défilent une toute autre influence pointe le bout de son nez (oui, c’est une influence dotée d’un appendice nasal), celle du thrash américain de la Bay Area.

Un groupe comme Testament semble avoir particulièrement marqué nos Norvégiens. Les cinq premiers titres, tous mid tempo, fourmillent en effet de références au combo d’Oakland, tant dans les riffs purement thrash que dans la voix du survivant Athera. Celui-ci alterne brillamment les registres avec un timbre qui fait souvent furieusement penser à celui de Chuck Billy : clair agressif généralement sur les couplets, plus clair et mélodique sur les refrains. Le meilleur exemple est le morceau "Sick Bastard", plus rapide et agressif que ses petits camarades, qui se démarque par le headbanging furieux qu’il provoque chez l’auditeur. Son solo assez « destructuré » évoque lui la touche si particulière de Slayer dans ce genre d’exercice. Alors ce Attitude, un pur album de thrash old school ?

Et bien non, pas vraiment car la suite est toute autre. Déjà un morceau comme "Elegy and Suffering" met la puce à l’oreille avec son aspect plus mélodique et notamment ses « ouhouhou » très peu virils sur le refrain… mais ce n’était encore rien comparé à ce qui suit dans la deuxième moitié de l’album. "Another Turn" en est le meilleur (ou le pire ?) exemple. Il s’agit d’un titre mid tempo beaucoup plus commercial, avec notamment un chant tout le temps clair sans jamais être agressif, une sorte de metal moderne passe partout aseptisé, malgré une partie instrumentale finale assez sympathique. Ce n’est malheureusement pas un cas isolé, la fin de l’album restant dans cette lignée et créant ainsi une nette rupture assez étonnante avec la première moitié clairement thrash. Les morceaux 'Mr Stranger' ou 'Character Flaw' (au long et bon solo mélodique) proposent ainsi un metal plutôt mélodique un poil lourdaud, avec au mieux un riff vaguement thrashy pour faire illusion.


C’est une curieuse impression qui se dégage de cet album. Alors que l’on avait l’impression dans un premier temps d’avoir affaire à un nouvel album de revival thrash fortement inspiré de Testament, un peu comme Trivium avait « rendu hommage » à Metallica avec The Crusade, Susperia brouille soudainement les pistes en partant dans une autre direction, à la fois plus moderne et plus consensuelle. Ouverture d’esprit, fin des frontières et des cloisonnements entre différents styles de metal ? Peut être, mais ici le résultat est surtout assez bancal et pas vraiment enthousiasmant car peu cohérent. Dommage, ça partait pourtant bien…


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2