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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 20 juillet 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Marco Sandron
(chant)

-Alessio Velliscig
(guitare)

-Gianpaolo Rinaldi
(claviers)

-Fabio D'Amore
(basse)

-Ivan Moni Bidin
(batterie)

TRACKLIST

1)Crown of Thorns
2)Behind the Shadows
3)Aurora
4)Quantic Enigma
5)In Your Arms
6)Sons of the Sunless Sky
7)The Coldest Lullaby
8)Perpetual Eclipse
9)Poltergeist
10)For the Last Time

DISCOGRAPHIE

Sunless Skies (2009)

Pathosray - Sunless Skies



Est-ce une impression due aux aléas des envois de disques promotionnels par les divers labels ou une réalité tangible, aucune idée, mais il semble bien qu’après s’être longtemps cantonné au heavy speed ou au Rhapsody-like, l’Italie semble se proguifier lentement mais sûrement. Sans vouloir rentrer dans le débat le heavy est-il mort ?, c’est peut-être une évolution tout à fait naturelle. Car l’appellation « prog », parfois utilisée de façon tout à fait outrancière, semble être plus vendeuse que jamais. De là a y voir un symptôme de cet hypothétique déclin, il n’y a qu’un pas.

Mais finalement, ça veut dire quoi, « prog » ? Une première réponse possible, mais non recevable est « pas grand chose ». Non, la définition qui vient le plus facilement aux lèvres, bien aidée par certaines formations populaires de metal prog (et non de prog tout court) qui en abusent un peu, c’est « technique », voire « compliqué ». Un sens un peu malheureux en soi, puisque la complexité n’a jamais été une fin musicale, mais puisque celle-ci semble parmi les plus usitées, soit ! Est-ce que Pathosray l’est ? Pas tellement. Enfin, par apparitions plutôt. Le riff de "Quantic Enigma" par exemple ainsi que certains de ses ponts font dans l’asymétrique. Le titre à tiroir "Poltergeist", introduit par l’anu… heu, "Perpetual Eclipse" également. Mais on ne peut pas dire que ce soit monnaie courante dans Sunless Skies. Donc passons. L’appellation « prog », ne l’oublions pas, vient à l’origine du mot progressif, ce qui sous-entend que ce genre est basé sur une progression, notamment au niveau de l’ambiance, censée être variée, évoluer au sein même d’un morceau. Dans ce registre, on notera toujours "Poltergeist" qui ose une intervention piano/voix dans un titre globalement assez bourrin pour mener vers un finish bien épique. "The Coldest Lullaby", également, basée sur une alternance de couplets presque FM et d’un refrain plus agressif.

On attribuera aussi au prog une tendance à mélanger les genres et à aller piocher chez le voisin l’inspiration, démarche plutôt salutaire pour espérer une quelconque évolution musicale. Toujours dans mêmes titres, on notera le début de "Quantic Enigma", qui base son introduction sur une rythmique de guitare d’obédience sud-américaine, pour un résultat plutôt réussi, notamment avec un break calme surprenant en milieu de morceau. Les Italiens ont également une tendance à faire dans la rythmique lourde pas déplaisante. D’entrée de jeu, on se prend en pleine poire le riff de "Crown of Thorns", qui rappellerait presque… Gojira. "Sons of the Sunless Skies" fait également dans la boucherie en gros, après une introduction au synthé qui fait illusion quelques secondes. Là encore, Pathosray nous refait le coup du break calme, un peu plus loin dans le morceau, ce coup-ci. Et c’est encore une fois plaisant et réussi, car judicieusement enchainé, puisque cela permet un repos de l’oreille salvateur. Pas de morceau réellement faible à maudire sur Sunless Skies donc. Seul regret : il y a tout de même chez Pathosray une tendance au refrain un peu trop mielleux, ce qui casse parfois la cohérence des titres. Pourtant, dans l’exercice de la ballade, "For the Last Time" se tient plutôt bien, même si le vocaliste Marco Sandron ne semble pas tout à fait à l’aise dans ce registre plus en retenue.


Prog, Sunless Skies l’est, mais pas trop. Et c’est bien une qualité, même si l’on peut voir ça autrement selon le sens que l’on veut bien donner à ce terme. En attendant, un petit album frais, sympathique et prometteur, ça ne se refuse pas, malgré quelques erreurs de jeunesse. Non, ce coup-ci, on a pas essayé de nous vendre n’importe quoi sous cette appellation.


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