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CHRONIQUE PAR ...

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Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 18 juillet 2009
Sa note : 19/20

LINE UP

-Jörgen Sandström
(chant)

-Jonna Enckell
(chant)

-Lord K. Philipson
(guitare+claviers+basse)

-Anders Bertilsson
(guitare)

-Thomas Ohlsson
(batterie)

TRACKLIST

1)Descend Into the Eternal Pits of Possession
2)You Come to Me Through Hell
3)See the Filth Become Flames in This Furnace
4)Our Wrath Will Rain Down from the Sky
5)The Locust Principles
6)Arise to His World of Infamy
7)The Burial of Gods

DISCOGRAPHIE


The Project Hate MCMXCIX - The Lustrate Process
(2009) - death metal doom metal gothique indus Presque parfait - Label : Vic Records



Après le fabuleux In Hora Mortis Nostrae, The Lustrate Process poursuit l'œuvre d'un groupe qui devrait être l'un des plus grands de son genre aux yeux de la critique. La richesse vocale, ambiante et musicale est rare, et les nombreux et célèbres guests ne s'y trompent pas. La science du mix de la brutalité, de la douceur, de la lourdeur, de l'électronique, de la mélodie lancinante a encore frappé pour définitivement placer The Project Hate MCMXCIX dans ma catégorie de la discographie unique à emporter sur une île déserte. Ultime.

Les ingrédients de la recette The Project Hate MCMXCIX sont toujours les mêmes, et franchement quel bonheur de ne rien changer pour une fois. L'un des growls les plus monstrueux (Jörgen Sandström) qui s'oppose à une voix crystalline (Jo Enckell), jusque là rien d'extraordinaire, d'autres l'ont fait avec bonheur auparavant. La force de la différence de The Lustrate Process, c'est que Sandstöm n'est pas seul, il est venu avec ses amis, histoire de faire un bœuf de beuglements fantastiques sur un album qui ne l'est pas moins. C'est ainsi que le grand LG Petrov a prêté son organe, que Christian Alvestam (ex-Scar Symmetry) a fait de même, et que Martin Van Drunen (Asphyx), complément parfait de Sandström, a poussé aussi la chansonnette, du genre de celle qui n'endormira jamais vos enfants. Il faut aussi rajouter Johann Hegg (Amon Amarth) et il est fort probable que ce soit là l'une des plus belles brochettes jamais réunies sur un album. Et ça hurle dans tous les sens de manière affreusement érectile. Au milieu de cela, Enckell pose de délicieux breaks fragiles mais puissants, parfois aériens et mélancoliques, mais toujours irrésistiblement à propos et entêtants.

Le départ de Freed à la guitare n'a en rien entaché l'efficacité des cordes par rapport à In Hora Mortis Nostrae : un remplacement au pied levé par Bertilsson et Lord K lui-même, mais surtout un apport de choix en la personne de Mike Wead (King Diamond, Mercyfull Fate) pour de multiples soli (dont "The Locust Principles") que contient l'album. Certes ce dernier ne fait pas partie du monde brutal, mais parait-il que c'est un grand fan du Project et c'est bien plausible. L'effet immédiat sur les soli est évident, tandis que les riffs sont comme à l'habitude lourds, graves et variés, du plus lent au rapide, du plus sale au plus éthéré, dépendant de la voix qui est accompagnée. Les passages à la basse sont toujours aussi jouissifs bien qu'un peu rares, et la batterie qui officie depuis In Hora Mortis Nostrae prouve encore une fois qu'elle était indispensable pour donner ce relief qui a encore magnifié l'écrin du joyau. Enfin, Lord K reste Lord K, et ses claviers, ses breaks électroniques, ses breaks industriels, techno et syncopés, sont toujours aussi identitaires et indispensables à ce qu'est The Project Hate.

Il reste à mentionner tout de même Dan Swanö qui semble ne pas avoir son pareil pour mettre le melting pot en place. Non seulement les voix sont nombreuses et les atmosphères tout autant, mais les structures ne sont pas classiques. Le schéma couplet-refrain-couplet est à oublier totalement au profit d'une architecture faite de suite de plans bien différents mais complémentaires, de breaks, mais surtout de pépites perdues au milieu de tout cela. Les « pépites », c'est là toute la magie et la volonté de construction du groupe : elles sont abominablement puissantes et catchy au possible, mais suffisamment courtes pour générer le besoin de la recherche et le besoin d'écouter le morceau pour en avoir plus encore à chaque fois. Et ça marche vraiment, à tel point que l'auditeur avale et apprend à aimer des passages qu'il ne soupçonnait pas pouvoir autant aimer. C'est pour cela qu'il est absolument IN-DIS-PEN-SABLE d'écouter The Lustrate Process en entier, plusieurs dizaines de fois, car certaines « pépites » ne se révèlent que tardivement, mais lorsqu'elles le sont, il se produit un délicieux et systématique dressage pileux.


The Lustrate Process est un diesel. Un 8 cylindres bi-turbo au minimum, parce qu'il produit un effet de bonheur immédiat mais aussi parce qu'il va durer, rien que pour la découverte du détail et l'imprégnation des ambiances qui nécessitent pas mal de temps. Il est assez incroyable de considérer la qualité des trois derniers albums du groupe. Un « Must-Have ».


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