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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 12 juillet 2009
Sa note : 18/20

LINE UP

-Valfar
(chant+guitare+basse+claviers
+accordéon)

-Steinarson
(chœurs)

-Steingrim
(batterie)

TRACKLIST

1)Byrjing
2)Arntor, ein Windir
3)Kong Hydnes Haug
4)Svartesmeden og Lundamyrstrollet
5)Kampen
6)Saknet
7)Ending

DISCOGRAPHIE

Sóknardalr (1997)
Arntor (1999)
1184 (2001)
Likferd (2003)

Windir - Arntor



Valfar remporta la première bataille grâce à son courage et sa fierté, et voilà que deux ans plus tard il repart à nouveau sur son Drakkar, prêt à en découdre. La rage au ventre, fier de ses racines et de son histoire, conforté par sa première victoire, l'impétueux musicien est pris d’une force encore plus grande, comme un guerrier Berserk avant l’assaut. Son savoir faire est reconnu, ainsi que ses qualités de musicien. Il ne lui restait plus qu’à graver dans la pierre son nom pour l'éternité, s’inscrire dans la légende, et ainsi devenir aussi immortel que les Einherjar.

Il n’y a pas d'énorme gap entre Sóknardalr et Arntor. Valfar s’attache à continuer d’imposer sa marque et d'éliminer les différents petits défauts que pouvaient avoir le premier album: la production trop sale, quelques passages où l’inspiration bouillonnante du jeune Norvégien se faisait plus discrète. L’objectif est réussi, la première chose se dégageant d’Arntor étant la maturité du compositeur. Les arrangements sont riches, fournis de détails et sont, une fois de plus, uniques dans le genre. Les claviers et les guitares se mêlent l’un autour de l’autre en permanence pour tisser une tapisserie dense, magnifique en tout point de vue, d’une beauté irréelle: froide comme l’eau des fjords, majestueuses telles les montagnes du Jotunheimen. Jamais les claviers ne furent aussi bien utilisés. Sans chercher à reproduire un orchestre symphonique, sans donner un cachet synthétique, leurs sonorités coulent de source, élèvent la musique vers des cieux oniriques ("Saknet"), vers une chevauchée épique ("Svartesmeden og Lundamyrstrollet") ou d’une tristesse incommensurable ("Kong Hydnes Haug").

Sóknardalr ayant permis à Valfar d’être remarqué, il put enregistrer Arntor au Grieghallen Studio de Bergen, sous la direction de Pytten. La production est donc de bien meilleure qualité, plus propice à développer les magnifiques ambiances créées. Les instruments ne sont plus étouffés, même la basse est audible. La guitare ressort parfaitement, dans un registre heavy plus que black metal, une autre marque de fabrique de Windir. Le talent de Valfar pour écrire des riffs d’une efficacité redoutable monte encore d’un cran, que ce soit celui de "Arntor, ein Windir" ou "Svartesmeden og Lundamyrstrollet", qui sont mémorables et superbes. Valfar enrichit ses riffs avec des accords plus folkloriques ("Kampen"), qui sonnent à la perfection, ou encore de simples accords tranchants comme une épée (la magnifique "Sarknet"). Arntor est parsemé de moments folk, qui font la richesse du disque, et sont un des facteurs de l’ambiance: "Byrjing" et sa superbe mélodie jouée à l'accordéon, le magnifique break à la guitare acoustique d’"Arntor, ein Windir", plusieurs mélodies de claviers d’une beauté exaltante.

Arntor tient un rythme fou tout du long, assuré par la richesse des arrangements, les changements de tempo et la diversité des ambiances. Les chansons évoluent, aussi bien les riffs qui varient légèrement durant un titre que les tempos. "Saknet", le grand moment de l’album avec la chanson "Arntor, ein Windir", oscille entre onirisme aérien, violence et grandeur, sans jamais pouvoir totalement dissocier les trois. "Kampen", judicieusement placé entre les deux pièces épiques de l’album, est une montée en puissance commençant par un mid tempo pour se terminer sur un rythme galopant, passant du magnifique chant clair de Steinarson au chant black, chant clair qui prend d’ailleurs une plus grande importance. Les choeurs oscillent entre le glorieux appel à la bataille ("Arntor, ein Windir") et la sombre tristesse en hommage au roi tombé durant la bataille ("Kong Hydnes Haug"). Et que dire de "Ending", qui termine l’album en apothéose sur une violence brute, la rage au cœur explosant pour mieux nous en irradier.


Jamais l’histoire Viking ne fut aussi belle, jamais les sagas de Scandinavie ne furent aussi bien rendues en musique. La signature et le son si typique de Windir sont matures, les compositions sans temps mort et riches, pour un résultat final magnifique et beau, ainsi que la vision sonore d’une période précise de l'histoire d’une région de Norvège. Arntor est un album indispensable, unique en son genre, un exploit qui fait rentrer Valfar dans la légende et le rend immortel.


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