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CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 16 juin 2009
Sa note : 12/20

LINE UP

-John Kevill
(chant)

-Adam Caroll
(guitare)

-John Laux
(guitare)

-Ben Benett
(basse)

-Nic Ritter
(batterie)

TRACKLIST

1)Jackal
2)Living In A Whirlwind
3)Severed Reality
4)Scorched Earth
5)Abandoned By Time
6)Prey For Death
7)Nightmare Anatomy
8)Shadow From The Tomb
9)Senseless Life
10)Forgotten Dead

DISCOGRAPHIE


Warbringer - Waking Into Nightmares
(2009) - thrash metal - Label : Century Media



Passé l'enthousiasme initial lié au fait de voir le thrash revenir un peu sur le devant de la scène, la vague thrash revival avait rapidement fini par inspirer un sentiment beaucoup plus mitigé en raison du manque flagrant de personnalité des protagonistes. Seule solution : attendre la suite pour voir si les jeunes pousses allaient au moins essayer de s'affranchir de leurs glorieux ainés. Après l'échec cinglant de Merciless Death, place cette fois à un des représentants les plus prometteurs de ce courant : Warbringer.

Autant le dire tout de suite, le style n'a pas changé d'un iota par rapport à War Without End. Vous me direz, jusque là, rien d'anormal, c'est une chose assez fréquente pour un second album ; certes, mais je vous répondrai que c'est toujours assez embêtant quand à la base, le premier avait énormément de mal à se détacher de son influence principale, en l'occurrence Exodus. Surtout que ce n'est pas en se faisant produire par Gary Holt himself que Warbringer va convertir les plus sceptiques. Au passage, on notera, après le calamiteux Let There Be Blood, que la production n'est décidément pas le domaine dans lequel Holt excelle le plus. Le cachet délicieusement old school des guitares sur War Without End, concocté par le vétéran Bill Metoyer, a disparu pour laisser place à un son bien propret, bien dégagé derrière les oreilles. C'est sans doute voulu puisque parfaitement dans l'air du temps, mais on ne m'enlèvera pas l'idée que ce type de son est plus adapté à un album de metalcore qu'à un album de thrash. En revanche, le manque de pêche de la batterie, vraiment faiblard pour le coup notamment lorsque la double pédale est de sortie (et je vous garantis que c'est fréquent), est déjà plus étonnant venant de la part d'un des parrains du genre…

Donc pour faire simple, on retrouve une nouvelle fois tous les gimmicks propres aux premiers albums d'Exodus : les titres courts, les riffs sauvages 100% pur thrash, le chant plein de rage la bave aux lèvres, les soli racés dignes de feu la H-Team (ça, on ne pourra pas l'enlever à Warbringer), les changements fréquents de tempo, les breaks un peu groovy, les chœurs virils sur certaines bribes de refrain… Seul le jeu de batterie, moderne et musclé, dénote avec cette période : là, on est plus proche de jeu de… Tom Hunting sur Tempo Of The Damned ! Difficile de ressortir un des dix titres puisque ceux-ci sont tous issus du même moule (hormis l'instru "Nightmare Anatomy", plus délicate que ses camarades, dont l'influence est plutôt à chercher du côté d'Annihilator), et surtout aucun n'a la carrure nécessaire pour s'imposer comme un classique. Les riffs sont efficaces dans l'ensemble mais un peu passe-partout, aucun refrain n'est en mesure de s'installer durablement dans le crâne… Heureusement qu'il reste les soli, qui coïncident souvent comme les temps forts des morceaux. Par exemple, celui de "Abandoned By Time", fulgurant et qui contraste à merveille avec l'accompagnement bien bourrin, ou celui de "Shadow From The Tomb", petite merveille de toucher.


Alors oui, Waking Into Nightmares n'est pas un mauvais album. A l'instar de son prédécesseur War Without End, il propose dix titres très directs qui défilent sans provoquer trop de lassitude, ce qui est déjà une belle performance vu la le côté étriqué de la formule. Mais le problème reste le même : difficile de se souvenir de quoi que ce soit une fois l'album terminé, tant celui-ci ne sonne que comme un suivi strict et sans âme du manuel du bon album de thrash. A l'évidence, l'élève Warbringer a très bien appris sa leçon ; mais l'a-t-il vraiment comprise ?


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