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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 17 mai 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Sean Z
(chant)

-Emil Werstler
(guitare)

-Eyal Levi
(guitare)

-Jeremy Creamer
(basse)

-Kevin Talley
(batterie)

TRACKLIST

1)Sharpen the Blades
2)Self Corruption Manifesto
3)The Worthless
4)The Unbinding Truth
5)Silenced
6)Wilting on the Vine
7)Translucent Potency
8)Day of the Endless Light
9)Duststorm
10)...of Poisoned Sorrows
11)Incestuous Amplification

DISCOGRAPHIE

The Hinderers (2007)
The Concealers (2009)
Daath (2010)

Daath - The Concealers




Daath avait tout de la bête à concours. Buzz conséquent, label hyper motivé pour les soutenir, présence en leurs rangs d'un des meilleurs batteurs métal du monde (l'über monstre Kevin Talley), c'était parti pour être « the next big thing ». Et puis... non. Des remous de line-up, une réaction pas aussi conséquente que prévue, le soufflé est retombé. De retour avec des troupes fraîches, un nouveau label et une formule renouvelée, ils retentent le coup. Sait-on jamais...


Les regards se porteront probablement sur l'arrivée de Sean Z au chant, et ils auront tort. Déjà parce que Sean Farber n'était son prédécesseur que sur le papier, n'ayant pas assuré les voix sur The Hinderers, et surtout parce que le nouveau venu n'apporte pas grand-chose à la sauce. Attention, c'est une pointure : son growl est furieux comme rarement et il porte l'album de bout en bout, l'ancrant dans le death-metal même quand les mélodies se font omniprésentes. Son grain se rapproche assez de celui de Mike Kameron, crédité comme claviériste avant tout mais qui avait beuglé sur l'album précédent... et dont l'absence aux claviers représente le véritable changement. Kameron était en effet un acteur non négligeable du son Daath, en particulier du fait de sa versatilité d'un titre sur l'autre. Mais sur The Concealers point de claviers, à part lors de très rares incursions d'ambiance, et l'étiquette indus qui accompagnait le groupe auparavant n'a par conséquent plus du tout lieu d'être. Le son est complètement recentré sur les guitares.

Daath est donc devenu un groupe de métal pur et dur, les très nombreux soli de guitare ne faisant que renforcer ce feeling. Le lecteur averti aura fait l'équation par lui-même : du growl, des syncopes, des soli... tout ça ne serait-il pas du metalcore ? Oui et non. Oui pour le grain des guitares, pour les incursions de mélodie et pour le groove fédérateur qui habite certains riffs contraignant l'auditeur à headbanguer avec furie ("The Worthless"). Non car aucun plan clairement identifié "core" ne vient s'intercaler dans le tout, et parce que l'influence du melodeath scandinave est très lointaine. Tout ça est donc un mélange de thrash, de heavy et de death servi par un son à décorner les boeufs, et où l'inventivité de certains plans fait bloquer l'auditeur avec joie. On notera ainsi le break lyrique voire néoclassique de "The Unbinding Truth" où un enchaînement d'accords pourtant évidents dégage une classe folle. Le blast ouvrant "Silenced" rappellera à tous que Talley est une brute épaisse, même si le batteur se fait moins démonstratif sur cet album que sur The Hinderers ou l'éponyme de Chimaira.

Le speedé "Day of the Endless Light" est une preuve de plus que le groupe peut manger à tous les râteliers sans sourciller : on passe d'un thrash véloce à un black moderne à la Immortal pour retomber sur un power-heavy burné et chaloupé, et tout s'enchaîne comme par magie. Le mini-break de guitare claire presque manouche fait partie de ces petites réjouissances que sait offrir le groupe quand on ne s'y attend pas, comme l'intro dancefloor de "... of Poisoned Sorrows". En ce sens The Concealers est une vraie réussite : l'album est puissant de bout en bout, le rythme ne faiblit jamais et Daath trouve toujours la petite touche d'imprévisibilité qui relance l'intérêt. C'est donc indéniablement bien torché voire carrément impressionnant par moments, mais le reproche fait à l'album précédent reste malheureusement valable ici : l'identité du groupe n'est toujours pas perceptible. On reste incapable de saisir ce qui distingue Daath des autres formations du genre, et il n'est pas encore possible de reconnaître le groupe juste en écoutant leurs chansons.


The Concealers est un album de métal burné, moderne et efficace qui fera à coup sûr le bonheur du metalhead moyen. Difficile de trouver un défaut dans cette muraille de son, de puissance et d'idées. À défaut de se forger une véritable identité de créateurs, Daath fait preuve d'un talent d'exécution et de composition peu communs. C'est déjà pas mal.


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