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CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
Cette chronique a été mise en ligne le 17 mai 2009
Sa note : 5/20

LINE UP

-Yngwie Johann Malmsteen
(guitares+tout le reste)

-Michael Troy Abdallah
(quelques claviers)

TRACKLIST

1)Forever One
2)Like an Angel
3)Crying
4)Brothers
5)Memories
6)Save Our Love
7)Ocean Sonata
8)Miracle of Life
9)Sorrow
10)Prelude to April

DISCOGRAPHIE

Marching Out (1985)
Trilogy (1986)
Eclipse (1990)
The Seventh Sign (1994)
Unleash The Fury (2005)
Perpetual Flame (2008)
Angels of Love (2009)
Relentless (2010)

Malmsteen, Yngwie - Angels of Love
(2009) - shred New Age - Label : Rising Force



Quoi? J’ai rien sorti en 2009! Et Ripper, lui, il vient de sortir son album solo. Et même pas, il m’invite. Quel chien! J’suis pas près de le rappeler celui-là. En plus à cause cette enflure au micro sur MON dernier album, Perpetual Flame, je me suis fait éreinter par une bonne partie de critique, mais surtout par le public. Même les fans de la première heure ont jeté le CD par la fenêtre. Il faut se reprendre, hein, et dare-dare. J’ai peut-être pas de chanteur fixe en ce moment, mais ne vous inquiétez pas : je ne manque pas d’idées…

Et la dernière en date est cet Angels of Love. La bonne nouvelle, me direz-vous, est que notre Suédois d’amour n’apparaît pas sur la pochette, l’air méchant, la silhouette affinée grâce à la magie de l’informatique, entouré de tout le barnum flaming habituel qui fait même marrer les die hard fans de tuning. Figure au recto de ce CD une belle brune (sa femme!) toute de blanc vêtue, attablée au guéridon de son jardin d’hiver, en plein visionnage de clichés probablement torrides du Maestro. Histoire de coller un petit côté artistique à la chose, mon tout est photographié par un amateur de David Hamilton. Ce changement sonnerait-il l’heure du renouveau pour Yngwie ? Pas vraiment puisque ce dernier opus est une nouvelle compilation du shreddeur venu du froid. Mais une compil’ pas comme les autres. Cette fois, c’est son cœur de rocker qui mène la danse. Il s’agit en effet du best of des meilleures ballads, love songs et autres romantic tracks composés par Malmsteen depuis ses débuts. Soit un total de neuf reprises auquel s’ajoute l’inédit "Ocean Sonata", réclamé par Madame April Malmsteen qui officie ici en tant que directrice artistique. Et le bon goût est de famille, cela va de soi.

Alors plutôt que de graver telles quelles ses plus belles chansons d’amour, Yngwie a tout réarrangé, puis réenregistré. Et comme à son habitude, en passe de réellement devenir pénible, il joue tous les instruments, exception faite d’une partie des claviers qu’il a cédée au newcomer Michael Troy Abdallah. A l’instar de Tim Owens, l’habituel claviériste Derek Sherinian devait probablement être trop occupé avec son album solo et pas spécialement enclin à figurer dans un nouveau désastre made in Mamsteen. D’ailleurs, autant être clair : dans leur version studio originale, la plupart de ces compositions sonnaient déjà un brin kitsch, du moins très 80’s dans le très mauvais sens du terme: paroles un poil niaises, son clair nourri au triptyque chorus/reverb/delay, puis grosse saturation stridente pour asséner un solo et terminer le morceau sur un déluge orgasmique de notes. En somme, pour faire tomber les filles, mieux valait-il choisir dans sa cdtèque autre chose que du Malmsteen. Encore qu’à en croire l’adage, femme qui rit à moitié dans son lit…

Angels of Love est en fait aussi hilarant que si Bon Jovi avait réenregistré "Living on a Prayer" ou "Wanted Dead or Alive" en chant hurlé, voire en growl. Ni plus, ni moins. Il s’avère donc inutile de procéder à une revue de détails titre par titre puisque le principe est le suivant pour chaque piste. 1)Je prends le morceau d’origine. 2)Je me congratule car il est excellent ce morceau, alors je le sélectionne. 3) Je me dis qu’il va encore être meilleur en lui conférant le maximum de sonorités acoustiques parce que, cordes nylon ou métal, le gratte sèche, ça me connaît. En plus je vais me dispenser de toute diva au chant. Un arrangement de guitare remplacera aisément tous ces mercenaires qui veulent me faire de l’ombre. 4)Et j’en profite pour refaire toutes les pistes des autres instruments, parce qu’honnêtement quand je pense à tout le fric dépensé en musiciens de studio vu le résultat, je ne suis jamais mieux servi que par moi-même. 5)Côté piano, je connais un gars qui va quand même me faire ça pour pas cher. Et hop, c’est dans la boîte. Comme je ne suis pas chien, je lâche un inédit sous les bons conseils de ma chère et tendre, je l’intitule "Ocean Sonata". D’ailleurs, j’aurai dû le sortir avant tant il n’aurait pas dépareillé sur mon Concerto Suite For Electric Guitar & Orchestra. Maintenant, l’auditeur a le choix de préférer les originaux, mais force est de constater que ça change un peu de d’habitude. Et la mode est aux orchestrations ampoulées, limite New Age. Vous allez a-do-rer "Brothers" et "Crying" (les deux meilleurs morceaux à la base) que j’ai autant démolis que la face de Michael Jackson après son passage chez le chirurgien esthétique. Mais si, ça a de la gueule. Promis.


Promis: l’auteur de ces lignes, fan de Malmsteen, ne cherche pas le bon mot pour se faire plaisir. Malmsteen a simplement franchi cette fois le seuil de l’intolérable cruauté. Certes, son shred reste intact mais tellement noyé dans un magma de mauvais goût qu’il passe en arrière-plan. Prions seulement pour que MTV ne relance pas son émission Unplugged avec la chouette envie d’inviter le Suédois. Qui, en revanche, peut postuler sans souci aucun pour le prochain Eurovision. Avec Owens en tutu.


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