3411

CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Damon Johnson
(chant+guitare)

-Kelly Gray
(guitare)

-Roman Glick
(basse)

-Scott Rockenfield
(batterie)

TRACKLIST

1)Stigmata
2)Ruby Wednesday
3)Slave to the System
4)Live This Life
5)Cruise out of Control
6)Abyss
7)Disinfected
8)Gone Today
9)Will You Be There
10)Leaves
11)Walk the Line
12)Ragdoll

DISCOGRAPHIE


Slave To The System - Slave To The System
(2006) - rock mélodique - Label : Spitfire Records



Slave To The System, c'est un peu le conte de fée du heavy. Deux mecs en rencontrent deux autres, et décident d'occuper leur temps libre en jammant, sans aucune pression particulière ni projet: leurs groupes respectifs les occupent déjà suffisamment. L'un d'eux est producteur de métier et a un studio (c'est quand même fort pratique), résultat en trois semaines un album a vu le jour. Ils l'envoient à quelques labels pour rire et là, baoum! C'est le carton, tout le monde craque.

Passée cette jolie historiette, on peut se pencher plus sérieusement sur le cas Slave To The System pour en tirer la substantifique moëlle, qui est faite avant tout de rock mélodique. Et oui, là où une mixture indigeste "Alice Cooper meets Queensrÿche" était à craindre, le combo nouveau-né, porté par son inspiration et un plaisir évident à jouer ensemble, a pondu un album personnel et réjouissant.L'orientation choisie est le rock mélodique, et Slave To The System maîtrise plutôt bien son sujet. Kelly Gray est connu pour être assez inégal aux manettes: on se souvient de la prod d'Enemies Of Reality de Nevermore, conspuée par le groupe et les fans. L'homme a ici particulièrement bien réussi son travail: Slave To The System sonne comme un groupe de rock moderne tout en conservant cette chaleur et ce groove typique aux groupes des années 80. Dans la série eighties, on peut d'ailleurs compter la voix de Damon Johnson: loin des monstres techniques du heavy moderne, l'homme se pose comme un chanteur à l'ancienne au timbre chaud et très agréable. Il sait ajouter à son grain clair un soupçon d'agressivité çà et là pour coller aux riffs les plus musclés de son groupe. Et des riffs musclés il y en a : "Stigmata" s'articule autour d'un riff qui fleure bon le heavy-rock et "Cruze Out Of The Control" claque méchamment, alors qu'on trouve en "Ruby Wednesday" un modèle de groove mélodique qui nous rappelle qu'on a tout de même deux membres marqués du sceau "Queensrÿche" dans le groupe. Le title-track "Slave To The System" est tout simplement imparable: son riff hard-rock d'ouverture, son couplet qui fait taper du pied, et surtout ce refrain énorme qui renoue avec le meilleur du hard FM en cent fois plus burné, c'est ce qu'on appelle un tube en bonne et due forme. Epatant!

Slave To The System renoue en effet avec une tradition quelque peu perdue ces dernière années: celle de la compo rock à mélodies et à refrains, pas prise de tête pour un sou mais diablement accrocheuse et débordante de feeling. On ne trouve guère plus que Nickelback sur ce créneau, et si Slave To The System a pour point commun avec le groupe de Chad Kroeger un son résolument ancré dans les années 2000, force est de constater qu'il l'enfonce littéralement sur les autres plans. Imaginez-vous que cet album est varié, partant explorer des contrées de pop-rock douce avec bonheur: Damon Johnson excelle sur "Live This Life", compo qui rappelle pas mal le Red Hot Chili Peppers de Californication ou By The Way (la mièvrerie insupportable en moins). Dans le registre de l'émotion, la ballade acoustique "Abyss" fait également mouche, le timbre si typiquement américain de Johnson répondant à merveille à la production cristalline de la guitare de Gray. L'album nous promène ainsi entre puissance et délicatesse, tout en nous collant dans la face quelques refrains anthologiques au passage: nombreuses sont les mélodies qui vous trotteront dans la tête après l'écoute de cet album.


Slave To The System est donc la très bonne surprise de ce début d'année. Le plaisir que les musiciens ont à jouer ensemble est littéralement palpable, on sent à l'écoute que cet album a été le fruit d'un plaisir partagé et non pas d'un quelconque calcul. Et quand le résultat a une telle classe, on se dit que l'absence de calcul ça a quand même du bon. Sans prétendre aucunement au statut de chef d'œuvre, Slave To The System est un album qui devrait rassurer tous ceux qui se lamentent en déclamant que "le rock est mort" (ben voyons). En voilà du rock, du bon, du qui sait se faire tour à tour énergique, groovy et émouvant. Les quatre compères, qui n'avaient pas du tout prévu ce succès inattendu, commencent à laisser entendre que Slave To The System pourrait bien dépasser définitivement le statut de side-project et devenir un vrai groupe, ce qui signifie autres albums et tournées en perspective. Croisons les doigts!


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1