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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Siouxsie Sioux
(chant)

-Jon Klein
(guitare)

-Martin McCarrick
(violon+claviers)

-Budgie
(batterie)

-Steven Severin
(basse)

TRACKLIST

1)O Baby
2)Tearing Apart
3)Stargazer
4)Fall from Grace
5)Not Forgotten
6)Sick Child
7)Lonely One
8)Falling Down
9)Forever
10)Rapture
11)Double Life
12)Love Out Me

DISCOGRAPHIE

The Scream (1978)
Tinderbox (1986)
Peepshow (1988)
Superstition (1991)
The Rapture (1995)

(1995) - pop - Label : Polydor



Les Banshees sont en pré-retraite, ils sortent désormais un album tous les trois ou quatre ans. The Rapture sera le chant du cygne. En guise d'adieu, on restera un peu sur notre faim. Le virage pop amorcé depuis Peepshow s'était jusqu'à présent déroulé sans encombre ou presque (quelques titres de remplissage sur Peepshow). Mais les Banshees conservaient leur faculté à toucher à tout, tout en demeurant créatifs.

Sur The Rapture, les Banshees se rabaissent à de la pop facile dès les quatre premiers morceaux ("O Baby", "Tearing Apart", "Stargazer" et "Fall From Grace"). On aurait sûrement crié au génie si cela avait été fait par des groupes pop comme The Corrs ou The Silencers. Mais de leur part, on est en droit de s'attendre à plus d'ambition. Inutile de dire que les Banshees perdent un peu de leur crédibilité, au regard des classiques enregistrés dans les années 80. Bref, c'est comme toujours parfaitement produit (par John Cale, s'il vous plaît), sympatoche (les chansons sont quand même bonnes) mais ça aurait pu être bien mieux.

A partir de "Not Forgotten", le disque commence véritablement à prendre de l'ampleur. On retrouve un clin-d'oeil sur ce titre aux références "gothiques" qui ont jalonné la carrière du groupe. Bizarrement, The Rapture devient plus intéressant à ce moment, après un démarrage timide. Quelques titres rock rappellent que les Banshees peuvent aussi envoyer la purée, comme sur "Falling Down" ou le bien balancé "Love Out Me", sur fond de basse gothique. On se prend quelques riffs en pleine face, avouez que ce n'est pas très courant chez eux. Au rayon "pop intimiste", la ballade dissonante "The Double Life", les touches folk/country de "The Lonely One", avec accordéon en prime, ou le magnifique "Sick Child", autant de titres où le bel organe de Siouxsie Sioux fait encore mouche. Séquence nostalgie avec "Forever" qui rappelle un peu Melt!, surtout pour les guitares. En tout cas, les Banshees ont le mérite de ne pas tomber dans les travers du "rock alternatif", en ces années 90 propices à ce genre d'égarement (cf. R.E.M., The Cure, Noir Désir...). Et les synthés "années 80", présents sur Superstition, ne sont (malheureusement) plus de la partie.

Le principal intérêt de ce disque, c'est surtout The Rapture, le morceau éponyme de onze minutes, qui voit les Banshees renouer avec les arrangements orchestraux. On avait pas vu ça depuis "Rhapsody" (la chanson, pas le groupe, hum!) qui figurait sur Peepshow. "The Rapture" commence calmement, façon "musique de chambre", avant de décoller avec au menu guitare acoustique et violon. Attention, je vous vois venir, non ça ne sonne pas "soupe" ou "fleur bleue"'. Mention spéciale au bassiste, avec ses sonorités "chelou", contribuant à rendre l'atmosphère plus tendue. Évidemment, il y a un gros contraste entre ce titre et la simplicité apparente des autres chansons. The Rapture reste de bonne qualité, même si je lui préfère Peepshow et Superstition, encore emprunts de la naïveté des années 80.


Les Banshees se sépareront après cet album, conscients d'avoir fait le tour de la question. Aux dernières nouvelles, Siouxsie Sioux montera un projet intitulé The Creatures, en compagnie de Budgie, avec lequel elle partage sa vie dans une villa paisible en France. Les Banshees se reformeront le temps de quelques concerts et sortiront un album live en 2002.


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