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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Siouxsie Sioux
(chant)

-Jon Klein
(guitare)

-Martin McCarrick
(claviers)

-Budgie
(batterie)

-Steven Severin
(basse)

TRACKLIST

1)Kiss Them for Me
2)Fear (Of the Unknown)
3)Cry
4)Drifter
5)Little Sister
6)Shadowtime
7)Silly Thing
8)Got to Get Up
9)Silver Waterfalls
10)Softly
11)Ghost in You

DISCOGRAPHIE

The Scream (1978)
Tinderbox (1986)
Peepshow (1988)
Superstition (1991)
The Rapture (1995)

Siouxsie And The Banshees - Superstition
(1991) - pop - Label : Polydor



De toute la période pop des Siouxsie and the Banshees, entamée à partir de Peepshow (1988), Superstition est certainement le meilleur album. Classé hâtivement dans la vague gothique faisant fureur en Angleterre, à cause du look de sa chanteuse Siouxsie Sioux et du poste de guitariste provisoirement occupé par Robert Smith des Cure passée une époque, les Banshees ont eu une démarche comparable à celle de Queen dans leur façon de changer de style à chaque album et de toucher un peu à tout. Les seules choses qui pourraient se rapprocher du gothique sur Superstition seraient les sonorités de la basse et les quelques notes de claviers bien dans cet esprit, mais ça ne va pas plus loin.

Superstition est une petite merveille pop, superbement produit par Stephen Hague ce qui permet aux Banshees de dévoiler toute la richesse de leurs arrangements face à une musique simple en apparence mais loin des clichés qui entourent la pop music. Un virage commercial déjà entamé sur Peepshow et parfaitement négocié, une fois n'est pas coutume. Siouxsie Sioux magnifie chaque compo avec un chant d'une beauté et d'une douceur extrême (sur "Softly"), ou à fortes tendances schizophréniques comme elle l'a toujours fait. Mais il ne faut pas oublier la performance exceptionnelle des musiciens derrière, à leur top techniquement, d'un feeling à couper le souffle ; le moindre accord, coup de caisse claire, rien n'est laissé au hasard, tout se fait au service de la musique. Leur qualité ne sera sûrement pas évidente à saisir pour le metalleux ou le progueux de base, mais dans le genre pop, ça joue, croyez moi !!! La meilleure preuve en est l'absence de solos, totalement inutiles dans ce cas de figure.

Comme je le disais plus haut, la richesse des arrangements empêche l'album de tomber dans un minimalisme béat, caractéristique de la pop music. Comme d'habitude avec les Banshees, l'album est d'une grande diversité, alternant chansons catchy avec parfois quelques réminiscences gothiques rappelant les origines des Banshees ("Cry", le rock gothique survitaminé de "Got To Get Up") et mélodies pop à fleur de peau (le single "Shadowtime", "The Ghost In You", la ballade "Little Sister"). Comme sur chaque album des Banshees, il y a aussi le single commercial et léger, le plus accessible "Kiss Them For Me", convenable sans être sensationnel. Il ne contient pas d'aussi belles mélodies que les autres chansons et a été composé dans un but mercantile évident.

Mais même sur le single le plus banal qui soit, les Banshees ont la classe. "Fear (Of The Unknown)", sorte de version rock déjantée de la BO d'Un Flic à Beverly Hills, aurait fait un meilleur single. On y retrouve dessus tout ce qu'on aime chez eux, avides d'expérimentations et de trouvailles en tout genre, tout en demeurant très accessible (comme Queen), c'est bien là leur force. Il existe même une version inédite de "Fear (Of The Unknown)", dans un remix qui sonne très "dance music", un style très en vogue au début des années 90, confirmant une fois de plus leur manie de piocher dans les tendances actuelles (comme Queen toujours). Il n'y a cependant pas de titres grandiloquents et ambitieux comme ils ont pu le faire par le passé ("Rhapsody", "Dazzle"), à part peut être sur le dramatique "Drifter". C'est le format pop qui domine ici, les chansons sont assez courtes et faciles à retenir.


Les fans les plus intransigeants trouveront sans doute Superstition trop sage, mais quel que soit le registre abordé, les Banshees ont toujours réussi leur métamorphose, sans faire du bricolage comme un Marillion par exemple. La marque des grands en quelque sorte.


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