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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12/20

LINE UP

-Sami Boman
(claviers+chant)

-Juha Lehtioksa
(guitare)

-Toni Lahtinen
(guitare)

-Jari Ojala
(batterie)

-Matti Aikio
(basse+chant)

-Riina Rinkinen
(chant)

-Elias Kahila
(violoncelle)

TRACKLIST

1)Hangman'S Lullaby
2)Serpentized
3)Dead Silent
4)Unbroken
5)Frostnight
6)Children Of Chaos
7)Empress Of The Dark
8)Seducia

DISCOGRAPHIE

Seducia (2006)

Silentium - Seducia
(2006) - gothique - Label : Dynamic Arts



Silentium, c'est le genre même de groupe qui risque de souffrir d'un délit de belle gueule. Déjà, les gens qui ont besoin d'être plus de cinq pour faire un groupe, c'est louche, et de surcroît on se traine comme un boulet son origine finladaise, le nom en latin de cuisine, la pochette romantico-dark, les fleurs qui brûlent sur un champ de neige à l'intérieur du livret, ce qui réunit assez d'éléments pour que le quidam puisse nonchalamment pointer son doigt accusateur sur l'objet et déclarer sans prendre trop de risques : «tiens, du goth à chanteuse».

Et ce n'est pas le titre d'ouverture "Hangman's Lullaby" qui risque de contredire le quidam : petite intro piano/synthés/violoncelle, chant féminin assez grave, pas désagréable mais plutôt fade, couplet mélancolique gentillet et montée en puissance avec grosses guitares lors du refrain. À ce minimum syndical, rajoutons de structures accessibles sans être trop simplistes, une production décente et une touche caractéristique du goth finlandais (Amorphis, Sentenced) dans les riffs, obtenant ainsi une chanson limite cul-cul la praline mais demeurant très catchy. En somme, tout ce qu'on recherche (ou évite) dans le goth à chanteuse.

Mais on sent bien la volonté de Seducia de ne pas se laisser cerner aussi rapidement, et le groupe essaye de nous en faire voir de toutes les couleurs dans la limite du genre qu'il s'est imposé. Passons rapidement sur "Unbroken", la ballade piano-violoncelle souffrant de ses arrangements un peu simplistes et "Dead Silent", titre mid-tempo à la Lacuna Coil qui ne se démarque que par son break imprévisible (merci au violoncelliste, une fois de plus). Seducia se révèle un peu plus intéressant pour celui qui recherche du grandiloquent, du bombastic : "Frostnignt" et "Empress Of The Dark", à la croisée d'After Forever et Nightwish, mais possédant un arrière-goût inexplicable de vieux Tiamat.


Quand il s'agit d'instaurer des ambiances mystiques, inquiétantes, limite violentes, Seducia n'est pas en reste avec "Children Of Chaos", proposant une sorte de gothique extrême à la Peccatum, avec son lot d'harmonies bizarroïdes et d'enchaînements assez brusques. Matti - bassiste-chanteur au timbre agressif-mélodique qui n'est pas sans rappeler son homologue de Nightwish - s'en tire bien quand il s'agit de donner la réplique à la chanteuse sur le morceau éponyme, mais il manque malheureusement de charisme vocal quand une chanson ("Serpentized") repose principalement sur lui. Tout l'album est dans cet esprit "à boire et à manger" : de tout, de rien, du bon, du moins bon, une personnalité qui peine à vraiment apparaître, et le délit de belle gueule est donc partiellement justifié. Le tout est de savoir vous prendrez le délit de belle gueule comme un sourire aguicheur ou bien comme du racolage passif.


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