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CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 03 mai 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Gabriel Garcia
(chant+guitare)

-Alexander Nunez
(guitare)

-Zachary Sandler
(basse)

-Steven Spence
(batterie)

TRACKLIST

1)Shockwave
2)Shout
3)Warriors of Time
4)Give Me a Chance
5)Let Me
6)Show Me the Way
7)Enterprise
8)Live Fast Die Young
9)Hit the Lights
10)Black Abyss
11)Light from Above

DISCOGRAPHIE


Black Tide - Light From Above
(2009) - heavy metal hard rock Hair Metal, 80's revisitée - Label : Interscope



Dexter Morgan n’est pas un serial killer comme les autres. Il ne satisfait ses pulsions meurtrières qu’en éliminant d’infâmes psychopathes qui ont réussi à échapper au système judiciaire. Très à cheval sur ce principe, il n’élimine que ceux « qui le méritent », comme le préconise le code de Harry, son père adoptif. Le nouveau cas qui s’offre à lui lui pose un problème de conscience… Que faire de ce Black Tide?

Apparemment ce combo voisin de Dexter car originaire de Miami tombe complètement dans la catégorie des proies destinées à assouvir les penchants sanguinaires de notre héros. Le groupe accumule en effet les handicaps qui le font passer pour un pur produit marketing monté de toutes pièces par un label ou un manager véreux. Pour commencer, le gimmick mis en avant dans la promotion du groupe avant tout autre élément est l’âge des musiciens : le chanteur et le guitariste auraient créé le groupe à 11 et 13 ans respectivement et aucun n’avait plus de 20 ans au moment de l’enregistrement de l’album (deux membres sont encore au lycée). Black Tide s’est même fait remarquer en se faisant jeter de la seconde scène du Ozzfest sponsorisée par Jägermeister… car ils n’avaient pas l’âge légal pour boire de l’alcool. Dexter sent le plan foireux et commence à aiguiser ses outils.

La pochette absolument ignoble que même un groupe de thrash allemand de seconde zone aurait refusé en 1983 en remet une couche avant même d’insérer le CD dans la platine. Le groupe a par ailleurs tourné avec Bullet For My Valentine, Bleeding Through, Avenged Sevenfold, Lacuna Coil… difficile de faire plus trendy dans le genre metal américain vite consommable et jetable (oui, Lacuna Coil est devenu un groupe de metal américain). Les états de services du producteur Johnny K à l’œuvre sur la galette (Disturbed, Soil…) vont dans le même sens. Enfin il est surprenant de voir à quel point Black Tide se débrouille pour profiter de tous les nouveaux moyens de promotions disponibles en se retrouvant au générique de nombreux jeux vidéos (Rock Band mais aussi Skate 2, MotorStorm…) ou albums hommage (ils reprennent "Prowler" sur le Maiden Heaven de Kerrang).

Et la musique dans tout ça ? C’est simple, dès l’opener "Shockwave" on se retrouve directement plongé au cœur des années 80 du côté de Los Angeles. Les vieux albums de Mötley Crüe ou de WASP sont les premières références évidentes qui sautent aux oreilles. Riffs, voix, soli… tout est là pour recréer le style de hard rock / heavy mélodique à la mode à l’époque. Le tube "Shout" rajoute l’influence de Skid Row à celles déjà présentes. Et ça continue : "Warriors of Time" et ses oh oh oh efficaces même si clichés et répétitifs, "Give Me a Chance" et son côté très hard FM avec ce refrain presque pop… Les titres se succèdent, certains étant très entraînants, souvent rapides, positifs et légers, proposant de nombreux refrains accrocheurs et nombres de mélodies entêtantes. Seule l’utilisation parcimonieuse de la double grosse caisse de Steven Spence et quelques effets sur la voix de Gabriel Garcia ("Let Me") apportent une très légère touche de modernité.

Car sinon, tout ce qu’on entend sur ce Light From Above aurait pu être écrit et enregistré dans les années 80. Et ce ne sont pas "Enterprise" et "Live Fast Die Young", les deux titres les plus proches du Crüe, qui me contrediront (on croirait entendre Vince Neil au début du deuxième nommé!). Ce trip nostalgique des 80's est pour le moins étonnant pour des musiciens aussi jeunes. Une petite reprise du "Hit the Lights" de Metallica (moins couillue que l’originale mais assez fidèle et sympa) pour s’ancrer encore plus dans les années 80 et s’acheter un peu de crédibilité à peu de frais et le tour est joué. Les deux derniers morceaux ne s’écartent pas du propos mais proposent notamment de bonnes lignes de chant, permettant ainsi à l’album d’arriver à son terme sans avoir réellement eu le temps de s’essouffler ou de connaître de passage à vide.


Malgré les quelques réticences qu’il pouvait avoir, Dexter est obligé de reconnaître qu’il faisait un procès d’intention à ces gamins qui lui ont fait passer un très bon moment. Finalement il va plutôt ranger ses outils morbides et se chercher une autre victime pour assouvir ses pulsions sanguinaires. Tiens à la place il aurait presque envie d’aller chercher cette cruche de Rita pour partir se balader en voiture, en écoutant ce Light From Above à fond dans la sono.


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