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CHRONIQUE PAR ...

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Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 03 mai 2009
Sa note : 16/20

LINE UP

-Sly Apollinaire
(chant)

-Bill Bokey
(guitare)

-Niko Don Montes
(guitare)

-Philoons
(basse)

-Moïse
(batterie)

TRACKLIST

1)Growing Too Fast
2)The King of Ghosts
3)Galadriel
4)Before the Tempest
5)Stone Waltz (Lutetia Woman)
6)Rainbow
7)I Don't Wanna Bore You
8)White Night

DISCOGRAPHIE


Ravenhill - Moonlight Overdrive
(2009) - rock psychédélique Rock psyché un peu prog' - Label : Autoproduction



Pour une fois que la bio d'un groupe est vraiment un petit bijou d'orfèvrerie, je ne résiste pas à vous en mettre un extrait : «Inspiré par l'histoire secrète lyonnaise, la mythologie ouest-américaine ou la simple routine des années 00, l'âme profondément ancrée outre-Manche, Ravenhill est un paradoxe, à l'image de ses membres : Devant, un Sélénite alpiniste scande et triture des claviers, entouré d'un Vulcain bluesy et d'un Neal Cassady « télévisuel » croisant le fer à la six cordes tandis que derrière, des Laurel et Hardy gonzo commandent une machine de guerre rythmique.» Ça donne envie, non?

Bon, présenté comme ça, ça a l'air d'un joyeux bordel. Et c'est exactement ça! Un joyeux bordel maîtrisé, fait de bric et de broc, de mélodies tantôt enjouées tantôt tristes mais jamais fadasses, de licks bluesy, de comptines mélancoliques, de guitares qui envoient. Rarement un album n'aura aussi bien porté son nom : "Moonlight Overdrive" c'est la rencontre de ceux qui ont tendance à être souvent dans la lune avec des instruments qui font des bruits saturés quand on les triture. Difficile alors de coller nos Lyonnais dans une case, alors ne tentons pas l'impossible et laissons-nous emporter dans la rêverie des 5 gaillards. "Growing Too Fast", l'opener, nous permet de faire la rencontre de tous les personnages, notamment Sly, chanteur au timbre troublant qui balance ses lignes sur des guitares psyché et tournoyantes. Ça commence bien! Et quel plaisir on prendra à retrouver ce sympathique personnage sur le "King of Ghosts", complainte fort réussie et pas cliché pour un rond.

Voilà pour la mise en bouche, le meilleur reste à venir. Introduit par un ensemble de clochettes venues de toute part et qui s'organisent petit à petit en une mélodie imparable, "Galadriel" se la joue ballade acoustique aux multiples arrangements et à l'ambiance zeppelinienne. Dans un genre plus fuzzy, "Stone Waltz" frappe un grand coup avec ses guitares sauvages et lysergiques qui servent un Sly tour à tour inquiétant et enjôleur. Du grand art! Et d'enchainer sur "Rainbow", qui louche du côté d'un stoner rock venu d'Angleterre avec des guitares qui font wah-wah et un chanteur qui s'amuse (et ces chœurs!). Les amateurs de rock progressif ne devraiten pas être décus avec le final "White Night" qui résume bien les 40 minutes précédentes à grand renfort de riffs graous, de guitares acoustiques, d'ambiances travaillées et d'arrangements bien foutus.


À la croisée de bien des chemins pas trop éloignés du rock et plutôt ancrés dans les seventies, Ravenhill nous propose un joli voyage au cœur de leur monde où les guitares fuzzy croisent les xylophones enchanteurs et les conteurs qui savent faire vibrer. Bravo.


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