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CHRONIQUE PAR ...

60
Dizayeure
Cette chronique a été mise en ligne le 03 mai 2009
Sa note : 13/20

LINE UP

-Vaerohn
(tout)

TRACKLIST

1)Lune Malade
2)Flore
3)Dés-espoir
4)Coup de Blues
5)Épitaphe
6)Repas de Corbeaux

DISCOGRAPHIE

Vacuum (2009)
Grotesque (2010)




Comment décrire la musique de Vacuum ? C’est un peu comme si, par une belle journée de mai, vous décidiez d’aller visiter le Louvre pour admirer ses délicats tableaux classiques. Alors que vous vous extasiez devant la Mona Lisa, soudain l’obscurité se fait et la pièce est prise d’assaut par un groupe de personnes mohairement vêtues, hurlant, déféquant sur les tableaux, festoyant dans les entrailles des enfants en visite scolaire décapités, et violant les touristes japonaises. Ceci résume, à peu de choses près, l’ambiance de l’album.

Pensées Nocturnes est en fait une seule et unique personne, Vaerhon, qui signe avec Vacuum son premier album. Sur le papier, le concept est alléchant : un mélange de black dépressif avec de la musique classique et du blues. Et en effet, durant les premières secondes de "Lune Malade" on croit avoir découvert un joyau, une pièce de musique rare et précieuse. Jusqu’à ce que le chant arrive… Enfin, si on peut parler de chant, car on est ici en présence d’un hurlement monotone, même pas d’un growl ou encore d’un chant extrême proposant de nombreuses variations comme chez Shining. Ce râle est un peu comme les œuvres qui poussent le plus loin le concept de l’Art Moderne : on aime ou on n’aime pas, mais on ne peut pas simplement l’apprécier, voire simplement le supporter. Et ceux qui ne l’apprécieront pas, ne pourront hélas apprécier le reste de l’album et ressortiront de l’écoute avec l’impression que l’on n’est pas passé loin d’un album extraordinaire.

En effet, les accompagnements sont tout simplement sublimes, et de ce point de vue-là on ne nous a pas menti. Les parties classiques, majoritaires, comportent une multitude d’instruments et de détails : clarinette, basson, piano, cor, violon, violoncelle, et j’en passe (écoutez pour cela la fin de "Épitaphe"). De quoi permettre de nombreuses écoutes pour distinguer toutes les nuances. L’outro de "Flore" est ainsi somptueuse, et sa mélodie aura la bonne idée d’être reprise lors du premier break de "Dés-espoir", au piano et au violon. On soulignera également la délicieuse introduction blues de "Coup de Blues", qui vient surprendre l’auditeur habitué jusque là à entendre un mélange de black et de musique classique. L’instrumentation black est quant à elle plus anecdotique, même si pas dénuée d’intérêts (comme par exemple le riff de "Dés-espoir"). On ne retrouve cependant pas la même inspiration que pour les parties classiques ou les arpèges en guitare acoustique qui agrémentent l’album.

Dommage donc que ce chant/hurlement soit si présent sur l’album, car un chant froid quasi narratif comme sur l’intro de "Épitaphe" aurait été un choix plus judicieux. J’ai donc personnellement passé l’écoute à prier pour que quelqu’un fasse taire une bonne fois pour toute Vaerohn pour que je puisse profiter de cette ambiance froide et mélancolique et de ces arrangements merveilleux. Vacuum est un disque qui vaut vraiment le coup d’être entendu. J’envie ceux qui aimeront le chant car je n’ai pas pu et je sais que je passe à côté de quelque chose, comme me le rappellent les nombreuses chroniques élogieuses de la concurrence.

Une fois n’est pas coutume, je vous donne le détail de la note : 19,5/20 pour les accompagnements, 15/20 pour le reste de l’instrumentation (riff, batterie) et 05/20 pour le chant, ce qui nous fait une moyenne de 13/20.


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