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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10/20

LINE UP

-Matthias Nauen
(chant)

-Peter Busse
(basse)

-Andre Löpers
(guitare)

-Benjamin Hennes
(batterie)

TRACKLIST

1)Time To...
2)Taste My Glory
3)Integrity
4)Sad But True
5)Scars
6)To My Friends
7)Down and Out
8)Tears
9)Revenge
10)Wrong Side
11)Roll the Dice
12)Thinking of You
13)Down for the Count

DISCOGRAPHIE


Settle The Score - Five Knucle Philosophy
(2005) - hardcore - Label : Alveran Records



Après Barcode, voilà le retour de la vengeance du hardcore danois! Settle The Score commence à jouir d'une certaine renommée au sein de la scène hardcore, ayant joué un nombre impressionnant de concerts avec les ténors du genre que sont Hatebreed, Biohazard, Madball, Sick Of It All et compagnie. Ce groupe danois nous gratifie aujourd'hui d'un second album studio, après Royal Flash, qu'il paraît que c'était un super album mais bon c'est la maison de disque qui le dit, forcément. Chose amusante, ce Five Knucles Philosophy est produit par Cuny, homme dont le patronyme appelle au bonheur et qui a produit les teutons chouchous de Lord Henry (et de moi), Blind Guardian.

Donc c'est du gros hardcore qui tache. Attention, ici on n'est effectivement pas dans du thrashcore, du metalcore, du deathcore ou autres hybrides amusants, mais dans du hardcore "straight-edge", du vrai de chez vrai, quoi, "fuck off" et tout. Le chant de l'ami Matthias pose cette donnée dès le début: rarement un chanteur de hardcore n'avait sonné aussi classique dans ses cris aigus et son phrasé. La prod est à l'avenant: guitares saturées bien méchantes et grasses, basse ronronnante qui suit les riffs, et batterie... Oups, batterie un peu faiblarde. Oui, le son est clair mais trop en retrait à mon goût, ça vient de loin tout ça. Dommage car l'impact et l'efficacité des compos s'en ressentent, en particulier à cause du son de cymbales qui fait très "proutch proutch". Notre ami Cuny est plus doué pour produire du métal épico-mélodique, il faut croire.

J'ai parlé du chant "classique" de Matthias, j'aurais pu dire clichesque. En effet, l'homme ne brille pas vraiment sur ce cd: oui, son chant est tout à fait adapté à la musique qu'il joue, et les fans purs de ce genre seront ravis. Mais quelle linéarité! C'est simple, il crie TOUJOURS de la même façon. Pas l'ombre d'une modulation dans le growl, d'une approche un peu variée, ça doit être ça être "straight-edge". En plus le bonhomme manque quand même de puissance, dans le même genre j'ai entendu vraiment mieux, ne serait-ce que notre Poun national de Black Bomb A. Et son placement rythmique souffre du même défaut: il pose ses textes sur les riffs selon des formules éculées, avec des tics repérables dès la première écoute. Les lignes de chant finissent par toutes se ressembler, et c'est gênant.

De même, la linéarité de la musique sur cet album est hallucinante. TOUS les morceaux sont dans la même tonalité, et vu que le chant est super monocorde et que les compos sont courtes (deux minutes trente en moyenne), on en arrive à un point où différencier les titres les uns des autres devient ardu. Les titres "Down And Out" et "Tears", tous les deux bien speed, commencent pratiquement de la même façon, c'est choquant. De même, les riffs de "Taste My Glory" et "Roll The Dice" sont pratiquement les mêmes. Le deuxième titre aurait pu être inséré au milieu du premier, ou l'inverse. En fait, on se rend rapidement compte que cette remarque vaut pour tous les titres. Five Knucles Philosophy est, de bout en bout, un recueil de riffs qui auraient pu être tous inclus dans la même chanson. On a même l'impression qu'on pourrait réarranger les riffs de toutes les compos au hasard et obtenir douze nouveaux titres qui auraient tout aussi bien tenu la route.

Bon, je ne vais pas passer sur les quelques qualités de ce CD, ce serait injuste. Chaque chanson prise individuellement est sympa, c'est quand elles s'enchaînent que le sentiment de répétition devient plus que gênant. De plus, cette zique possède un potentiel live évident, et le fait que Settle The Score soit une formation de scène reconnue ne m'étonne pas. Mettez quelques centaines de hardcoreux dans une salle de concert, passez-leur ça, et ils sauteront en chœur et pogoteront dans la joie et l'harmonie des sens. Mais écoutez ça chez vous, au casque ou aux enceintes, et vous vous ferez royalement chier, pardon de le dire. C'est bien joli d'être un "pur", cela n'excuse pas un manque d'inspiration qui crève les yeux. La créativité est à un niveau excessivement bas sur la totalité de ce disque qui se répète sans cesse et copie la concurrence sans vergogne...


... A l'exception de l'outro, "Down With The Count", véritable ovni! Après s'être enfilé tout un album de pur hardcore, un instrumental de métal gothique pour finir ça surprend. Oui, vous avez bien lu! C'est mélancolique, éthéré, avec des voix féminines, du clavier et une ambiance dépressive qui rappelle Paradise Lost par moments. Et c'est fort réussi. En fait, on dirait carrément un autre groupe. Si Settle the Score se met au goth, il faudra voir ça... Car le fait que le titre le plus intéressant musicalement sur cet album soit celui qui n'a rien à voir avec les autres n'est pas à leur avantage. Très moyen.


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