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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 28 avril 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Frédéric Modine
(chant+orchestrations)

-David Blusseau
(guitare)

-Nasrollah Hitmi
(guitare)

-Jerôme Poissonnet
(basse)

-Romain Blusseau
(batterie)

TRACKLIST

1)Melancholic Suffering
2)Cult of Damned
3)Prelude Before the Bloodrain
4)The Pride of God
5)Glacial Existence
6)And Summer Dies

DISCOGRAPHIE


And Summer Dies - The Chaotic Chronicle (EP)



Ah non ! Je ne suis pas d’accord. Si l’été meurt, comment vais-je faire pour transformer mon teint pâlichon de métronaute blafard en une peau dorée et reluisante, faisant ressortir les reliefs de mes muscles saillants ? Comment vont pousser les cerises qui régalent les petits et les grands ? Comment survivra économiquement une ville aussi inintéressante que Nice si elle est privée de son soleil ? Bon, malgré ce désaccord fondamental, il faut reconnaitre que The Chaotic Chronicle est un bon album. Grml. Allez, coupons la poire en deux...et rendez-vous en automne ?

Le nom du groupe en dit déjà long sur l’état d’esprit du groupe et de sa musique : ça ne respire pas la joie. Ce qui n’est nullement un défaut, voire qui peut être une qualité dans le monde du métal au sens large, l’amateur de musique sombre et violente étant, comme chacun sait, un être fondamentalement triste et dérangé dont le passe-temps favori est de se maquiller pour aller lire du Anne Rice sur les tombes du cimetière du Père Lachaise. Eh bien dans ces moments là, écouter The Chaotic Chronicle serait cohérent. Pour situer le groupe, nouveau dans le paysage musical français – après tout de même une démo en 2004 – il faut se pencher si l’on en croit leur bio du côté de Yearning, Dimmu Borgir, ou encore Opeth. Quoique que plutôt présentes, ces influences ne sont pas les seules, puisque l’on trouvera au gré de ces quarante-deux minutes des passages fleurant bon le Anathema ou le Evereve. Ce qui, en synthétisant tout cela, classe And Summer Dies dans le tiroir black/death/doom symphonique – s'avérant être au final une description plutôt fidèle.

Et, faut-il préciser : de qualité. Sans atteindre la complexité de leurs compatriotes d’Orakle, And Summer Dies propose une musique prenante et intéressante, équilibrée et plutôt prometteuse pour la suite. Indéniablement, le point fort du groupe français (et marocain), ce sont les arrangements au synthé de Frédéric Modine qui, sans être d’une complexité renversante, sont intelligemment disséminés sur les compositions et parviennent à leur donner un cachet et une atmosphère intéressante. Pas aussi extrême et grandiloquente que du Dimmu Borgir ou Emperor, car And Summer Dies est de toutes façons rarement aussi extrême dans l’approche. Nous l’avons dit, il faut se tourner vers des groupes au bagage un poil plus calme pour retrouver l’ambiance mélancolique et triste qui suinte des six titres. Que ça soit "Cult of the Damned", "Prelude Before the Bloodrain" ou l’imposant "And Summer Dies", on retrouve ces arrangements, certes issus d’un synthé sans doute bon marché, mais bien amenés.

Car l’ensemble de la production, si elle est loin d’être honteuse, contribuerait en lui donnant un peu plus de puissance à amplifier l’impact sur l’auditeur. Malgré tout, le résultat est tout à fait convaincant pour qui fait passer l’émotion de la musique avant la puissance du son. Les titres sont en général assez longs sont variés tant dans le tempo, qui oscille sur chaque titre sans pour autant donner dans le systématique entre blast-beats et passages plus posés, que dans les harmonies et l’usage de passages chantés ("Glacial Existence", "Cult of the Damned"). Chant qui, s’il s’avère efficace quand il est agressif, manque par contre cruellement de coffre en chant clair, et ce même s’il se cantonne à une vague litanie monacale – pas question de s’essayer au screaming, hein. On peut toutefois regretter, par ailleurs, la durée un poil artificielle de certains titres ("Glacial Existence" et "And Summer Dies", malgré leur grande qualité). Mention spéciale au thème de piano ouvrant (et fermant) The Chaotic Chronicle, qui rappelle la tristesse de certaines œuvres de piano telles que celles écrites par Chopin ou Beethoven.


Un très bon premier album, donc – et ce même si le groupe le considère non pas comme un album mais comme une seconde démo. Une chose est sure, il est légitime d’être impatient d’avoir des nouvelles du groupe, et si possible de bonnes nouvelles : par exemple, un album en préparation avec une production plus professionnelle et carrée. En attendant, et en espérant que le groupe ne nous en tienne pas rigueur, l’été et son soleil fripon se font tout de même attendre, hein.


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