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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Pay Lee
(chant)

-Kessier Hu
(guitare)

-Jax Yeh
(basse+chant)

-Simon Lin
(batterie)

-Lucas Huang
(guitare)

TRACKLIST

1)Intro
2)Tears
3)Resurrect
4)Implementation
5)Desperate
6)Can't take
7)My
8)In the air
9)Gone
10)Before
11)Is that?
12)Instantaneous
13)The end

DISCOGRAPHIE

Ai (2004)

Seraphim - Ai
(2004) - speed metal power metal - Label : Magnum Records



Un peu d'exotisme dans le boulot de chroniqueur, ça ne fait pas de mal, surtout quand le groupe en question provient de... Taïwan. Oui, oui, la petite île au large des côtes chinoises! Le metal est décidément universel. Avec Seraphim, intéressant groupe avec une charmante chanteuse lyrique, on se doute qu'on a affaire à du metal symphonique ou du gothique-toc. Eh bien non, Seraphim joue un power metal légèrement teinté de sonorités asiatiques, carré et technique à pleurer. Tiens, original, pour une fois... C'est ce qui fait d'ailleurs la réputation de ce groupe très connu à cet endroit du globe, mais carrément inconnu du public metalleux français. Ai ("Amour" en chinois) est ainsi le troisième album des Taïwanais aux cheveux longs.

La caractéristique principale de ce groupe est sa propension à accoucher de sections rythmiques proprement hallucinantes. Il n'y a qu'à écouter "Resurrect" pour se convaincre du potentiel des Asiatiques dans ce domaine précis. Les guitares sont sèches, balayées virilement de haut en bas par des musiciens accomplis. La batterie crée souvent un rythme effroyable à tenir, tout en restant convaincante durant les morceaux plus lents ("Desperate", "My"). En général, les soli partent en vrille toutes les deux minutes, virant parfois même à la démonstration technique et à la branlette de manche! Le metal de Seraphim, speedé et très technique, emporte tous les suffrages sur ce point. On est assez loin de Nightwish et plus proche de Stratovarius parfois, au demeurant, ce qui change la donne dans le monde très formaté du metal à chant féminin.

Mais parlons-en, tiens, du chant. Assuré ici par Pay Lee, il demeure assez clinique. Elle officie dans un registre uniquement lyrique, parfois suraigu, eu regard des compositions et du ton des mélodies. Le chant avait d'ailleurs tendance à me saoûler assez rapidement sur les précédents albums, je vois que ça n'a pas changé sur ce point. Pire encore cette fois: le chant masculin à la fois death (inaudible et faiblard) et clair (parfois faux) de Jax Yeh envoie le groupe loin derrière les autres à cet autre niveau.

Mixé aux Finnvox Studios, vous vous douterez que le metal taïwanais de Seraphim n'a plus rien d'asiatique dans la conception. Vous n'aurez pas tort, puisque tout ici est déjà produit et entendu par une Finlande saturée de ce style musical. Passages en double grosse caisse à s'en déchirer les ligaments croisés du genou, soli-branlettes intempestives de guitare(s), rythmiques démonstratives à souhait: n'en jetez plus, la coupe est (presque) pleine. Un morceau tel que "In The Air" est assez représentatif du malaise généré par soixante-dix-sept minutes de cette rythmique incessante et vraiment casse-bonbons à la longue: on sature très vite et on se prend à avoir envie de jeter le CD tel un frisbee sur la plage l'été.

Non, le problème n'est décidément pas la technique, qui n'est plus à prouver, mais la variété des compositions, qui se doit d'être remise en question. Les harmonies de guitare sont souvent les mêmes, seule leur placement diffère, et c'est bien cela le hic: c'est excellement exécuté ("Alone", la démonstration technique du disque), mais toujours dans la même veine. Les mélodies sont peu variées, d'où une certaine lassitude de l'auditeur vers la seconde moitié du disque, qui nous fait le coup du serpent qui se mord la queue (et le coup de la ballade sirupeuse avec "Is That?", argh). Le metal de Seraphim manque de claviers (ici, trop cheap), d'arrangements plus soignés (Ai est pourtant épique, voire grandiloquent quand il est inspiré) et de refrains accrocheurs: de ce fait, les compos passent assez mal le cap de la troisième écoute.


Jetez-vous plutôt sur les deux précédents albums, ils valent plus le coup, car ils sont plus riches et surtout plus sincères. L'ambiance typique et les sonorités exotiques (distilées avec parcimonie toutefois) qui faisaient le sel de ce groupe auparavant, ont disparu avec Ai et sa production finlandaise mille fois rabâchée et ultra-classique. Un semi-gâchis, à écouter avant d'acheter.


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