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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Andreas Kisser
(Guitare)

-Derrick Green
(Chant)

-Paulo Xisto
(Basse)

-Igor Cavalera
(Batterie)

TRACKLIST

1)Against
2)Choke
3)Rumors
4)Old Earth
5)Floaters in Mud
6)Boycott
7)Tribus
8)Common Bonds
9)F.O.E.
10)Reza
11)Unconscious
12)Kamaitachi
13)Drowned Out
14)Hatred Aside
15)T3rcermillenium

DISCOGRAPHIE

Morbid Visions (1986)
Schizophrenia (1987)
Beneath The Remains (1989)
Arise (1991)
Territory (1993)
Roots Bloody Roots (1996)
Attitude (1996)
Ratamahatta (1996)
Blood Rooted (1997)
Against (1998)
Nation (2001)
Roorback (2003)
Revolusongs (2003)
Kairos (2011)
Machine Messiah (2017)

Sepultura - Against
(1998) - thrash metal - Label : Roadrunner Records



Nul ne le sait pas, cet album est le premier d’une ère nouvelle pour Sepultura, celle post Max… putain, qu’est-ce que ça peut être pourri ces intro à la noix. Bon, ce disque ouvre une nouvelle période pour Sepultura, c’est sûr. Celle de la déception… bah oui, ce n’est pas la peine de faire durer le suspense (qui n’existe pas au demeurant), Sepultura n’a toujours pas retrouvé en 2003 la magie d’avant 1996. Enfin, parlons un peu de Against, l’album qui nous intéresse .

Arrivé en 1998, soit un an et demi à peine après le départ de Max Cavalera, il marque l’arrivée du nouveau chanteur, Derrick Green. Première constatation, il officie dans un registre assez similaire à celui de Max. Il n’affirme pas sa personnalité comme sur Nation ou Roorback. Et surtout il n’a participé à aucune composition, juste les paroles, ce qui explique que cet album soit plus metal que ses successeurs. D’ailleurs, le fait qu’il n’affirme pas encore sa personnalité est peut-être plus un bien qu’un mal. Je vous laisse juges.

Ouverture avec "Against", chanson titre et morceau qui bouge pas mal. En fait, des coups des tambours espacés donnent un rythme, puis la batterie de Monsieur Igor Cavalera nous fait une petite démonstration pour laisser la place ensuite à un riff bien bon. Cet album commence bien. Pour tout vous dire, j’ai longtemps hésité à ne serait-ce que l’écouter. J’avais peur d’être déçu par mon groupe fétiche. Puis je me suis laissé aller, je l’ai gravé et puis au fil des écoutes, je me suis mis à l’apprécier de plus en plus. Finalement j’ai acheté la galette car je ne pouvais déontologiquement parlant accepté le fait d’avoir un CD gravé de Sepultura. Force est de reconnaître que je ne regrette toujours pas mon choix, Against mérite de trôner aux côtés de Roots, Chaos A.D. et consorts.

Même si elle souffre de quelques baisses de rythme dommageables, comme sur "Tribus", acoustique particulièrement raté, la galette est assez truculente dans son genre. Tout d'abord, elle offre une première chanson que j’adore, bien nerveuse, courte, elle fait entrer dans le vif du sujet. En plus cet album est varié du début à la fin puisqu’on passe du morceau bourrin "Reza" à un "T3rcermillennium" dans la droite ligne d’un "Kaiowas" (un des meilleurs morceaux de metal de tous les temps en version électrique). Avec entre les deux, des excursions du côté de Roots, mais en plus virulent. Pour tout vous dire, je ne vois pas vraiment de chanson vraiment à chier sur cet album, que décidément j’apprécie de plus en plus avec le temps. "Choke" fait son effet, "Floaters in Mud" trouve un turbo riff sur sa fin tout en délivrant des passages dans la plus pure tradition tribe metal, "Drowned Out" rebourrine comme au bon vieux temps et "Hatred Aside" marque le sommet très élevé de l’album.

Et oui, au risque d’en étonner beaucoup, j’aime énormément cet album. Il reste dans une certaine logique d’évolution du groupe et il ne verse pas dans cette tendance hardcore qui casse les efforts entrepris sur les deux albums suivants (surtout Nation). Les riffs sont très souvent bons et quelques élus atteignent un niveau d’excellence jouissif. Les fûts sont traités avec l’égard qui leur est dû grâce au jeu tout en finesse d’Igor et la basse est audible relativement souvent, mais sans plus. Et comme je le disais avant, l’album en lui-même est varié et chaque chanson possède sa personnalité propre. Aucune n’est la redite d’une autre, et plus fort encore, Sepultura reste dans un style original au risque d’en choquer certains. Et puis surtout, Sepultura ne fait pas l’erreur d’oublier de mettre beaucoup de rythme. Ca cogne sec quand ça doit cogner sec et les riffs sont tranchants et rapides quand il le faut.

Bon, y’a des pistes expérimentales qui foirent méchant comme ce "F.O.E.", une instrumentale sans grand intérêt, heureusement assez courte qui sature de plus en plus. Par bonheur elle est immédiatement suivie par le titre le plus bourrin de l’album, "Reza", qui accélère brut de décoffrage. C’est bon ! Malheureusement il est suivi par un titre plus faible, "Unconscious". Enfin cela nous amène tout doucement vers la fin de l’album, et un doublon que j’apprécie par-dessus tout, "Drowned Out" et "Hatred Aside". La première est une chanson très courte mais ultra nerveuse et qui opère dans le secteur de la montée en puissance vraiment délectable avec une structure reprise deux fois.

Quant à "Hatred Aside", il s’agit tout simplement du bijou du disque. Un riff exceptionnel repris un bon paquet de fois, et il a raison d’insister le sieur Kisser tant ce riff est bon. La chanson tient un bon rythme en plus, propose le chant d’Andreas en arrière fond par moment, puis carrément en duel avec Derrick de temps en temps et c’est encore terriblement bon. Non content de ça, le solo présent est parfaitement à sa place, et il y a une coupure à la moitié du titre. Le riff de base est repris par la basse seule tandis que la batterie se fait percussions. Ensuite une montée en puissance des écoles sur le riff version « sourde » pour terminer sur quelquechose que je trouve très Cinquième Elément … Ca c’est pour ceux qui ont vu le film. Sepultura retrouve toute sa magie d’antan sur ce morceau.


Voilà, c’est la fin de ma chronique qui c’est terminée en plaidoyer. Je vous laisse seuls juges, mais s’il vous plaît, donnez sa chance à ce disque, il le mérite vraiment.


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