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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Marco Coslovich
(chant)

-Michael Bertoldini
(guitare)

-Sacha Zucconi
(basse)

-Matteo Piatti
(batterie)

-Daniele DiLuca
(guitare)

TRACKLIST

1)Long Night of Mademoiselle Victorine Lafourcade
2)Memento Mori
3)Close to Me, Inside My Heart
4)Fire Isn't Always Meant to Burn
5)Last One
6)Segue
7)Pretty Girls Make Graves
8)Oslo

DISCOGRAPHIE

Luce (2005)

The Secret - Luce
(2005) - hardcore - Label : Goodfellow



The Secret nous a pondu, avec Luce, la baffe musicale la plus féroce que j'aie entendue, très sincèrement, depuis un long moment. Evoluant dans un registre hardcore, les Italiens ne se privent pas d'extrême, loin de là. Goodfellow Records devraient même fournir les boules Quiès en option pour les âmes sensibles... Bien que la première fois soit assez lourde de conséquences sur l'appareil auditif, Luce se révèle au fur et à mesure non dénué d'intérêt. Et c'est cela qui fait toute la "force" de cet album, d'ailleurs.

La répétitivité étant à la source même du genre, The Secret aère ses parties de défouloir musical par des apports atmosphériques bienvenus ("Fire Isn't Always Meant To Burn", "Pretty Girls Make Graves" et son break en chant clair absolument divin), qui se repèrent très facilement. "Memento Mori" suit par conséquent un opener instrumental aérien ("The Long Night Of Mademoiselle Victorine Lafourcade", pardonnez du peu!), annonçant la couleur et la tonalité de ce qui va suivre, mais en bien plus léger. De même que "Segue" segmente la dernière partie de l'album, ce qui permet d'évacuer une certaine lassitude.

Bref, le tracklisting, bien pensé (tout comme la durée, trente-huit minutes) élimine d'entrée de jeu l'écueil principal du hardcore. Mais pas les plus légers, cependant. Les différents morceaux font pour ainsi dire partie d'un tout, si l'album n'était pas découpé en morceaux caractéristiques. Il est donc difficile (comme à l'accoutumée, ne nous voilons pas la face) de faire ressortir un aspect bien précis dans chaque morceau. Balançant au loin le schéma musical classique intro-couplet-refrain, chaque morceau se caractérise plus ou moins par des riffs ravageurs, un tempo de batterie affriolant (techniquement, c'est du pur jus, d'autant plus que le mixage la met très en avant) et une masse sonore compacte et obscure, sans être linéaire une seule fois.

Techniquement, c'est donc du lourd, puisque les Italiens se permettent même d'accumuler les breaks, contre-temps et autres joyeusetés progressives du même acabit, sans parler des polyrythmies ("The Last One", le morceau le plus progressif, mais aussi le plus mélodique, est également le plus long de l'album avec ses sept minutes dix-sept). Mais l'absence de linéarité a une conséquence sur l'ensemble: à la fin, on est perdus devant tant de "diversité" et devant cette absence totale de repères. L'auditeur évolue en circuit fermé, risquant l'asphyxie à chaque bouffée d'air respirée. Le chant est loin d'être en reste par rapport à la section instrumentale, puisque, magie du mixage, le chant de Marco Coslovitch évolue dans un registre très aigu, hurlé, inaudible et incompréhensible. Mais il est ici légèrement inutile, puisque les instruments se chargent de faire office de rouleau compresseur. Un chant très grave aurait bien mieux fait l'affaire pour achever l'auditeur fermé d'esprit.


Mais l'auditeur ouvert d'esprit, lui, va plutôt encenser la recherche musicale absolument présente à chaque seconde. Distillant son venin par très petites doses, Luce est un album très difficile d'accès, mais renfermant quelques passages mémorables. Loin de se cantonner à un style en particulier (même si l'ensemble demeure du hardcore avant tout, ces Italiens préfèrent évoluer dans le flou pour mieux happer l'auditeur dans sa spirale très étrange, à vrai dire. Et là où la majorité des groupes de ce genre part en couille au bout de dix minutes de composition, The Secret réussit un (petit) tour de force en variant suffisamment, mais pas trop non plus, le rendu final jusqu'à la dernière minute de l'album, où le thème du premier morceau refait très discrètement apparition. La boucle est bouclée, et nous avec.


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