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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Jens Carlsson
(chant)

-Piet Sielck
(guitare)

-Emil Norberg
(guitare)

-Thomen Stauch
(batterie)

+guests

TRACKLIST

1)Evil Eyes
2)Between the Devil and the Seas
3)Waltz of the Demon
4)Tomorrowland
5)It - The Gathering
6)Beyond Reality
7)When Hell Awakes
8)Ghost Story
9)Born Again by the Night
10)Evil Eyes (Video - Multimedia Track)

DISCOGRAPHIE


Savage Circus - Dreamland Manor
(2005) - speed metal power metal - Label : Dockyard1



Thomen Stauch n'approuvait pas totalement la tournure progressive et moins directe qu'a pris la musique de Blind Guardian ces dernières années. Nostalgique des années Follow The Blind et Somewhere Far Beyond, il eut l'idée de monter avec Piet Sielck un side-groupe résolument orienté metal. Les Suédois de Persuader complètent le line-up du projet, devenu combo à part entière quand Thomen décida de quitter définitivement Blind Guardian. Dreamland Manor est donc un album bien agressif, proche des premiers opus des bardes allemands, et pas vraiment différent des deux albums de Persuader. Et pour cause.

Persuader se rapprochait déjà de Blind Guardian par trois aspects essentiels: le timbre de voix de Jens Carlsson, par moments semblable à celui d'Hansi Kürsch, principalement dans les notes aigües - même si Jens Carlsson privilégie toujours un chant écorché et agressif, qu'Hansi tend à délaisser de plus en plus -, les choeurs magistraux qui illuminent les refrains et les mélodies héroïques, et enfin la structure des morceaux, qui va souvent là où on l'attend pas. Savage Circus est du même acabit. L'influence de Piet Sielck d'autre part, plus que présente dans Persuader (il en assure la production), l'est d'autant plus ici puisqu'il fait partie du line-up. "When Hell Awakes", par exemple, porte sa marque de fabrique, avec un refrain sorti tout droit d'Iron Savior. On retrouve donc toujours le même son de guitare, inlassablement et péniblement identique, certes adapté au style, mais il eut été bon de faire quelques efforts pour démarquer et isoler le son de Dreamland Manor. Il l'aurait mérité. Car c'est peu ou prou d'un troisième album de Persuader qu'il s'agit. En tout cas, la boucle est bouclée. Mais la musique est bonne...

Un retour au speed-power metal, agressif et virulent. Thomen Stauch fait donc plus appel à un travail mécanique qu'à la subtilité à laquelle il nous avait habitués dans les dernières parutions de Blind Guardian. Heureusement, le leader de Savage Circus est toujours enclin à surprendre son auditoire, en modifiant souvent le rythme, et en incorporant quelques breaks bien placés; c'est ainsi à Somewhere Far Beyond que l'on pense en écoutant Dreamland Manor. Le single "Evil Eyes", de même que "The Gathering" ou "Waltz Of The Demon" comportent une qualité similaire, celle qui donne aux compositions des allures de montée en puissance permanente avant l'explosion des choeurs dans les refrains. Très réussi ici, l'effet est parfois moins grandiose: "Ghost Story" et "Tommorowland" fourmillent autant d'idées et de plans que les autres titres, mais le résultant est plus commun, moins percutant. Une autre faiblesse est celle du chant de Jens Carlsson qui, s'il assure plus qu'honorablement ses parties heavy, doit encore progresser en chant doux. La ballade "Beyond Reality", en invitation dans un monde imaginaire, plaisante au demeurant, en souffre quelque peu.

Question textes, on nage en plein poncif. Il suffit de toute façon de s'attarder sur la pochette de l'album pour réaliser que Savage Circus n'est pas le groupe qui va révolutionner le speed-metal mélodique. Pourtant, les qualités de composition d'interprétation des membres (on trouve dans chaque morceau de longs et bons soli) donnent une personnalité à l'ensemble. Celle-ci est marquée par Blind Guardian et Iron Savior, sans pour autant laisser possible quelconque confusion.


Sur neuf chansons, cinq sont très speed et agressives, et trois sont plus versées dans l'atmosphérique, plus heavy et sombres. Le niveau global reste assez élevé, malgré quelques fébrilités et un son de guitare redondant qui donne l'impression, aux premières écoutes, que les titres se ressemblent tous. Il n'en est pourtant rien. Dreamland Manor est un bon album, et si Thomen est plus heureux ainsi, grand bien lui en fasse. Savage Circus, tout de même, est objectivement inférieur à Blind Guardian.


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