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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Pär Johansson
(chant)

-Magnus Alakangas
(guitare+claviers)

-Mikael Granqvist
(guitare)

-JMikael Degerman
(basse)

-Robert Sundelin
(batterie)

TRACKLIST

1)Freedom Fall
2)Be You Angel, Be You Beast
3)Claw the Clouds
4)Vengeance Is Hers
5)For Galaxies to Clash
6)Springrise
7)Scattering the Timeweb
8)300 Years Old
9)Nihil Juggernaut
10)No God Loves

DISCOGRAPHIE

Hydra (2005)

Satariel - Hydra
(2005) - death metal mélodique - Label : Regain Records



Satariel est un groupe énigmatique. Je suis passé pour tous les avis possibles sur cet album avant de le chroniquer, ce qui m'a forcé à attendre et à l'écouter énormément de fois et à repousser autant de fois cette chronique. Forcément, quand on change d'avis à chaque nouvelle écoute, on ne sait plus trop quoi marquer dans sa chronique... La faute à un groupe qui a des influences plus que larges. Tour à tour inspiré par In Flames, Paradise Lost ou Anathema, Satariel est une formation à multiples facettes.

Pär Johansson est un très bon chanteur que beaucoup de gens vont détester. Le bonhomme jongle en effet entre un growl maîtrisé et modulé très agréable à dominante black et un chant clair unique en son genre dans le métal. Cet homme est... un crooner! Autant ses hurlements se campent d'entrée dans le métal à tendance extrême, autant son chant clair est aux antipodes de ce qu'on peut trouver dans le genre. Pour tout vous dire, son chant sur "300 Years Old" me rappellent franchement Edwyn Collins, l'auteur du tube "A Girl Like You" qui eut son heure de gloire dans les années 90. La compo en question est d'ailleurs une des plus inclassables de l'album par ce côté pop incongru mais très personnel (on ne peut pas le nier). Pour le reste les guitares sont soient très heavy-metal soient très douces et toujours très bien produites. La même remarque vaut pour le son de la basse et de la batterie. Bonne prod'.

Donc la musique de Satariel vogue entre plusieurs eaux. L'influence principale semble bien être le heavy, mais le chant est hurlé la plupart du temps... De la même manière, les influences Göteborg sont évidentes mais le niveau de violence est bien en deçà d'un In Flames ou d'un Soilwork, même dans leurs derniers opus pourtant bien calmes par rapport à leurs débuts. Le premier titre tape dans un métal mélodique extrêmement agréable mais que d'aucuns trouveront mou du genou. Les deux titres suivant tapent réellement dans le style suédois, mais Satariel réussit sans problème à développer une identité propre. En fait je n'ai trouvé qu'un seul passage vraiment trop proche du groupe d'Anders Friden: le refrain de "Claw The Clouds" sur lequel growl et chant clair sont superposés. Mais le refrain cogne, ainsi que l'ensemble de la compo... Est-ce donc si grave? Idem pour deux-trois moments où une touche d'électro vient habiller les riffs, rappelant les deux derniers efforts d'In Flames. Mais on ne tombe jamais dans l'excès (à mon sens, hein).

En tout cas le groupe ne se pose pas de réelles limites, d'où l'impression d'incohérence qui m'a saisi aux premières écoutes: j'avais l'impression que Satariel n'avait pas de style propre. Entre les jolis arpèges à la guitare sèche d'un titre, les riffs power/heavy du suivant et les nappes de clavier du troisième on aurait vite tendance à s'y perdre. Mais après plusieurs écoutes vous prendrez la mesure de la cohérence artistique de Satariel: ce mariage entre plusieurs genres unifiés par un son et une voix assez uniques. En fait dès qu'un refrain mélodique pointe son nez on ne peut que reconnaître la patte du groupe, même si celui-ci ne s'est pas encore totalement affranchi de ses maîtres. Mais les bases sont là: métal tapant dans le heavy/pop/suédois avec une très forte part accordée à la mélodie, soli de guitare (voire d'orgue Hammond!) non démonstratifs mais fort jolis, ambiance générale à la fois posée et énergique.


Conclusion: cet album est vraiment surprenant, et je dois avouer qu'aujourd'hui je l'aime beaucoup. Après avoir bloqué sur le chant clair j'ai appris à l'apprécier, et cette seule caractéristique place Satariel à part. Ce groupe présente un réel talent pour varier les ambiances entre le presque bourrin et le mélancolique, entre le chant black, les intermèdes parlés et les passages indéniablement pop. Au final voilà un album super agréable à écouter et qui présente un groupe prometteur. Laissez-leur une chance si vous bloquez au début, vous risqueriez sinon de passer à côté de ce qui sera peut-être considéré comme une révélation d'ici quelques années...


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