3266

CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Jonas Matsson
(chant)

-Marcus Lundberg
(guitare)

-Kristoffer Andersson
(guitare)

-Niklas Samuelsson
(basse)

-Stefan Kronqvist
(batterie)

TRACKLIST

1)Preface
2)Techniques Of Torture
3)Chaos Theory
4)Sliver
5)Come Greet Me Crawlers
6)Hellnation
7)Blood Katharsis
8)Parnassus Journal
9)Blindfolded
10)Kevlar Throat

DISCOGRAPHIE


Sargatanas Reign - Bloodwork: Techniques Of Torture



Extrême généraliste à dominante death", voilà la note que j'avais griffonnée à ma première écoute de ce CD avant de le lâcher pour y revenir ensuite. Sargatanas Reign est donc un de ces groupes qui ne rechignent pas à greffer black, heavy ou thrash à leur bon vieux death metal histoire d'envoyer un peu plus le bois. De toutes façons, quand on est le premier groupe signé sur le label de Morgan de Marduk et qu'on est produit par Devo Andersson, bassiste du même groupe (et qui a fait un passage au sein de Sargatanas), on ne fait pas de la musette. Non, on préfère balancer du riff, de la technique et de bons vieux hurlements pas gentils. Chronique d'un groupe qui tape.

Cette prod, donc, est fort bonne. On sent tout de suite qu'elle a été assurée par un bassiste: enfin une basse de death clairement audible! Et comme le monsieur qui en joue est un petit monstre c'est d'autant plus plaisant. Tandis que les guitares heavy à souhait balancent leurs déferlantes de triples-croches propres au style et leur shred de bon aloi la basse les suit sans souci ou part dans divers motifs alambiqués qui laissent admiratif. La batterie est très claire et virtuose en diable (l'intro de "Kevlar Throat"!), et la prise du chant me semble le seul point un peu faible. Même en expérimentant plusieurs réglages d'equalizer elle manque de puissance, et l'organe du sieur Matsson me semble un peu en deça de ses collègues du genre en matière de profondeur et de puissance de growl. Il évolue dans un registre plus black et se contente d'être pro là où ses camarades sont des brutes. Rien de grave cependant... Surtout qu'on se rend compte au fur et à mesure de l'album qu'il peut moduler.

Amateurs de Cannibal Corpse, certains passages de ce CD vont vous réjouir. Les plans de death ultra-techniques sont en effet légion, et ils sont en général très efficaces. Comme dit dans l'intro, le death chez Sartaganas Reign est une base, un pivot. Les incursions dans d'autres styles font partie intégrante du genre, et en plus beaucoup de compos rajoutent à l'habituel mariage thrash/death/heavy un plan complètement inattendu voire plusieurs. Le break de guitare acoustique de "Chaos Theory" ou cette note de piano unique qui vient renforcer une rythmique syncopée dans "Sliver" sont des exemples de ces échappées de créativité toujours assez jouissives. Encore mieux, le groupe se paye le luxe de m'avoir fait entendre un mariage qui m'était encore inconnu, à savoir l'introduction de passages de heavy voire de power mélodique dans une compo death, via les soli en plus! Les lead sont en général du genre Cannibal ou Bloodbath, et ils basculent ça et là dans le syle Angra/Maiden/Helloween quand ce n'est pas une section entière qui rappelle ces groupes. C'est fort surprenant... Et ça marche!

Car oui, cet album est bon. Ce n'est pas une révolution mais il pose indubitablement le "style Sartaganas Reign" et place la barre relativement haut au final. Le groupe est extrêmement efficace dans ses passages death et ses transitions métal, mais brille carrément de mille feux dès qu'il se risque dans ces expérimentations qui font sa signature. On ne risque pas de le reconnaître immédiatement dès le riff d'entrée d'une chanson (et c'est sa limite), mais avant la fin du titre arrive normalement le petit plus qui fait tendre l'oreille. "Blood Katharsis", titre thrashcore lourd, part un moment dans le black symphonique mid-tempo. "The >>Parnassus<< Journal", speed et haineux, se voit rehaussé par moments de claviers judicieux pour laisser la place à un passage de heavy mélodique à deux guitares qui rappelle très fortement le Metallica d'Orion ou de l'intro de Battery... Quand soudain, totalement inattendue, débarque (roulement de tambour...) l'outro jazz! Oui! Et pas n'importe comment: un plan de jazz très calme et posé doublé durant une minute entière par un hurlement de femme torturée, et le tout s'achève brutalement sur un coup de revolver. Oh que j'aime ça!


La faiblesse la plus évidente du groupe est un léger manque d'identité dans les passages thrash/death qui est fortement compensé par leur côté défonce-tripes et leur redoutable technicité. Les passages power/heavy mélodique sont un régal car ils ne sont pas systématiques et donc surprennent à chaque fois sur les quelques titres qui en sont pourvus. C'est ainsi que le groupe distille sa "patte" sur l'échelle de l'album: en n'abusant pas de ses idées et en les parsemant sur les chansons qui peuvent en bénéficier. Pas de surenchère, mais une panel de caractéristiques tendant artistiquement vers la même direction: proposer un death à multiples facettes de par ce qu'il s'autorise en matière de digressions. Le résultat est éminemment prometteur. Je sens qu'on va en entendre parler à nouveau de ceux-là...


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4