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CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
Cette chronique a été mise en ligne le 19 avril 2009
Sa note : 14/20

LINE UP

-Lex Koritni
(chant)

-Eddy Santacreu
(guitare)

-Luc Cuerden
(guitare)

-Matt Hunter
(basse)

-Chris Brown
(batterie)

TRACKLIST

1)155
2)Stab in the Back
3)Roll the Dice
4)V8 Fantasy
5)You Vs Me
6)By My Side
7)Deranged
8)Nobody's Home
9)Game of Fools
10)Keep Me Breathing
11)Tornado Dreaming
12)Tornado Dreaming II
13)The Devil's Daughter

DISCOGRAPHIE


Koritni - The Game of Fools
(2009) - hard rock Heavy - Label : Bad Reputation



Vous souvenez-vous de Mary Pierce, la tenniswoman franco-américaine… qui était Française en cas de victoire et Américaine en cas de défaite? Oui, mais quel rapport avec Koritni ? Ce groupe australo-français, derrière lequel se dissimule en fait la reformation de Green Dollar Colour, signe avec The Game Of Fools, son second album. Le fameux opus de la maturité casse-gueule après un particulièrement enchanteur Lady Luck sorti en 2007. Alors réussite française ou échec australien ?

Annonçons d’emblée la couleur : ce Game Of Fools est une agréable surprise disponible dans un rayon hard rock plutôt bien fréquenté ces derniers temps entre les copains Aussies de Airbourne, les cousins de Backyard Babies… et les ancêtres éternels d’AC/DC. Sont à saluer un mixage et une production soignés, aux petits oignons, par ce vieux briscard de Mike Fraser, accompagné dans sa tâche par Daniel Leffier déjà aux manettes sur le précédent CD de Koritni. L’ensemble est propre, cohérent et par là-même efficace. Si Lady Luck pouvait à juste titre sembler quelque peu redondant, The Game Of Fools offre davantage de diversité et de rentre-dedans. S’avère donc palpable le désir de se démarquer de son prédécesseur mais aussi et surtout des autres têtes de gondole du rayon Hard & Heavy de vos crèmeries habituelles. Qu’on se dise : cet album groove et d’ailleurs deux écoutes suffisent pour finir chez le toubib et lui réclamer à genoux une prescription de séances de rééducation de la nuque.

Les médecins et kinés avaient pourtant déjà bien beurré leurs tartines grâce aux éclopés headbangeurs, élevés aux riffs graisseux de Kiss, Aerosmith, AC/DC et consorts. Si Koritni, via cette nouvelle livraison, obtient le succès qu’il mérite, les milieux médicaux et paramédicaux peuvent commencer à se frotter (et se huiler) les mains. C’est une certitude : c’est la Sécurité Sociale qui va faire la gueule à chaque disque vendu. Comme les autres, elle n’a qu’à se mettre à Koritni quitte à faire entrer le groupe dans le cadre de la maladie professionnelle / accident de travail. Tous les éléments cumulatifs de la pathologie parasitaire sont bel et bien réunis : voix puissante, riffs blues rock entêtants, solos de guitare affûtés comme un bistouri, batterie précise à enseigner dans toutes les bonnes sections de cardiologie. L’alchimie fonctionne encore mieux que sur Lady Luck pour la simple et bonne raison que Lex Koritni s’est décidé à partager le travail de compositions avec ses guitaristes, et surtout avec Eddy Santacreu. Ce dernier, à n’en pas douter, a dû passer du temps à écouter Slash (indiscutablement sur l'éponyme "Game of Fools"), Gary Moore, Joe Perry et les frères Young.

Tant mieux pour lui, puisque son comparse Luc Cuerden a dû en faire de même et que l’un comme l’autre ne sont jamais dans le plagiat, mais tout simplement dans la lignée. Ni plus ni moins : la simple écoute du dytpique "V8 Fantasy"/"Roll the Dice" (quel double solo!) est un régal à consommer sans modération qui fera des ravages en live à n’en pas douter. Quant au leader de cette formation, le père Lex, il reste dans la lignée ou plutôt les lignes de chant qui jalonnent son petit bonhomme de chemin depuis Green Dollar Colour et le premier Koritni. Il ouvre généreusement son coffre, flirte avec la limite sur les titres les plus heavy ("V8 Fantasy") et s’offre quand même une petite respiration sur la power ballad Bon Jovienne "The Devil’s Daughter" (qui n’est pas une reprise d’Ozzy Osbourne comme le titre le laisserait entendre mais une composition originale). Il excelle tout particulièrement sur les "Tornado Dreaming I et II", alternant chant puissant et tremolo tout en finesse.


Koritni n'a pas ni pour intention, ni pour prétention de révolutionner le Hard. Le groupe n'ambitionne pas de faire faire un bond en avant au Heavy. The Game Of Fools transpire le travail de qualité et de bon goût. Souhaitons au groupe de percer auprès d'un jeune public souvent sceptique côté Hard et auprès de vieux connaisseurs abonnés réguliers à « c'étaitmieuxavant.com ». Sinon, hein, Koritni, c'est un groupe français: naturalisons son chanteur comme cela se pratique avec les footballeurs. Et misons une petite pièce son futur puisque c'est celui du hard traditionnel et hexagonal qui en dépend.


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