3220

CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 19 avril 2009
Sa note : 10/20

LINE UP

-Igor Achard
(chant+guitare)

-Andreas Santo
(basse)

-Nicolas Vieilhomme
(batterie)

-Nicolas Héraud
(percussions)

TRACKLIST

1)Corps
2)Enfant d'Orient
3)L'Homme libre
4)Regarder le ciel
5)Algo Mais (Quelque chose de plus)
6)Les labels
7)Testament
8)Les chars de police
9)Partir puis revenir
10)La Mort des Amants
11)Résiste

DISCOGRAPHIE

Corps (2009)

Abinaya - Corps
(2009) - heavy metal à percus - Label : Brennus Music Rebel Music




Une simple lecture des titres de Corps suffit pour le comprendre : Abinaya est un groupe qui a des choses à dire. Prêt à les mettre sur la table, les cracher sur les murs, toutes tripes dehors et qu’importe le prix. À partir de là, deux critères sont à prendre en compte : la force et la justesse du propos, bien sûr, mais aussi l’art et la manière de l’exposer. Un doublé pas évident à remporter et sur lequel la formation se sort de façon plutôt… inégale.


Si la pochette « spéciale » et l’aspect ultra-concerné du contenant laissaient présager du pire, le début de l’album rassure. La cohésion du groupe est la première chose qui frappe : ces quatre musiciens parlent d’une seule voix et affichent un professionnalisme qui fait plaisir à entendre. C’est carré, puissant, sans détours, et aucun défaut de production handicapant n’est à signaler. La présence de Nicolas aux percussions est le joker gagnant d’Abinaya : la couleur tribale qu’il apporte se mélange bien au heavy rock n’ roll qui prédomine ici, sans que ça devienne envahissant. Et il y a Igor, qui mène les débats avec son chant rocailleux et animé, et donne corps à ses écrits tantôt hargneux, tantôt idéalistes… et pas toujours réussis : "Enfant d’Orient" verse dans le pathos jusqu’à s’y complaire, et le message anti-majors du titre "Les labels" sonne bien convenue en 2009, en plus de paraître assez déplacée sur un disque dont les thématiques se veulent bien plus universelles.

N’empêche, cette première moitié d’album a du bon. On y trouve "L’Homme libre" et "Regarder le ciel", deux titres aussi concis que percutants, qui montrent la force du groupe pour pondre des riffs/rythmiques compresseurs et s’y tenir. Ça défouraille, et c’est ce qu’on aime. Abinaya peut également s’en sortir dans une veine plus tranquille et – relativement - poétique, à l’image "Algo Mais", son texte inspiré et son refrain fédérateur. En revanche, le groupe ne sait pas tenir la distance, car passé ce cap, Corps s’embourbe dans un marasme de compositions maladroites ou convenues, d’où n’émergera que la jolie ballade "Partir puis revenir". Le reste ? Un "Testament" à la construction ambitieuse mais qui tombe cruellement à plat, un "Résiste" au refrain épuisant qui fait retomber la sauce… et il y a le cas "La Mort des Amants". Le fruit de l’union entre les univers de Baudelaire et d’Abinaya, qui parvient à neutraliser leur force individuelle dans un baroud d’honneur qui tourne à vide au bout de 2 minutes, nous laissant coi devant le naufrage total de l’entreprise. Ça vous semble excessif ? C’est que vous ne l’avez pas écouté.


Et le plaisir que l’on pouvait prendre à écouter ces quatre gaillards se donner s’en trouve gâché. L’énergie, la conviction et l’expérience n’ont pas suffi à maintenir à flot ce Corps déséquilibré qui se trompe parfois de cible ou choisit un mauvais angle d’approche. Restent cinq bons titres qui auraient donné un EP détonant, mais dont l’impact est affaibli dans un ensemble disparate.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5