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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 18 avril 2009
Sa note : 13/20

LINE UP

-Kevin Sharpe
(chant)

-Erik Burke
(guitare)

-Danny Lilker
(basse)

-Rich Hoak
(batterie)

TRACKLIST

1)Sugardaddy
2)Turmoil
3)Daydreamer
4)On the Hunt
5)Fist in Mouth
6)Get a Therapist... Spare the World
7)War Is Good
8)Evolution Through Revolution
9)Powder Burn
10)Attack Dog
11)Branded
12)Detached
13)Global Good Guy
14)Humpty Finance
15)Semi-Automatic Carnation
16)Itch
17)Afterworld
18)Lifer
19)Bob Dylan Wrote Propaganda Songs
20)Grind Fidelity

DISCOGRAPHIE


Brutal Truth - Evolution Through Revolution
(2009) - grindcore - Label : Relapse Records



Un grand retour parmi tous ceux auxquels nous sommes désormais habitués. La bête était déjà revenue sur les planches depuis 1 an et il semblait inévitable de voir un nouvel album arriver. Voici la chose faite, accompagnée d’une attente forcément démesurée chez les fans, et des amateurs de grind en général, car niveau institution dans le genre, difficile de faire mieux que Brutal Truth. Evolution Through Revolution sera donc le titre de nos retrouvailles. Comme au bon vieux temps, le groupe est énervé contre le système, au moins nos papys du grind n’ont pas perdu la foi.

Première chose évidente, le son. Nous nous étions quittés bons amis sur un Sounds Of The Animal Kingdom il y a 12 ans (!! ... déjà), dernier véritable album, au son épuré, un peu étouffé et, il faut bien l’avouer, pas forcément très puissant. La donne a changé ! Brutal Truth a eu les moyens de son retour et le son est compact, puissant et moderne avec éventuellement ce qu’on pourrait appeler une touche de core. Peut-on dire qu’il a perdu en charme ? Mmmmmh, la question mérite d’être débattue, mais une réponse positive à cette interrogation n’est pas incongrue. En effet le grind n’est pas nécessairement un style qui nécessite une belle production presque lissée. Le grind est punk, sale et bourrin. Mais ça reste bourrin, pas de souci.

D’ailleurs, on pourrait presque penser que pour son retour, le groupe en rajoute un peu niveau blast. Oh, non pas qu’auparavant il était particulièrement calme, mais le début (la 2nde partie est moins chargée à ce niveau) de l’album est quelque peu avalanchesque à ce niveau, chose à laquelle le groupe ne nous avait pas forcément habitué. On retrouve par contre avec plaisir le niveau technique des musicos qui envoient du pâté sans coup férir. Changements de rythme abordés avec précision, riffs chargés en notes, vitesse d’exécution au-delà du raisonnable, Brutal Truth conserve sa patte. Le chant a lui évolué dans un sens moins braillard, plus actuel, plus growlé/hurlé et saturé, comme le son justement. Cela peut être considéré comme dommageable dans le sens où la hargne des vociférations passées est justement ... passée.

En fait, nous tenons là le principal grief (peut-être que ce sera la principale force pour certains) à faire à cet album : il est trop moderne. Explication. Être moderne c’est bien, c’est évoluer. Mais dans le cas qui nous intéresse, la modernité c’est plutôt un lissage, un aplanissement de ce qui faisait de Brutal Truth une bête dangereuse et à toujours regarder avec circonspection, particulièrement quand on aimait le capitalisme. Désormais, et c’est mon sentiment, le groupe balance la purée, certes très efficacement, mais avec professionnalisme et le tout sonne trop carré malheureusement. Ce n’est pas ce qu’on attend du grind, genre de la folie par excellence. Dans les derniers reproches, les dernières pistes avec d’improbables « expérimentations » à la batterie (sur "Semi-Automatic Carnation") laisseront certains dubitatifs.


Mais ne vous y trompez pas, ce Evolution Through Revolution, malgré le ton peut-être désabusé de cette chronique, reste un met de choix pour l’amateur de grind. De bons riffs, de l’énergie à revendre et un niveau global délectable. Mais ... mais on sent cette innocence, ce charme brut loin derrière.


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