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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 16 avril 2009
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Eric Adams
(chant)

-Ross The Boss
(guitare)

-Joey DeMaio
(basse)

-Scott Colombus
(batterie)

TRACKLIST

1)All Men Play on 10
2)Animals
3)Thor (The Powerhead)
4)Mountains
5)Sign of the Hammer
6)The Oath
7)Thunderpick
8)Guyana (Cult of the Damned)

DISCOGRAPHIE


Manowar - Sign of the Hammer
(1984) - heavy metal hard rock - Label : 10 Records



Il lui avait dit qu’il était prêt à mourir pour le métal, et elle l’avait cru. Mais un soir elle l’avait surpris en train d’écouter du Hanoi Rocks. Brisée, en larmes, marquée à vie, la jeune Jennifer (17 ans) vit sa lettre déchirante publiée dans le courrier des lecteurs de Fire of Steel Magazine, le fanzine officiel de Manowar. Des milliers de lecteurs furent émus et le sang de Joey ne fit qu’un tour… les false ones étaient donc partout ! Il fallait absolument créer un symbole de ralliement pour que les trve se reconnaissent entre eux. Ainsi naquit le Signe du Marteau.

Bon, si on regarde bien il était déjà né du temps de Hail To England, judicieusement mentionné dans les paroles du morceau-titre. Mais après tout qu’importe ? L’expression « into glory ride » ne figurait-elle pas dans "Battle Hymn" avant la sortie de l'album du même nom ? Ne la retrouve-t-on d'ailleurs pas dans le refrain de la chanson "Sign of the Hammer" dans l'album qui nous intéresse ? Si on commence à faire la chasse à l'auto-citation chez Manowar on n'est pas sortis, donc oublions les détails et revenons à l'essentiel. Gonflez le torse, prenez un air conquérant, levez les bras au ciel et saisissez votre poignet droit avec votre main gauche… ça y est, vous êtes un trve. Vous faites le Signe. Vous êtes un frère du métal. Si en plus vous le faites en concert sur la chanson du même nom, véritable tuerie de heavy up-tempo à la fois fédératrice, violente et épique, vous gagnez automatiquement + 184 % en Véritabilité (la caractéristique des Vrais). De toutes façons vous ne risquez pas de vous planter : la légendaire montée guitare/basse en cavalcade qui ouvre la chanson est immanquable donc vous serez paré.

Une fois rentré chez vous réécouter l'album en faisant le Signe dans votre salon, vous remarquerez que le son est à la fois énorme et extrêmement étrange. La puissance et la clarté y sont, mais la prédominance d'une basse qui ne sonne absolument pas comme une basse est tout de même préoccupante. Le grain métallique de ses attaques permet d'identifier DeMaio sans souci, mais le fait qu'il joue dans les mêmes fréquences que la guitare neuf fois sur dix est unique en son genre... qu'importe, Ross se détache toujours durant les soli et vous êtes au passage super content de retrouver du hard-rock dans la musique du groupe. Disparue ou presque depuis deux albums, cette mouvance se retrouve dans un "All Men Play on Ten" graisseux et très eighties dans l'idée, les burnes en plus. Idem pour "Animals" qui a le bon goût de raviver un groove rock'n roll à la "Warlord" que Manowar avait délaissé après Battle Hymns. Le thème du sexe vient à ce propos s'ajouter à ceux qu'on connaissait et c'est le dernier en date : au bout de quatre albums, Manowar a fait le tour de la question. D'où votre émotion, car vous vous sentez enfin complet.

L'épique n'a pas disparu: en plus de "Sign of the Hammer" il y a "Thor", énième hymne imparable dont le refrain viril vous émeut, en particulier quand vous vous focalisez sur la facilité avec laquelle Adams enchaîne désormais les moments de chant lyrique et ceux où il aboie ses paroles. Comme sur "The Oath" dont les tagadas vous transportent au loin : vous chevauchez des licorndragons furieux, vous épaulez les membres du groupe pour massacrer la tribu des Faibles à grands coups de dagumarteau de guerre, vous prenez dix secondes après chaque mort pour poser et faire le Signe, vous allez mouiller vos draps… quand soudain, c'est le drame. Le drame c'est Joey qui décide de refaire le coup du solo de guitarbasse insupportable à fond la caisse et sans queue ni tête. Vous êtes tout coupé dans votre élan, tiens. Et ce ne sont pas "Guyana" et "Mountains" qui vont vous remettre dedans : même s'ils sont moins pénibles que les morceaux d'Into Glory Ride, ça reste du Manowar version longuchiante. Zut.


Du coup vous vous endormez péniblement, en imaginant que ce sera vous l'homme qui apprendra un jour à Jennifer ce qu'est un vrai mâle. Un qui fait le Signe. Et comme les moments creux de Sign of the Hammer ne l'empêchent pas d'être un très bon album du groupe et de combiner brillamment toutes ses facettes, vous le réécouterez demain. Entre la cantoche et le contrôle de maths.


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