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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Peter Espevoll
(chant)

-Ole Halvard Sveen
(guitare+chant)

-Tor Glidie
(guitare)

-John Robert Myaland
(basse)

-David Hawk
(batterie)

TRACKLIST

1)Gloriana
2)Soul Deprived
3)In Reversal
4)Pearl
5)From The Everyday Mountain Top
6)Another Adam’s Escape
7)The Things I Found
8)Lost In Dismay
9)Essence
10)Void
11)The Death Sedative

DISCOGRAPHIE

Blueprint (2005)
Extol (2013)

Extol - Blueprint



Issu de l'écurie Century Media, voilà un groupe que je n'attendais, à vrai dire, pas du tout au tournant. Nanti d'un logo faussement révélateur, d'origine norvégienne pour couronner le tout d'une chausse-trappe bien évidente, Extol pratique une musique un peu fourre-tout et à des lieues de ce que l'on peut attendre de sa nationalité. Ce groupe venu du grand froid est un peu schizophrène sur les bords, en fait. La première écoute ne permet pas vraiment de dégager une première tendance sur le style musical du groupe. Une seconde vous met sur la voie, puis pouf! La troisième est redevenue bien brumeuse...

L'auditeur ne peut donc deviner directement le schéma "narratif" du disque, sous peine de passer pour un gros blaireau.
Débutant assez redoutablement avec "Gloriana" et son feeling très néo (Deftones n'est pas très loin), on découvre le chant duel (death/clair) des deux chanteurs du groupe, sur fond de larsens et une basse très en avant, pour enquiller assez brutalement sur "Soul Deprived" et ses hurlements à couper le souffle. Ce morceau est carrément différent du précédent, lorgant sans vergogne sur un thrash massif et agressif, relevé de refrains clairs mélodiques au possible, un peu à la Soilwork. Mais c'est sans compter sur la plage suivante, "In Reversal", où Extol brouille carrément les pistes pour jouer un death étonnant, parfois même blast-beaté, qui se termine sur des accords de guitare quasi-contemplatifs! Le compte est bon: trois morceaux, déjà trois styles bien différents au sein de la même galette...

Extol joue donc de cette variété stylistique pour surprendre et c'est étonnamment réussi. Les Norvégiens restent cependant dans le carcan mélodique, car ils ne laissent pas tomber ces refrains en chant clair très accrocheurs tout le long du disque, et c'est d'ailleurs ce qui fait la spécificité de ce groupe. Le single "Pearl", assez court, manque toutefois de la pêche hallucinante des morceaux qui vont suivre: "From The Everyday Mountain Top" et ses breaks bien sentis, "Another Adam's Escape" et sa basse vrombissante, le death/doom extrémiste de "The Things I Found" (quel chant et quel break central!). Doté, de plus, d'une production excellente, mettant parfaiement en valeur la paire de guitares (qu'on soupçonne être sur certains morceaux une paire de sept cordes) et une basse monstrueuse (l'entrée magistrale de "Essence"), ce groupe norvégien n'en oublie pas aussi ses racines, à savoir une mélancolie rampante, déclinée de diverses façons (chant hargneux et desespéré, arpèges de guitares languissants, froideur disséminée).

Rayon déceptions, on regrettera l'incartade "ballade heavy" ("Lost In Dismay"), qui, même si elle se démarque par des riffs originaux et novateurs, tranche trop radicalement avec le reste de l'album, et demeure assez mal placée au niveau du tracklisting. Blueprint est donc un excellent disque de... euh... death/thrash/néo norvégien. Ces termes, a priori antinomiques, qualifient parfaitement l'hétérogénéité d'un groupe. Il serait trop facilement réducteur de dire qu'ils se cherchent, alors que ce n'est pas le cas, à mon sens. Bien au contraire, puisque l'embrouille va même se rechercher jusque dans le montage du disque: les deux dernières pistes ont été découpées de manière assez mystérieuse, pour en fait n'en faire qu'une seule, dont les durées sont donc faussées. Qu'est-ce que c'est que ces zigotos? Détourner pour mieux accrocher ensuite, telle doit être la devise de ce groupe, décidément bien à part au sein d'une scène norvégienne reconnue pour son black metal. Et cette originalité culturelle joue en faveur d'Extol, qui, avec Blueprint, marche dans la cour des plus grands et accouche d'un disque très réussi, étonnant et novateur, auréolé d'un voile mystérieux qui lui sied particulièrement bien.




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