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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été mise en ligne le 06 avril 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Chloe Alper
(basse+chant)

-Jon Courtney (synthé+chant+guitare)

-Jamie Willcox
(guitare+chant)

-Paul Glover
(batterie)

TRACKLIST

1)Les Malheurs
2)Victorious Cupid
3)I - Keep Me Sane / Insane
4)
II - Apogee / III – Requiem for the Lovers
5)Deus Ex Machina
6)Bloodless
7)Disconnect
8)The Gloaming
9)Avo

DISCOGRAPHIE


Pure Reason Revolution - Amor Vincit Omnia
(2009) - rock electro pop prog - Label : Superball Music



PRR nous avait laissé avec une superbe première galette, introduction rêvée pour une discographie qui s'annonçait déjà culte pour l'amateur de belle chose un brin progressive. Et pour satisfaire son audience, PRR se devait de suivre une voie toute tracée par le fan comprenant en vrac : évolution dans la continuité, production plus léchée par Mr Wilson himself , guitares mises plus en avant et si possible un peu plus prog que l'original. Si le groupe avait respecté les conditions précités, le succès d'estime de l'album ne se serait pas fait attendre. Mais voila, ce beau scénario, PRR n'en a pas voulu. Point d'évolution dans la musique du groupe mais bien une révolution !

Et la, c'est le drame. Du moins, pour l'amateur qui attendait tranquillement de recevoir sa proggo baffe dans la tronche. Car le groupe plonge tête la première dans l'électro pop contemporaine. Avec des nuances certes, mais la mutation est claire. Et pourtant, elle était prévisible ! Le groupe n'a jamais caché ses influences électro(surtout en live) et leur myspace a vu fleurir quantité de liens vers des groupes du genre ces derniers mois. Ainsi, le nouveau mariage musical d'Amor Vincit Omnia sera consommé dès le premier titre, "les Malheurs", histoire de bien enfoncer le clou. Au programme : beat et clavier électro vintage (certaines bidouilles sonores rappelleront même ce bon vieux SID cher à Gazus) le tout surmonté des fabuleuses harmonies vocales popisantes du groupe toujours tenues par Chloe et Jon ! Et c'est tout, pas de grosses grattes saturées dans un délire alambiqué wilsono-frippien ou de plan instru typiquement prog.

Stupeur chez le fan, scandale chez l'amateur, suicide chez le proggeux. Pourtant il suffit de s'attarder un peu sur le disque pour se rendre compte que l'ambiance et le style de PRR n'ont pas tant évolué que ça et l'on retrouve assez rapidement nos marques avec succession de séquences fortement rythmées suivis de passages plus atmosphériques au piano. De plus, les grattes saturés n'ont pas disparus dans les limbes puisque qu'elles seront de retour dès "Victorius Cupid". En fait, Amor Vincit Omnia ne contient réellement que deux titres purement électro, à savoir "Les Malheurs" et l'imparable hymne électro pop "Disconect" qui vous entraînera dans un délire eurodance 90's déjanté. On y trouve même un titre épique de 9 min ("The Gloaming") bien dans l'esprit de l'opus précédent, l'aspect électro en plus.

PRR a donc changé mais l'essence du groupe est restée intacte. Et ce dernier dépasse même tous les espoirs placés en lui quand il écrit la suite "Keep Me Sane/Insane/Apogee/Requiem for the Lovers" où la bande à Chloe atteint le parfait équilibre entre tous ses aspects (en vrac : partie électro, grosses grattes bien furieuses et complexes, structure proguisante, harmonies vocales à tomber, mélodie pop imparable et arrangement divin) et signe un modèle de musique contemporaine où voltigent rock, électro et prog. Mais le gros problème d'Amor Vincit Omnia est que le groupe a bien du mal à garder un tel niveau de cohérence et d'inspiration sur toute la durée du disque. Parfois très maladroit (les cuivres samplés bien cheapos dans le déjà pas fameux "Bloodless") ou simplement manquant d'inspiration ("Deus Ex Machina" et "Victorius Cupid" semblent tout droit sortir des sessions d'enregistrement de The Dark Third avec des miettes électro dans les arrangements en plus), PRR déçoit quelque peu sur la longueur.

Ce n'est pas le seul défaut du disque car la production souffre toujours du même problème de clarté dans les parties de grattes et obligera l'auditeur à un effort supplémentaire pour bien discerner toute les couches harmoniques. Mais la déception ressentie ne doit pas pour autant amoindrir le plaisir que l'amateur pourra ressentir à l'écoute de cette galette iconoclaste et fraîche qui saura à l'occasion faire parler votre fibre pop de bien belle manière voir même de transformer le proggeux qui sommeille en vous en véritable roi des dancefloors (entraînez-vous avec "Disconnect" !).


Mélanger univers prog et électro n'est pas nouveau et d'autres si sont déjà frottés pour des résultats sans doute plus probants (voir le fantastique 1/f d'Immune) mais PRR surprend avec sa vision du sujet. L'album contient son lot de tueries (en particulier "The Gloaming" et la suite "Keep Me Sane...") et malgré ses défauts, Amor Vincit Omnia reste une des belles surprises de 2009. Et puis, ce n'est pas tous les jours que l'on arrive à refiler de l'électro pop désuète à de vieux proggeux aigris, saluons l'exploit.


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