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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 06 avril 2009
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Dale Butler
(chant)

-Ben Symons
(guitare)

-Alex Vuskans
(guitare)

-Tom Hynes
(basse)

-Craig Thomas
(batterie)

TRACKLIST

1)The Midas Effect
2)Abandon Hope
3)An Architect of Your Demise
4)End of Days
5)Human Portrait
6)As I Bleed
7)When Embers Ignite
8)Retribution
9)Hatred Justified
10)Sickened

DISCOGRAPHIE


Malefice - Dawn of Reprisal



Chaque nouvel album de metalcore chroniqué me donne l'occasion de refaire une intro-type déjà faite mille fois, celle qui explique à quel point cette étiquette recouvre un genre incroyablement large. Selon qu'on augmente la part de « metal » ou de « core » on se retrouve avec des trucs n'ayant rien à voir... mais ça vous le saviez déjà. Par contre la plupart des groupes se cantonnent à une définition du genre, et c'est bien en ça que Malefice est à part. Malefice, ils ont décidé de nous taper dessus par tous les moyens.

Un élément maintient néanmoins les Anglais dans le domaine de l'extrême quoi qu'il arrive : les hurlements de Dale Cooper, growleur furieux qui se place le plus souvent dans une tonalité aiguë vomie du plus bel effet, à mi-chemin entre école suédoise et black-metal norvégien. L'homme sait moduler de temps en temps, mais revient toujours à ce registre qui éloigne définitivement Malefice de tout soupçon de djeunzitude à mèche. Le son résolument massif de la galette est un autre argument de poids : les riffs syncopés mid-tempo de "An Architect of Your Demise" cognent comme des coups de pelle, et quand le groupe passe en mode speed comme sur "As I Bleed" c'est un véritable mur qu'on se mange, à grand coups de martèlement de double pédale. Ce dernier titre permet d'ailleurs de prendre la mesure de l'ampleur du style pratiqué par Malefice : les guitares passent sans souci aucun des traditionnelles harmonies de heavy en twin lead intégrées aux riffs qu'on retrouve dans le melodeath moderne à des syncopes très core dans l'esprit. Ajoutez à ça un solo qu'un groupe de power mélo à la Angra pourrait sortir sans que ça choque et vous avez une mixture plutôt goûteuse. On note au passage que l'usage de chœurs en clair surprend car ils sont isolés, ce qui fait toujours plaisir dans un paysage où les refrains en clair sont devenus un passage obligé.

L'efficacité est donc reine sur Dawn Of Reprisal : "The Midas Effect" cueille au menton avec son intro heavy à fond les ballons, son beatdown qui fait headbanguer immédiatement et sa myriade de plans plus méchants les uns que les autres. Mention spéciale également à "Abandon Hope" : son melodeath première génération à la At The Gates se voit complété d'incursions mélodiques judicieuses, et de terribles plans syncopés qui feront sauter tout le monde. Jongler entre approche old-school et new-school est l'idée principale : "When Embers Ignite" et "Hatred Justified" fourmillent de références à la scène metalcore US, celle chez qui le core prend clairement le pas sur le métal. Avec un chant hurlé d'ado écorché on serait en plein dedans, mais là encore Dale Cooper maintient le tout dans le très méchant... sauf sur le refrain de la dernière compo citée, ou le chant clair fait brutalement pencher la balance du côté moderne. Ca surprend tant le décalage avec l'esprit thrash / death mélodique des premières plages est grand mais ça passe plutôt bien. D'ailleurs ce refrain est un des rares qu'on retient réellement une fois l'album terminé : comme beaucoup d'albums qui privilégient une approche du type « plein le cornet par tous les moyens », Dawn of Reprisal pêche par un manque de cohérence et de moments marquants. Mais bon, d'un autre côté on s'en prend vraiment plein le cornet...


Résumé : c'est frais, c'est varié, ça cogne dur et même si on cherche vainement le fil rouge qui définit l'identité du groupe ça fait du bien par où ça passe. Malefice est une formation prometteuse qui risque de s'imposer rapidement s'ils réussissent à trouver leur son à eux, et ce Dawn Of Reprisal est conseillé à tous les fans de brutalité mélodique hurlée.


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