3193

CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 05 avril 2009
Sa note : 9.5/20

LINE UP

-Chris
(guitare+chant)

-Alex
(guitare+chœurs)

-Emil
(basse+chœurs)

-Fredde
(claviers+chœurs)

-Patrik
(batterie)

TRACKLIST

1)Spawn
2)Forever
3)Endless Roll
4)Hero(in)
5)Waiting in the Wings
6)Crime of the Century
7)Retarded
8)Eye For An Eye
9)The Boy Who's Transparent
10)Rather Die Standing
11)Blind

DISCOGRAPHIE

Defueld (2009)

Defueld - Defueld
(2009) - néo metal nu-metal - Label : ShortWave Records



Certains groupes sont vraiment fourbes. A la première écoute de cet album de Defueld, la pensée m'avait frappé instantanément : « wow, du nu-metal aussi plat, ces mecs sont forcément italiens ». C'était logique : depuis que le metalcore a remplacé le néo comme nouveau genre à la mode, neuf groupes sur dix ayant tenté de rallumer la flamme (en se plantant la plupart du temps) étaient italiens. Et ô stupeur : les musiciens de Defueld ne sont pas italiens du tout ! Ils sont suédois, pays de plus réputé pour son bon goût en matière de métal. Quelle infâme bande de traîtres.

Ce n'est pas qu'ils soient mauvais musiciens ou que leurs compos soient hideuses : Defueld est le cas type du groupe qui possède le boapf pawa inside et dont la musique glisse sur l'auditeur telle la pierre sur la piste de curling. Leur nu-metal moderne et syncopé est de plus handicapé par deux écueils de poids : en premier lieu un son de guitare ultra saturé, numérique, totalement dépourvu de chaleur et qui finit par fortement agresser l'auditeur. On n'est pas au niveau de Death Magnetic, mais pas loin... cette habile transition nous menant à la voix de Chris qui semble bien trop souvent vouloir participer à un concours mondial de clones de James Hetfield. C'est d'autant plus impressionnant que c'est totalement variable selon les chansons : sur "Forever" (titre où l'ombre d'Evanescence est plus que présente) il fait preuve d'une réelle personnalité, mais sur le refrain du rock 'n roll "Hero(in)" on se retrouve soudainement face à un mur de gimmicks immédiatement identifiables. Ces inflexions n'apparaissant que quand il met du grain dans sa voix, donc quand il chante en clair on y échappe (la ballade "Rather Die Standing")... mais comme il chante en clair/agressif 95% du temps on finit toujours par retomber dedans.

Le bon point, c'est que Defueld tente vraiment de développer des ambiances variées au fil de l'album. Le mauvais, c'est que les influences qui ressortent sont parfois atrocement mal digérées : c'est bien de mettre un louche de heavy mélodique dans du nu-metal, ça ne s'entend pas souvent... mais piquer une intro à Iron Maiden comme dans "Endless Roll", c'est de l'abus. Quand le groupe joue la carte de la lourdeur groovy avec "Retarded" le son de guitare dégueulasse est vraiment un handicap, ainsi que dans la power-ballad "Waiting in the Wings" où la mélodie naïve du clavier n'aide pas plus. Pourtant l'album comporte des moments plutôt sympas : le thème de guitare lead de "Crime of the Century" ne casse pas des briques mais passe bien... mais les couplets de cette même chanson mettent en évidence le défaut le plus criant de la musique de Defueld, à savoir la prise de risque zéro. Les recettes peuvent varier, il ne s'agit jamais que de recettes : des riffs à trous copyrightés Evanescence de "Eye for an Eye" à l'intro de "Retarded" qui fleure bon le Metallica période St Anger, on n'est jamais dans la création réelle. Et ça, aussi efficace et catchy qu'un groupe puisse être, ça ne passe pas.


Pas de quoi s'offusquer donc, mais vraiment rien pour s'extasier. Ce premier album de Defueld est totalement sans intérêt ; il pourra éventuellement servir au djeunz boutonneux de musique de fond pour accrocher la goth qu'il a invitée cher lui manger des BN... et encore, on a fait tellement mieux pour ça !


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1