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CHRONIQUE PAR ...

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Bigduff
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Rob Dukes
(chant)

-Gary Holt
(guitare)

-Lee Altus
(guitare)

-Jack Gibson
(basse)

-Paul Bostaph
(batterie)

TRACKLIST

1)Raze
2)Deathamphetamine
3)Karma's Messenger
4)Shudder To Think
5)I Am Abomination
6)Altered Boy
7)Going Going Gone
8)Now Thy Death Day Come
9)44 Magnum Opus
10)Shovel Headed Kill Machine

DISCOGRAPHIE


Exodus - Shovel Headed Kill Machine
(2005) - thrash metal - Label : Nuclear Blast



Hier, j’ai développé un concept. L’idée, c’était de comparer le dernier Exodus à l’abricotier de mon jardin, en claquant quelque chose comme: « Exodus, c’est un peu comme l’abricotier de mon jardin: il perd en automne ce qu’il gagne au printemps ». En fait, je voulais établir un parallèle poétique entre le groupe qui perd ses membres et l’arbre qui perd ses feuilles, sachant que tous deux finissent par récupérer ce qu’ils ont perdu, en même temps, comme si c’était la volonté de quelque divinité ancienne et malfaisante. Malheureusement, Shovel Headed Kill Machine est sorti la semaine dernière, en plein automne, et personne ne trouvera le moindre sens dans cette introduction, création avortée d’un génie incompris. La vie est décidemment bien cruelle.

Pour ceux qui n’auraient rien compris au concept exposé ci-dessus, sachez que mon unique souhait était de vous apprendre que, d’une part, Exodus sortait (déjà) un nouvel album, et que d’autre part le groupe illustrait fort bien la loi universelle qui veut que dans l’univers, rien est immuable, les line-up des groupes de thrash encore moins que le reste. Hé oui, un an et demi après avoir sorti le truculent Tempo Of The Damned, Gary Holt, le taulier, remet ça avec un album à l’artwork… particulier… en remaniant profondément son équipe au passage, puisque Steve Souza (chant), Rick Hunholt (guitare) et Tom Hunting (batterie) ont laissé la place pour diverses raisons à Rob Dukes, Lee Altus et Paul Bostaph (ex-Slayer, Testament!). Si, au final, le style d’Exodus n’a pas bougé d’un pouce, le départ de Souza et de sa voix si particulière reste, à mon sens, assez préjudiciable. Mais laissez moi vous expliquer pourquoi.

Chez Exodus, on n’aime pas trop construire ses morceaux autour d’un seul riff, comme chez Megadeth ou Death Angel par exemple. A l’inverse, on préfère dérouler pendant sept ou huit minutes non-stop, sans trop donner de repères à l’auditeur: refrains, breaks ou autres. Du coup, les premières écoutes donnent toujours l’impression d’un singulier manque de relief dans la durée, même si les solos et autres déferlements de batterie ne manquent jamais de rappeler à qui on s’adresse. L’avantage avec Souza, c’est qu’il avait le don de se rendre indispensable tout au long des morceaux, ses braillements nasillards donnant beaucoup de rythme aux compos, ainsi qu’un côté assez fourbe, voire malsain. Ho bien sûr, je sais que pas mal d’entre vous lisent ces lignes en se disant: « tu parles, ce mec chantait comme un canard ». C’est sans doute vrai, mais il faut admettre que ça collait formidablement bien au style du père Holt. Dukes, le nouveau, fait bien son boulot, mais bon, lui ou un autre… Enfin passons.

Car pour le reste, pas de problème, ça reste du gros Exodus qui défouraille. Gros son, basse qui claque et batterie qui tabasse, ce nouvel album ne fait que prolonger les sensations de Tempo Of The Damned, et personne ne s’en plaindra. Certains morceaux, comme le surpuissant "Deathamphetamine", me font même penser à du Arch Enemy dernière génération, les solos moins techniques tout de même, mais furieusement thrash old-school. La production, assurée cette fois-ci par Holt lui-même (décidemment), donne la pleine mesure de la capacité de l’album à nuire à votre environnement, le bonhomme ayant apparemment bien retenu les leçons d’Andy Sneap. Malgré tout, toujours pour cette histoire de chanteur qui décidemment n’en finit pas de me perturber, Shovel Headed Kill Machine est moins accrocheur dès la première écoute. Il en demande au contraire plusieurs avant de révéler ses indéniables qualités, là où des bombes comme "Blacklist" ou "War Is My Shepherd" m’avaient botté le cul d’office.


Plus équilibré et tout aussi ravageur que son prédécesseur, quoiqu’un peu plus lent à mettre en branle, Shovel Headed Kill Machine est assurément un bon album de thrash, qui rassurera les fans et leur fera comprendre que la résurrection du groupe en 2004 n’était pas un feu de paille. Prometteur pour l’avenir donc, même si Holt et ses gars devront prendre garde à se renouveler un minimum pour ne pas s’enfermer dans leur propre style, efficace mais un tantinet répétitif.


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