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CHRONIQUE PAR ...

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Ronnie
Cette chronique a été mise en ligne le 05 avril 2009
Sa note : 14/20

LINE UP

-Esther De Vos
(chant)

-Rein Doze
(chant)

-Manny Van Oosten
(guitare)

-Ray Van Lente
(guitare)

-Marcel Winkers
(claviers)

-Andries Van Der WOrp
(basse)

-Sjoerd Visch
(batterie)

TRACKLIST

1)Stagnant
2)Nerve Bending
3)Dualism
4)Hypno Lap Dancer
5)King Atlas
6)I Decline
7)A Solitary Walk
8)Descenders
9)Absynthe Twin Stars
10)Carrion Karma
11)The Tired Youth
12)Volcano Below Zero
13)Nightmare's Rest

DISCOGRAPHIE


To Elysium - Nightmare's Nest
(2004) - gothique metal - Label : Ebony Tears



To Elysium, aujourd'hui défunt groupe de Gothic Metal après seulement deux albums, dont «Nightmare's Nest» est le second datant de 2004. Ce nom vous est très certainement inconnu et je le comprends; il s'agit, pour vous resituer, du premier groupe de l'actuelle chanteuse de Delain (Charlotte Wessels avec ici comme pseudo Esther De Vos) qui avait tout juste 17 ans à cette époque. Nous ne sommes pas sur un album qui révolutionne le genre, mais à l'heure où le style explose et fait des émules, il est important de connaître ses classiques.

Le groupe s'attelle à l'exercice, à l'époque rare, du Beauty and the Beast Metal (grunt et voix lyrique), dont Theatre Of Tragedy fut le plus fier représentant. La demoiselle chantait à ce moment-là dans un tout autre registre qu'aujourd'hui et son Pop/Metal Delain (inutile de dire que To Elysium est cent fois plus inventif que ce dernier). La particularité et l'atmosphère se dégageant ici viennent justement de cette dualité des chants. Le groupe ne rentre pas dans les clichés du Gothic Metal, autant dans son esthétique que dans ses compositions. Il n'y a qu'une seule ballade par exemple (enfin même s'il ne s'agit que d'une semi-ballade) qui est "A Solitary Walk". Donc le tout n'est pas mou, et cela se ressent avec le batteur (Sjoerd Vish), qui est issu de la scène extrême (aujourd'hui dans Monolith entre autre). Le jeu est musclé, avec de nombreuses doubles et beaucoup de descentes, rares pour le genre, mais oh combien il est plaisant de voir à quel point sa façon de jouer colle malgré une différence de style à la base.

L'exemple le plus frappant est le magnifique et épique "Dualism", un morceau qui est, bien qu'inconnu, un chef d'œuvre du genre et résume à lui tout seul le contenu de l'album. Le côté théâtral y est mis en avant tel un "When He Falleth" de Theatre of Tragedy. La seule piste à part est "Nightmare's Rest" (non ce n'est pas une faute d'orthographe); c'est un instrumental chargé de refermer l'album, et qui a pour prétention de servir de générique de fin...mais qui n'est en fait vraiment pas transcendant, voire plus que dispensable. Mis à part ce morceau qui peut être considéré comme une fausse note de la part du combo, il est rare d'avoir tous les morceaux d'un album avec les mêmes structures et des durées semblables, sans pour autant se perdre ou être pris par l'ennui et rien que ça...chapeau. En effet, il n'y a pas de titre réellement plus long que les autres, ni de grosses différences de structures entre eux; on est tout simplement sur du format radio, comprendre 3 minutes 30 avec des couplets/refrains sans tenter d'être progressif, ou de faire des prouesses techniques.

Le principal reproche fait à cette galette concerne le son, certes pas mauvais, mais qui manque sérieusement de profondeur et est surtout trop étouffé, ne laissant rien à part les voix ressortir du mix. Les guitares sont parfois trop en retrait et le tout manque de punch. Paradoxalement, cela rehausse le côté dramatique du concept, mais là n'est pas le sujet. L'autre point négatif est extra-musical: la distribution du produit fut bâclée et quasi-inexistante (même si on connait aujourd'hui le devenir de la chanteuse). Ce n'est pas un détail puisque cela a fortement porté préjudice au groupe, et surtout à la reconnaissance de ce très réussi Nightmare's Nest; il en est de même pour le chef d'oeuvre d'Estatic Fear A Sombre Dance, ces deux pièces sont égales à des albums tels que Beyond The Veil de Tristania ou l'album éponyme de Theatre Of Tragedy. En le rapprochant de ces pièces, ma seule prétention est de mettre en avant le côté tragique de l'objet, car, bien que délectable on est ici loin des risques et de l'originalité de ces derniers.


L'analyse de cet album peut paraître générique, s'étalant plus sur le genre que sur l'album en lui-même, mais en est ici résumé le contenu de cet injustement oublié Nightmare's Nest, en précisant que, sans révolutionner le genre il en est la synthèse parfaite, mais au format radio... Au passage le titre vient du jeu de mot anglais « to find a mare's nest » qui montre la grande déception que des promesses non tenues ont provoqué, peut être une explication au split du groupe...


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