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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 30 mars 2009
Sa note : 13/20

LINE UP

-Thomas "The Bloodbeast" Gurrath
(chant+guitare+basse)

-Jiasheng "Joshi" Wang
(guitare)

-Oliver Zellmann
(batterie)

TRACKLIST

PART I : WAR

1)There Is Only War
2)Primordial Annihilator
3)Savage Mortician
4)Honour and Courage
5)Killing Ground
6)Wolves of the North

PART II : ROCKERS

7)New Rock
8)3 Riff Hit
9)Demon Lady
10)Hammer of the Blood God
11)I'm a Rocker

DISCOGRAPHIE


Debauchery - Rockers & War
(2009) - rock death metal - Label : AFM Records



« Hein ? Un nouveau Debauchery ? Encore ?» Bon, pas la peine non plus de faire vraiment l’étonné quand on sait que depuis 2003, la formation sort presque un album par an. Les deux derniers en date étaient plaisants à écouter, c’est donc en toute confiance que l’on peut insérer le CD dans le lecteur, en sachant à l’avance que l’on va avoir droit à du groove, du rock, de la bière, du death metal, du growl, du sexe, du Warhammer 40k et au final, une dose non négligeable de plaisir d’écoute dont on ressortira les oreilles bien décrassées. Et au final, c’est ce qu’on a eu.

Des deux derniers albums, il ressortait deux constats différents – vous le savez si vous avez lu les deux précédentes chroniques de Debauchery, et si ça n’est pas le cas, allez les dévorer, et au trot. Dans l’un, les chansons rock remportaient la mise quand sur le suivant, c’était les titres brutal-death qui s’avéraient les plus croustillants. Cette fois-ci, Thomas "The Bloodbeast" Gurrath, quasiment le seul membre de Debauchery (voir plus loin), a décidé de rendre les choses plus claires en séparant le CD en deux parties. La première, « War », compte six titres dans une veine brutal-death avec – nouveauté ! – une influence black-metal et un peu de synthé, la seconde partie regroupant pour sa part sous l’appellation « Rockers » cinq titres que l’on qualifiera de Death’n’Roll tant le parallèle « AC/DC meets Cannibal Corpse » reste d’actualité. Et, cette fois-ci, AC/DC vainc Cannibal Corpse par K.O (et un bon « finish him » avec crochets, tronçonneuse et pal).

Thomas, donc, reste encore le seul maitre à bord du groupe, le seul autre membre fixe du groupe étant parti en 2006 suite à (dit-on) une bagarre sur scène avec Thomas. Le line-up de Debauchery n’est pas toujours très clair, Thomas assurant tout en studio à part la batterie et la guitare lead. Quant à la scène, Thomas fait appel à une « Kill Team » dont la composition semble varier aussi vite que le cours de la Bourse. Voilà pour l’ambiance rock’n’roll de la sphère Debauchery, qui sort donc avec Rockers & War son sixième album, s’ouvrant avec "There Is Only War", premier titre de la partie « War » et référence directe au célèbre « In the grim darkness of the far future there is only war » de Warhammer 40k. Comme évoqué plus haut, Thomas s’ouvre cette fois-ci à quelques influences black-metal symphonique, type Dimmu Borgir. Bon, il s'agit juste d'ajouter du synthé et de changer un peu de voix, mais ce léger écart apporte à Debauchery un petit vent de fraicheur. Reste par contre une production en béton armé, toujours aussi puissante et lourde.

Malheureusement, au final, la partie « War » s’avère assez pauvre, hormis ce "There Is Only War" bien sympathique. On retiendra "Savage Mortician" et "Killing Ground", deux titres dans la moyenne de ce que peut proposer Debauchery, mais le reste ne convainc pas du tout, en particulier "Wolves of the North" et son côté épique qui tombe bien à côté de la plaque. La partie « Rockers » vient donc sauver ce Rockers & War du naufrage, là aussi en changeant un poil la recette et en se rapprochant toujours un peu plus d’AC/DC, que Thomas continue d’honorer dans ses compositions. Cette fois, nous avons droit à un chant de plus en plus typé Brian Johnson et ses cris de porc que l’on égorge avec un lacet. On se prend donc un entrainant "3 Riff Hit" dans le visage, un rock’n’roll "Demon Lady" et ses paroles poétiques (« Yes, she likes the metal and the rock/And she likes sex and my big cock ») dans le derrière, un sautillant "New Rock" dans le ventre et un troublant "Hammer of the Blood God" dans le nez pour finir, qui fait curieusement penser à Pain, synthés vaguement électros et rythmes binaires étant de la partie.


Dommage de finir sur une ballade (oui, une ballade !), clairement un hommage au hard-rock des années 80, mais dont la qualité contestable et la pertinence laissent à désirer pour un titre de clôture. Sonnant comme une véritable profession de foi (« I’m a rocker », martèle Thomas), elle laisse finalement l’auditeur sur un sentiment mitigé, les quelques bons titres de la galette ne suffisant pas à hisser Rockers & War au même niveau qu’un Continue To Kill. M’enfin, une fois de plus Debauchery se laisse consommer sans trop de difficulté, avec cette recette répétée à l’envie mais qui possède toujours ce petit je-ne-sais-quoi de rafraichissant. Oh yeah.


PS : A noter que cet album existe avec deux couvertures différentes. Rassurez-vous, dans les deux cas on y trouve moto, femme et pointes. Mais malheureusement, seule l'une des deux contient une tronçonneuse.


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