3175

CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 29 mars 2009
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Vindsval
(chant+guitare)

-GhÖst
(basse)

-W.D.Feld
(batterie+clavier)

TRACKLIST

1)Acceptance (Aske)
2)Disciple's Libration (Lost in the Nine Worlds)
3)The Cosmic Echoes of Non-Matter (Immaterial Voices of the Fathers)
4)Translucent Body of Air (Sutta Anapanasati)
5)The Formless Sphere (Beyond the Reason)
6)...the Meditant (Dialogue With the Stars)
7)The Alcove of Angels (Vipassana)
8)Antithesis of the Flesh (...and Then Arises a New Essence)
9)Elevation

DISCOGRAPHIE


Blut Aus Nord - Memoria Vetusta II: Dialogue With The Stars
(2009) - metal symphonique black metal Black atmosphérique - Label : Candlelight



Cela fait du bien, oui, simplement et à plusieurs titres. Blut Aus Nord a beau être un groupe quasi culte du black metal dont les racines prirent il y a quinze ans déjà dans le pays du Calvados et des retraites dorées des nantis moyens parisiens, le confort ne semble pas être à leur vocabulaire. Après un intermède aux sonorités « différentes » le temps d'un album et demi (MoRT et un peu moins Odinist qui balbutiait un retour annoncé), Vindsval & friends reviennent à leur premières amours, le black symphonique, par la face nord.

Il est souvent difficile et très piégeux de donner une suite à un album qui a construit la légende, car la probabilité d'être déçu est toujours plus grande, même si le résultat est bon. Parce que la suite doit faire mieux dans le même registre, ou aussi bien si le style a évolué, et la prise de risque reste énorme. Memoria Vetusta II: Dialogue With The Stars a la simple prétention de faire suite à Memoria Vetusta I: Fathers Of The Icy Age, pour signifier peut-être encore plus le retour à la source, le retour vers le black symphonique de Blut Aus Nord, enrichi des expérimentations des précédents albums et d'une production sans faille que la reconnaissance sait apporter.

Le premier tour d'oreille laisse une impression qui ne fera que se confirmer aux rythmes des oreilles suivantes : Dialogue With The Stars est complexe, manie le riff et le clavier avec maestria et possède une ambiance alternant la nostalgie chaude et l'épisme froid, - et vice-versa -, une musique à la fois éthérée et pesante. L'album ne pourra s'apprivoiser facilement, et viendra en évidence à l'auditeur dont le cerveau aura engrangé ses facettes multiples pendant que les claviers hypnotisaient sa volonté. Les synthétiseurs ornent chacune des compositions par nappes aériennes, accompagnant les guitares pour créer la première moitié de l'ambiance si personnelle à Blut Aus Nord.

Les riffs et soli composent la deuxième partie de ce feeling qui se dégage de l'opus, la voix n'étant qu'un paravent ou un prétexte black qui reste plutôt en retrait, de même que les blasts présents mais extrêmement bien dosés, sauf peut être sur "Antithesis of the Flesh" où ils sont un peu trop en avant. Mais n'est-ce pas pour contre-balancer son clavier de background absolument envoûtant? Le couple indissociable guitare/clavier restera l'acteur majeur de la renaissance par son omniprésence et son omnipotence, l'album ne comptant pas moins de quatre instrumentaux sur neuf titres, dont "...The Meditant", longue plainte épique de dix minutes aux pointes nostalgiques évidentes.

Ce titre aux allures de trou normand s'apparente plus à une tirade progressive Opethienne qu'à une envolée black, même atmosphérique, seul un petit bout de voix de quelques secondes venant rappeler l'obédience musicale. Même en dehors des instrumentales pures, Blut Aus Nord remplit ses autres titres de breaks synthé/guitare, comme ce passage doom atmosphérique puissant aux deux-tiers de "Disciple's Libration", ce passage instrumental épique aux relents du Katatonia black des débuts à la fin de "The Cosmic Echoes of Non-Matter", tandis que "The Formless Sphere" remet au goût du jour le break épique qui annonce une poussée guerrière et "The Alcove Of Angel" dévoile son final subjuguant à la fois chaud et nostalgique.


Nul besoin d'en rajouter, Blut Aus Nord a réussi son come back home avec mention. Le second volet de Memoria Vetusta brille par son intelligence musicale et son feeling atmosphérique qui sait rester black et symphonique, avec des claviers ultra léchés. Une ode envoûtante pour qui saura s'armer de patience pour la déflorer.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1