3168

CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 23 mars 2009
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Barton
(chant)

-Wodzio
(guitare)

-Dani
(guitare)

-Komandos
(basse)

-Konar
(batterie)

TRACKLIST

1)Intro
2)Everlasting Fear
3)Worlds of War
4)Values
5)Inner Struggle
6)Slave
7)Disbelief
8)Phantom Life
9)Stark Reality
10)Freedom
11)Strong Words

DISCOGRAPHIE


Chain Reaction - Vicious Circle



On ne sait jamais si c'est fait sciemment, mais certains albums affichent de sacrés décalages entre la pochette et le contenu. Prenez par exemple Vicious Circle, le premier album des Polonais de Chain Reaction : une pochette grisâtre, qui montre des oiseaux s'envolant au-dessus d'un fleuve… Tout semble indiquer un album de metal atmosphèrique dépressif à la Katatonia, ce qui semble confirmé par la courte intro ambiante… Qui aurait pu deviner que Chain Reaction était en fait un groupe de thrash moderne ?

En lisant la bio, on apprend que Chain Reaction est influencé par Pantera. Honnêtement, ça ne m'a pas vraiment sauté aux oreilles. Hormis sur quelques riffs à droite à gauche, comme sur "Disbelief" celui accompagnant le solo de "Phantom Life", ainsi que quelques soli s'appuyant sur la basse et non sur la guitare rythmique, l'ombre des Texans ne plane que très rarement sur cet album. Allez, il y a quelques spoken words comme sur "Inner Struggle", où Barton prend une voix bien grave comme le faisait Anselmo de temps à autres (cf le célèbre « I'd kill myself for you… I'd kill you for myself » sur "This Love"), mais ça ne va pas chercher plus loin. À la limite, avec sa voix bien grasse, Barton fait plus penser au Robb Flynn des débuts… et ça tombe bien, car Machine Head est l'autre groupe cité dans la bio. Alors là, si ça c'est pas bien amené ! Par contre, le problème, c'est que ça ne sonne pas terrible, comme si le vocaliste n'était pas hyper à l'aise avec ce type de chant, et ça finit même par devenir un peu saoulant à la longue. N'est pas Steev Esquivel (Skinlab) qui veut !

Musicalement, Chain Reaction nous tente de raviver la flamme du power US des années 90, à base de gros riffs auxquels viennent s'ajouter quelques touches de thrash. Histoire de vivre avec son temps, les Polonais viennent aussi piocher du côté du metalcore, avec un paquet de plans assis sur des riffs à vocation uniquement rythmique. Chain Reaction se démarque surtout par sa volonté de toujours avancer, de multiplier les plans, quitte à manquer de cohérence. Le début de Vicious Circle semble d'ailleurs leur donner raison. "Everlasting Fear" mélange avec une certaine réussite thrash, hardcore et break assez technique, le tout agrémenté d'un excellent refrain bien catchy et, en guise de cerise sur le gâteau, une bonne accélération bien bourrin sur la fin ! "Worlds of War" se situe dans la même lignée, le principal atout se situant cette fois au niveau du break. Mention spéciale à Konar (ben oui, j'y peux rien, c'est son nom), qui varie ses plans à merveille, en insufflant par moments une touche groovy qui permet d'alléger un peu la sauce.

Malheureusement, passé ces deux premiers titres enthousiasmants, le soufflé retombe assez vite. Plus on avance, et plus les collages de plans semblent être faits au petit bonheur la chance. À tel point qu'on en vient à se demander si la réussite de "Everlasting Fear" et "Worlds of War" n'était pas en fait un coup de bol ! Les défauts finissent par prendre le dessus sur les qualités, et les bonnes trouvailles disséminées çà et là (comme l'insertion de passages à la gratte acoustique) ne suffisent plus à assurer la réussite d'un morceau. Dommage car un titre comme "Slaves" dispose de plusieurs plans de première main, notamment un final d'enfer, mais la base hardcore s'avère assez pénible. Un reproche qui s'applique aussi à "Disbelief", avec encore une fois un riff final très bon mais sous-employé, puis à "Phantom Life", "Freedom"… Finalement, c'est en revenant à des choses plus cohérentes et un peu plus catchy (le hardcore mélodique de "Stark Reality", le heavy/néo "Strong Words") que Chain Reaction parvient à relever la tête en bout de course.


Chain Reaction n'a pas choisi la facilité, et c'est tout à son honneur. Malheureusement, le résultat final est assez accablant : les belles promesses du début tombent vite à l'eau, laissant place à une ribambelle de titres pas foncièrement inintéressants (tous contiennent au moins un plan qui vaut le détour) mais qui pêchent par excès de bonne volonté. Malgré tout, cet album dévoile suffisamment de bonnes choses pour coucher le nom de Chain Reaction sur la liste des espoirs du hardcore/thrash. Une fois que ces gars sauront mieux canaliser leur énergie, ça va faire mal…


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7