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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 23 mars 2009
Sa note : 12/20

LINE UP

-Seiji Kakuzaki
(chant+guitare)

-Kenji Nonaka
(guitare)

-Kenji Minagawa
(basse)

-Hisao Hashimoto
(batterie)

TRACKLIST

1)Agony in the Stone Chamber
2)Cry for the Black Sun
3)Longing for Birth
4)Awaking
5)Wind of Death
6)Dark Surface
7)The Massacre
8)Ultimate Instinct
9)Galaxy of the Black Sun

DISCOGRAPHIE


Intestine Baalism - Ultimate Instinct
(2008) - death metal mélodique old-school - Label : No Colours



Et un de plus. Encore un groupe dont l’ambition semble être de faire revenir sur le devant de la scène le death traditionnel (old-school, dit-on de nos jours) tel que pratiqué dans les années 90, particulièrement en Europe du Nord. Mouvement mené à cette époque par des groupes tels qu’Unleashed, Edge Of Sanity, Entombed ou encore Massacre, c’est donc sans surprise que l’on retrouve toutes ces influences un peu passées de mode – si l’on peut dire – dans la musique d’Intestine Baalism. Bon, quand on apprend qu’ils viennent du Japon, on peut comprendre certaines choses.

Car les Japonais, s’ils peuvent se vanter d’avoir une longueur d’avance dans tout un tas de domaines (en particulier la technologie, les arts martiaux et les films de série Z avec des monstres en pâte à modeler attaquant des maquettes de villes), pour d’autre et en particulier la musique, il n’est pas rare qu’ils aient une ou deux décennies à rattraper - et ce quand bien même Intestine Baalism vit le jour précisément dans les années 90. Après des déboires de line-up, le groupe de Seiji Kakuzaki (leader et membre fondateur de la formation) parvint à sortir un premier album en 1997 puis un second en 2003, dont l’accueil fut plutôt chaleureux dans les cercles underground. Cinq ans plus tard, les revoilà d’attaque pour remettre le couvert avec Ultimate Instinct, toujours aussi fermement ancrés dans la tradition death d’il y a une quinzaine d’années.

Ce qui n’empêche pas les trente-six minutes d’Ultimate Instinct de recéler de bons titres. Sur l’ensemble de la galette, on ne peut pas dire que cet album soit extraordinaire, il peut même parfois se révéler plutôt quelconque sur des titres comme "The Massacre" ou "Longing for Birth". Mais dès que la mélodie prend une place plus importante que l’approche death, le groupe gagne en consistance et en efficacité, comme sur "Ultimate Instinct" et son riff mélodique/néo-classique, "Awaking" ou le plus surprenant "Cry for the Black Sun" et son passage heavy mélodique, pour le coup déjà plus typé Japonais avec cette batterie presque pop-rock derrière ce solo bien inspiré. Il aurait été souhaitable que Seiji multiplie ce genre de petite surprise, plutôt que de repasser trop rapidement en roue libre avec un riff death et un blast.

La production est pour sa part une référence directe et sans finesse à celles qui étaient de mise en Suède chez Entombed et Edge Of Sanity, avec ces guitares aiguës, lourdes et abrasives. Aucune originalité n’est à chercher de ce côté-là, même si on sent un côté un peu artificiel par rapport aux productions des années 90 qui sonnaient – évidemment – plus naturellement qu’aujourd’hui, où l’on sent l’intention derrière. Le chant de Seiji, qui est passé derrière le micro, a la bonne idée d’osciller entre death et black, comme sur "Ultimate Instinct" et ce break typiquement black-métal. Le reste du temps, Seiji nous offre un growl écorché qui se marie plutôt bien avec l’atmosphère et l’ensemble de la musique. Ensemble qui, du coup, résiste plutôt bien à la critique pour qui n’est pas allergique à cette période ou à ce mouvement du revival death qui gagne chaque jour en ampleur.


Au final, on ne regrettera qu’une chose, c’est que Seiji ne laisse que trop peu de place à la touche musicale plus Japonaise qui lui aurait peut-être donné plus de cachet. Sans doute qu’au Japon, Intestine Baalism passerait du coup plus inaperçu, mais au contraire, en Europe, le groupe se ferait certainement plus remarquer. Mais gageons que Seiji se fout de ces considérations artificielles, puisque l’esprit des grands du death est en lui. Fuck you and long live death metal.


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